Cameroun - Affaire MIMI MEFO: La Direction d’Equinoxe télévision condamne, le Gouvernement s’explique.

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Nov-2018   15688
Issa Tchiroma Bakary Capture d'ecran
La reporter et présentatrice des journaux à Equinoxe télévision, a passé déjà deux nuits à la prison centrale de New-belle à Douala.

Accusée des faits de propagation de fausses nouvelles et atteinte à la sûreté de l’Etat,  MIMI MEFO est placée sous mandat de dépôt depuis le mercredi 07 novembre 2018 à la prison centrale de New-bell.

En marge d’une vaste mobilisation internationale pour réclamer la libération de la jeune journaliste de 30 ans, la Direction d’Equinoxe télévision a publié un communiqué pour exiger la libération immédiate de son employée.

« Equinoxe Télévision marque son indignation et condamne avec la dernière énergie, l’incarcération de sa journaliste, Mimi Mefo Takambou, Rédactrice en chef adjointe en charge de son desk anglophone. Mimi Mefo Takambou n’ayant commis aucun crime et n’ayant agi que dans le cadre de son métier de journaliste, nous demandons aux autorités compétentes de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de sa libération immédiate ». Tel est le contenu du communiqué publié dans la matinée d’hier jeudi 08 novembre 2018, Severin Tchounkeu, Président Directeur Général de « la chaine du peuple » qui émet depuis la ville de Douala.

Ce même jeudi, en début de soirée, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a donné un point de presse à Yaoundé pour expliquer pourquoi le Commissaire du gouvernement a décidé d’emprisonner la journaliste MIMI MEFO.

Mais, le ministre Issa Tchiroma, a d’abord tenue à revenir sur les circonstances de l’assassinat d’un missionnaire américain au Nord-Ouest, l’une des Régions en proie à une guerre de sécession depuis deux ans. Ce sujet serait la principale raison de l’incarcération de MIMI MEFO.

Le ministre de la communication a fait savoir que l’enquête ouverte à la suite de cet assassinat, confirme que le citoyen américain est tombé sous les balles des combattants sécessionnistes.

« Malgré les évidences qui viennent d’être citées, la nommée MIMI MEFO TAKOMBO, présentée comme une journaliste en service dans les médias audiovisuels du groupe Equinoxe a, dans un post daté du 30 octobre 2018 à l’adresse [email protected], déclaré péremptoirement que le missionnaire américain a été tué par l’Armée camerounaise. Comme on peut donc le constater, les propos de madame MIMI MEFO TAKOMBO qui, en plus d’altérer la réalité des faits et de répandre des contrevérités manifestes, ne manquent pas de jeter un discrédit sur nos Forces de Défense, fortement préjudiciable au moral des troupes, alors qu’elles mènent un combat loyal et légal contre des hordes criminelles mues par un dessein sécessionniste » a expliqué le porte-parole du gouvernement, avant de dévoiler les chefs d’accusation qui semblent grossir au fil des jours.

« Madame MIMI MEFO TAKOMBO, qui bien entendu bénéficie de la présomption d’innocence, est poursuivie en flagrant délit, devant le Tribunal militaire de Douala pour les faits suivants :  propagation de fausses nouvelles, de nouvelles mensongères susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale, faits prévus et réprimés par l’article 113 du code pénal ;  outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires, incitation à la révolte contre le Gouvernement et les Institutions de la République, faits prévus et réprimés par l’article 154 du code pénal »

Notre consœur est attendue le lundi 12 novembre 2018 pour la suite de la procédure devant le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Douala.

 

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AFFAIRE MIMI MEFO - DÉCLARATION DU GOUVERNEMENT 

 

Un groupe de terroristes a fait irruption dans la matinée du mardi 30 octobre 2018, vers 10 heures  à Bambui, agglomération rurale située à 14 kilomètres de Bamenda dans l’Arrondissement de Tubah, Département de la Mezam, en vue d’attaquer la zone universitaire et la Brigade territoriale de Tubah. 

 

Au même moment, le Révérend Charles Truman Wesco de nationalité américaine qui passait par-là a reçu une décharge de plombs provenant d’un tir oblique de calibre 12 exécuté par un terroriste embusqué. Plusieurs plombs ont atteint la victime au niveau pariétal de son crâne, sous le maxillaire inférieur droit et au niveau de son épaule. Il succombera plus tard de ces blessures. 

 

Le Ministre Délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense a publié un communiqué après cet incident, en indiquant qu’une enquête allait être immédiatement ouverte. 

Après les premiers éléments de ladite enquête fournis par les Officiers de Police Judiciaire de la Légion de Gendarmerie du Nord-ouest, la dépouille a été transférée à l’Hôpital Général de Yaoundé, où une autopsie a été pratiquée en présence des médecins légistes Camerounais et Américains, d’un représentant de l’Ambassade des États-Unis au Cameroun et du Commissaire de Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé. 

 

Au cours de l’autopsie, les plombs extraits de la dépouille ont confirmé que les tirs ayant eu raison du Révérend Charles Truman Wesco provenaient bel et bien d’une arme de type calibre 12 utilisée comme on le sait, par les terroristes sécessionnistes opérant dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. 

 

Les impacts laissés par les  plombs occupent effectivement la partie pariétale droite du crâne, la face droite et l’épaule droite de la victime ; toutes choses qui confirment la position du tireur posté à la droite du véhicule, position occupée par les sécessionnistes lors de l’incident.

 

Malgré les évidences qui viennent d’être citées,  la nommée MIMI MEFO TAKOMBO, présentée comme une journaliste en service dans les médias audiovisuels du groupe Equinoxe a, dans un post daté du 30 octobre 2018 à l’adresse [email protected], déclaré péremptoirement que le missionnaire américain a été tué par l’Armée camerounaise. 

Je donne ici l’intégralité de ce post publié en langue anglaise, je la cite : « Bambili in pictures ! Doors destroyed, houses ransacked, animals killed. It has the picture of a war zone, where civilians are caught by « stray bullets » targeted killings.  A missionary has died today after he was shot by soldiers », fin de citation. 

 

Comme on peut donc le constater, les propos de madame MIMI MEFO TAKOMBO qui, en plus d’altérer la réalité des faits et de répandre des contrevérités manifestes, ne manquent pas de jeter un discrédit sur nos Forces de Défense, fortement préjudiciable au moral des troupes, alors qu’elles mènent un combat loyal et légal contre des hordes criminelles mues par un dessein sécessionniste. 

 

Convoquée pour en répondre à la Légion de gendarmerie du littoral le 7 novembre 2018, madame MIMI MEFO TAKOMBO y a été entendue puis déférée devant le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire de Douala. 

Madame MIMI MEFO TAKOMBO, qui bien entendu bénéficie de la présomption d’innocence, est poursuivie en flagrant délit, devant le Tribunal militaire de Douala pour les faits suivants : 

- propagation de fausses nouvelles, de nouvelles mensongères susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale, faits prévus et réprimés par l’article 113 du code pénal ;

- outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires, incitation à la révolte contre le Gouvernement et les Institutions de la République, faits prévus et réprimés par l’article 154 du code pénal.

La mise en cause a par la suite été placée en détention provisoire à la Prison centrale de New-Bell à Douala.

Auteur:
Adeline ATANGANA
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