Cameroun - Barrage de la Mape (Adamaoua): En colère, des riverains continuent d’attendre leurs indemnisations, 28 ans après

Par Lore E. SOUHE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 13-Jun-2018   2051
Site de construction du Barrage de la Mapé Archives
Les habitants de la localité de Boitikong menacent de s’attaquer aux installations d’Eneo.

« Nous sommes fatigués d’attendre que nos indemnisations soient payées, comme cela a été le cas pour les habitants des autres villages qui ont été déguerpis comme nous. Ceci à cause de la construction du barrage. Nous avons besoin de notre argent. L’Etat a pris nos terres, mais nous n’avons toujours pas reçu des compensations ». Voilà de manière succincte ce que réclament les populations de Boitikong, localité située dans l’arrondissement de Bankim, département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua. Las d’attendre leurs indemnisations promises il y a presque 30 ans aujourd’hui, ces riverains  menacent de s’attaquer aux installations d’Eneo, peut-on lire dans le trihebdomadaire L’œil du Sahel du lundi 11 juin 2018.

L’histoire du barrage de la Mape commence en 1985. Au moment de la réalisation de ce projet, des populations de cinq villages avaient été délocalisées et pendant la construction de ce barrage en 1990, une commission avait été dépêchée pour effectuer une descente sur le terrain, afin d’évaluer les biens e les personnes à indemniser.

Entre 1999 et 2016, une enveloppe de 550 millions avait été distribuée à 103 personnes. Sauf que parmi les ayants droits, aucun habitant de Boitikong n’y figurait, rapporte le journal. Entre temps, une dizaine de personnes parmi les indemnisés ont été interpellées et incarcérées à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. On leur reproche d’avoir bénéficié indûment des fonds d’indemnisations ou participé à la conception de la liste des bénéficiaires alors qu’elles n’étaient aucunement concernées.

Il faut souligner que les populations de Boitikong se sont heurtées au refus par le sous-préfet de Bankim, de manifester leur colère. Néanmoins, « nous sommes décidés à descendre sur le terrain. Nous voulons nous faire entendre et  voulons rentrer dans nos droits. Et on se fera entendre d’ici à la semaine prochaine, par tous les moyens », scande le porte-parole des populations, le prince de Boitikong.

Auteur:
Lore E. SOUHE
 @loresouheCIN
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