Cameroun - Crise anglophone: Human Rights Watch accuse l’armée camerounaise d’avoir tué un homme et incendié 70 maisons à Mankon (Bamenda)

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-May-2019   2237
Des maisons incendiées le 15 mai 2019 à Mankon, Bamenda. getty images
Dans un nouveau rapport publié ce 23 mai 2019, l’ONG demande la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante.

L’armée camerounaise une fois de plus sur le banc des accusés. Dans un nouveau rapport publié ce jeudi 23 mai 2019, Human Rights Watch (HRW) accuse les militaires camerounais, engagés sur le front de la lutte contre les séparatistes, d’avoir commis des actes de terreur le 15 mai dernier à Mankon dans la ville de Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest.

«Des militaires camerounais ont semé la terreur dans la région anglophone du Nord-Ouest le 15 mai 2019, incendiant plus de 70 habitations à Mankon, dans l’agglomération de Bamenda. Des militaires ont notamment traîné de force un homme (Nwacha Christopher Neba, un mécanicien âgé de 41 ans) hors de chez lui avant de l’abattre dans la rue», indique HRW.

Au lendemain de cet incident qui s’est déroulé à la suite d’un assassinat de deux soldats de l’armée de l’air, le ministre de la Défense (MINDEF), Joseph Beti Assomo,  a publié un communiqué de presse annonçant l’ouverture d’une enquête.  Selon l’ONG, le gouvernement devrait s’assurer que les militaires impliqués dans ces actes soient amenés à en répondre devant la justice.

Réagissant à ce sujet, Lewis Mudge, le directeur pour l’Afrique centrale de HRW a déclaré: «La décision du gouvernement d’ouvrir une enquête sur ces attaques contre des civils et contre leurs biens est un pas important vers l’établissement des responsabilités».

«L’enquête devrait être menée promptement et de manière indépendante et impartiale, mais elle ne devrait pas s’arrêter là. Le gouvernement devrait immédiatement examiner les autres incidents lors desquels ses forces de sécurité sont accusées d’avoir commis des abus et en poursuivre les responsables en justice», a ajouté le responsable de HRW.

Pour réaliser son enquête, «Human Rights Watch s’est entretenu avec 15 habitants de Mankon, dont 10 témoins, qui ont décrit comment des militaires de l’Armée de l’air et du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) avaient coordonné l’attaque. Human Rights Watch a également examiné des images satellite qui montrent plus de 70 bâtiments touchés par l’incendie, ainsi que des photos et des vidéos montrant des destructions importantes de biens», lit-on dans le document.

Après avoir rappelé que le gouvernement camerounais lui refuse l’autorisation pour enquêter sur les abus commis dans les régions anglophones comme souhaité par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, HRW invite les autorités camerounaises et les séparatistes à «cesser de commettre des abus contre les habitants et faire en sorte que les organisations humanitaires aient un accès libre et sans entrave à la région afin d’évaluer les besoins de la population et de leur porter assistance».

Fred BIHINA

 

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Fred BIHINA
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