Cameroun - Crise anglophone - Biloa Ayissi: «On ne peut pas demander un dialogue en tuant les policiers, les gendarmes ou les militaires»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 05-Dec-2017   5224
Biloa Ayissi archives
Le journaliste spécialiste des questions de sécurité explique que la récente déclaration de Paul Biya en rapport avec la crise anglophone n’est pas une déclaration de guerre aux ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest mais à des bandits.

Biloa Ayissi, l’ancien commissaire de police devenu journaliste a réagi le matin du 4 décembre 2017 sur Radio Balafon à  la déclaration du président de la République, Paul Biya, sur les violences contre des membres des forces de défense et de sécurité camerounaises. Le directeur de publication du journal « Nouvelle Afrique » approuve les propos du chef de l’Etat. « Le président de la République a dit ce qu’il fallait dire. Ceux qui doivent implémenter sa décision le feront aussi ».

Il relève un déficit de communication qu’il explique  par le fait que ceux qui écoutent le président Biya n’ont  pas les éléments dont il dispose. Dès lors, justifie-t-il, il est assez difficile d’apprécier à sa juste valeur ses déclarations. Sur la question du dialogue réclamée à cor et à cri par diverses composantes de la nation et même par l’ONU, il estime que le  gouvernement  a montré de bonnes dispositions.  « Lorsqu’on parle de  dialogue, des actes ont déjà été posés du côté gouvernemental. On n’ a pas vu les actes de l’autre côté. Pare qu’il faut être clair. On ne peut pas demander un dialogue en tuant les policiers, les gendarmes ou les militaires »

Il aimerait qu’en face «  les gens s’entendent ». Il se demande si le SDF est l’interlocuteur valable en cas de dialogue.  Biloa Ayiss approuve Biya lorsqu’il dit que les choses sont claires désormais. Pour l’ex commissaire de police elles  sont « claires pare qu’on tue ceux qui sont chargés de notre protection et de la défense de notre intégrité territoriale. Et à l’Assemblée nationale,  manifestations qui  empêchent que les travaux se déroulent. Il y a donc comme une sorte de conjonction du désordre. Et à partir de ce moment, c’est lui qui a été élu par les Camerounais et qui a le devoir, qui assure la sécurité et la défense de notre pays puisqu’il est le chef des armées ».

 Il déclare  qu’il est de son devoir de s’opposer à la barbarie, que c’est le gouvernement qui  doit choisir son interlocuteur.  C’est pourquoi il appelle à une entente entre les factions du front anglophone.  Il ajoute que l’appel de Biya n’était pas une déclaration de guerre « à nos frères de l’autre rive du Mougo », mais à des bandits.  

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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