Cameroun - Claude Abe au sujet du décès de Monseigneur Bala: «Il y a fort à parier que l’église a un certain nombre de sources d’informations…»

Par Wiliam TCHANGO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Jul-2017   5467
Claude Abe Capture d'écran
Pour le  socio-politiste camerounais la thèse de l’assassinat soutenue par les évêques du Cameroun semble la plus plausible.

Dans un  communiqué rendu public le 4 juillet 2017, le  Procureur général près la Cour d’Appel du Centre a présenté la noyade comme la cause la plus probable du décès de Monseigneur Jean-Marie Benoit Bala repêché dans les eaux du fleuve Sanaga le 2 juin 20173. Une thèse qui s’appuie sur les résultats d’une autopsie réalisée par deux médecins légistes commis par Interpol mais que  les évêques du Cameroun par la voix de Monseigneur Samuel Kléda, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun continuent de rejeter, convaincus  que le prélat camerounais a été brutalement assassiné. Ils soutiennent que  corps de l'évêque camerounais présentait bel et bien des marques de violence au moment où il a été sorti du fleuve Sanaga. « La certitude morale des évêques repose entre autres sur le fait que le corps qu’ils ont vu et reconnu au bord de la (rivière) Sanaga et à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé et qui était la dépouille de Mgr Jean Marie Benoît Bala, portait des marques de violence », a indiqué un communiqué de la conférence épiscopale nationale du Cameroun, daté du 10 juillet 2017.

C’est d’ailleurs ce qu’aurait révélé une première autopsie réalisée par un collège de médecins camerounais et dont les résultats n’ont jamais été rendus publics.  Face à ces deux thèses qui s’opposent, le professeur Claude Abe, socio politiste camerounais pense que celle des évêques semble la plus plausible.  « L’église était là dès le départ, c'est-à-dire au moment où le corps a été sorti de l’eau. L’église n’était pas absente, elle était d’ailleurs hautement et symboliquement représentée par un certain nombre de ses dignitaires mais aussi un certain nombre de ses acteurs et serviteurs quotidiens qui étaient présents à cette occasion là », explique-t-il.  « Il y a donc fort à parier, ajoute l’enseignant d’universités,  que l’église a un certain nombre de sources d’informations qui apparaissent contradictoires par rapport à ceux qui évoquent l’argument de la noyade, qui évoque le communiqué du Procureur général près la Cour d’Appel du Centre ».

Le Professeur Claude Abe rappelle que la première autopsie réalisée sur le corps de Monseigneur Jean-Marie Benoit Bala s’est effectuée en présence d’un « acteur » de l’église. « Vous savez, parmi les prêtres et les prélats, il y en a qui sont des médecins. Un médecin de l’église les a accompagnés dans ce travail là. Surement, le médecin présent dans cette situation là a du certainement faire savoir à l’église les conclusions de cette première autopsie qui, il faut le dire, la plupart des spécialistes des sciences médico-légales vous indiquent que c’est la plus fiable, contrairement à ce que le communiqué de Monsieur Ntamack a voulu nous faire gober », conclue l’enseignant de l’Université catholique d’Afrique Centrale.

 

 

Auteur:
Wiliam TCHANGO
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