Cameroun - Anicet Ekanè (MANIDEM): «Le principe de l’alternance au sein du parti va continuer»

Par Marie Louise SIMO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Aug-2017   3091 0
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Anicet Ekane, Manidem M L S
Silencieux depuis que le Manidem est divisé depuis le mois de juillet, par une crise de leadership, le candidat de ce parti politique lors de la dernière élection présidentielle, principal accusé, est revenu sur l’ambiance au sein du parti au terme d'une conférence de presse donnée à Douala, mercredi 9 août 2017.

A votre avis, pourquoi Anicet Ekanè est toujours au centre des conflits  au sein du  Manidem ?

C’est le syndrome du complexe.  C’est difficile dans la vie de faire le bilan de ses aptitudes  et de ses carences. Quand on n’arrive pas à le faire, on rejette sur les autres, ses propres carences, ses propres difficultés à assurer le leadership. Le leadership ne se décrète pas, il se construit durant des années, à travers des actions etc. J’ai construit mon leadership depuis les années 70.  C’est difficile, sauf à éliminer  physiquement, parce que quelqu’un  devient président, ce leadership politique, et non administratif. Et  deuxièmement, comment on peut imaginer qu’avec l’expérience accumulée, que je ne la mette pas au service des générations qui arrivent, mais que je m’écarte du parti. C’est un comportement qui n’aura pas de sens.

Avec le Comité de réorganisation qui est mis sur pied, vous avez la responsabilité de coordonner les activités du parti jusqu’au prochain congrès. Quelles seront  vos priorités ?

On va décider de la date du prochain congrès. Mais je pourrai rassurer que le principe de l’alternance au sein du parti va continuer, quelles qu’en soit les difficultés. On ne bâtit  pas des choses nouvelles sur du velours, c’est difficile d’assurer dans le contexte de notre pays, l’alternance dans les partis. On a pris sur nous de tenter l’expérience, on  va la continuer malgré les problèmes. Le prochain congrès se déroulera en fonction du calendrier des élections. Mais statutairement, le congrès se tient tous les trois ans. Mon travail est de coordonner les activités. Si quelqu’un affirme que les problèmes du monde entier, c’est Anicet Ekanè, il faudrait qu’il apporte des éléments,  pas de façon aussi arbitraire.  

Cette crise a-t-elle divisé le Manidem ?

Non. Il y a aujourd’hui, quatre secrétaires généraux de l’Upc, admis par l’administration territoriale, dont un secrétaire général député exclu de son propre parti. C’est un problème pour eux parce qu’ils sont dans une bataille de leadership à côté du gouvernement. Mais nous n’avons aucun problème, Dieudonné Yebga peut mettre la permanence du parti où il souhaite, mais nous n’avons aucun problème. On va continuer à travailler.

Comment expliquez-vous le fait que  le Manidem fonctionne depuis deux ans sans statut ?

Ce n’est pas possible. Le Manidem existe depuis 1995, il y a quand même eu des statuts, sauf qu’ils n’ont pas été adoptés   au dernier congrès. Les statuts sont au service d’une organisation, et non  le contraire. Les statuts peuvent servir à réguler, mais ils ne sont pas absolus dans la vie d’une organisation, surtout dans un parti révolutionnaire comme le nôtre.  Puisque ces statuts en réalité sont là pour deux raisons, règlementer et adopter via l’administration, une attitude légaliste. On a 87 membres élus au Comité national de coordination,  au pic de la présence à nos réunions, on a 35 membres pour des raisons liées aux difficultés logistiques parce que nos membres sont éparpillés sur le territoire. Mais jamais personne ne s’est plaint  du nombre ou des décisions prises. Depuis qu’on est sorti du congrès, le Manidem a travaillé, on ne s’est jamais réuni à 87, et on n’a jamais eu de problème. Comment subitement on réunit une poignée de gens, et on affirme que c’est la décision que la direction du parti à prise ?    

Est-ce qu’avec la décision des cadres du parti, Dieudonné Yebga, jusqu’à alors président du Manidem, perd son statut de membre ?

Non du tout. Personne n’est suspendue ni blâmée, les cadres ont juste suspendu les organes dirigeants du  parti jusqu’au prochain congrès. C’est-à-dire en clair, que si Yebga vient à une réunion du Manidem, il n’y a aucun problème.

Réalisé par M.L.S.

Auteur:
Marie Louise SIMO
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