Cameroun - Forêts: 82% des acteurs du secteur impliqués dans des actes de corruption

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 05-Mar-2018   1835
Transformation du bois Archives
C’est ce que révèle le dernier rapport de l’ONG Forets et développement rural (Foder) sur les pratiques illicites dans le domaine des forêts au Cameroun.

Selon le rapport de l’organisation relayé par le journal Repères en kiosque ce 5 Mars 2018, en 2017, 82% des acteurs du secteur sont impliqués dans des actes de corruption. Par ailleurs, plus de 52%d’entre eux déboursent au moins 10 000 FCFA par semaine dans des actes de corruption.

Ces pratiques ne manquent pas d’avoir des répercussions sur les recettes de l’Etat. «On peut à partir des simulations, constater que le manque à gagner pour l’Etat est sensiblement égal à 797 040 000 FCFA par an, si on s’en tient aux seules personnes interviewées dans le cadre de l’Evaluation de l’indice de perception de la corruption l’année dernière (EIPC), alors qu’il a besoin de ces ressources pour poursuivre le développement du pays et améliorer ainsi les conditions de vie des populations», se désole Foder.

Au Cameroun, le domaine des forêts et faune fait partie des pans de l’économie où, à tort ou à raison, la corruption se porte bien. De nombreuses études, fait remarquer Foder, pensent que la corruption cause des pertes importantes aux caisses de l’Etat, à des degrés divers.

Selon Foder, à partir de certaines simulations faites déjà en 2012 indiquaient que les pertes de l’Etat du fait de la corruption s’élevaient à 1 080 000 000 FCFA sur les petits titres et à 1 152 000 000 du fait des contrôles illicites, soit des pertes annuelles d’environ 2.232.000.000 de FCFA seulement pour ces deux aspects, analysaient les experts du Foder.

De 2012 à 2017, «l’on pourrait penser que ces pertes se soient triplées si l’on considérait tous les segments de la chaîne d’approvisionnement du bois depuis l’attribution des différents titres jusqu’à la commercialisation, en passant par la transformation et le transport des différentes essences forestières», se convainc-t-on du côté de cette ONG qui promeut les bonnes pratiques dans l’industrie du bois et la juste redistribution des ressources forestières aux localités voisines des forêts exploitées à des fins industrielles.

Selon Foder, la corruption impacte aussi le revenu des petits opérateurs économiques du secteur des forêts et de la faune, puisque 88,7 % des personnes interrogées reconnaissent que la pratique réduit considérablement leurs revenus. 20, 80% admettent payer moins de 5 000 FCFA par jour en frais illégaux. Ce pourcentage est de 26,16 % pour ceux qui ont déjà versé au moins 5 000 FCFA par jour, 26,52 % pour ceux qui paient entre 10 000 et 15 000 FCFA, et 26,52% pour ceux qui paient plus de 15 000 FCFA par jour.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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