Cameroun – Cybercriminalité: Le plan du Gouvernement pour surveiller internet

Par Géraldine IVAHA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 11-Aug-2017   4318
Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications Tic Mag
Entre autres, l’élaboration d’une stratégie nationale de cybersécurité et de cyberdéfense, avec des axes spécifiques sur la protection des données personnelles, et la protection des enfants, des jeunes et des plus faibles dans le cyberespace.

Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) a annoncé que, pour asseoir définitivement la souveraineté numérique du Cameroun, les pouvoirs publics vont prendre un certain nombre de mesures. «L’action du gouvernement en matière de lutte contre la cybercriminalité vise à cet effet à limiter l’intensité et l’ampleur des dégâts induits, à se prémunir contre les menaces potentielles par des mesures de protection et de prévention appropriées et à pouvoir réagir aux incidents au travers  de mesures permettant d’assurer la gestion de la crise, la continuité ou la reprise des activités, ou encore des poursuites pénales si nécessaire», a martelé Libom Li Likeng, à l’occasion de la Conférence des gouverneurs ouverte à Yaoundé le 26 juillet dernier.

Selon Le Quotidien de l’Economie paru le 11 août 2017, le MINPOSTEL une a indiqué qu’une récente étude de l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), des Camerounais ont subi près de 4 milliards de FCFA de pertes dues au «scamming» (escroquerie financière sur Internet). Par ailleurs, environ 3,7 milliards de FCFA ont été perdus à cause du «skimming» (fraude à la carte bancaire). Pour ce qui concerne l’usurpation de profiles Facebook et le cyberchantage, c’est plus de 200 cas enregistrés.

L’ANTIC évalue à plusieurs centaines de millions de FCFA les pertes dues à des intrusions dans les systèmes d’information de certaines compagnies, a-t-elle ajouté. Plusieurs milliards de FCFA de pertes sont dues à la fraude à la Simbox (boitier électronique utilisé pour se faire facturer le trafic téléphonique international aux prix du tarif national en redirigeant et manipulant le trafic international sur Internet. En matière de «Web defacement » (modifications non autorisées de la page d’accueil d’un site web) 28 cas ont été répertoriés. 12 800 vulnérabilités ont été détectées sur les sites web des administrations publiques de 2013 à 2017.

Il est question de poursuivre l’identification des infrastructures critiques (PKI) et la surveillance de tous les opérateurs d’importance vitale, renforcer le Cyber Incidence Response Team (CIRT) de l’Agence nationale des technologies de l’information et la communication (Antic), afin de disposer d’une structure efficace en matière de réponse d’urgence aux incidents de sécurité de l’information et le développement des contenus locaux et de l’usage du « .cm ». La mise à niveau du cadre légal et réglementaire (protection des données personnelles, mesures coercitives, etc.), celle d’une plateforme gérée par l’ANTIC,  permettant la sécurisation du cyberespace national et le renforcement de la coopération internationale dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité. L’élaboration d’une stratégie nationale de cybersécurité et de cyberdéfense, avec des axes spécifiques sur la protection des données personnelles, et la protection des  enfants, des jeunes et des plus faibles dans le cyberespace.

Auteur:
Géraldine IVAHA
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