Cameroun - Justice: Le Tribunal militaire a décidé que le leader de l'Ambazonie Sisiku Ayuk Tabe et ses coaccusés sont camerounais et seront jugés en tant que tels !

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 21-Feb-2019   9973
Ayuk Tabe au tribunal Facebook
Mécontents, les avocats de la défense ont annoncé leur intention de boycotter la prochaine audience fixée au 7 mars 2019.

La troisième audience du procès mettant en cause le leader Sissiku Ayuk Tabe ses neuf coaccusés, s’est tenue le 20 février 2019 au Tribunal Militaire de Yaoundé. A la dernière audience le 7 février, les avocats de la défense avaient invoqué l’incompétence de cette juridiction, au motif que les prévenus n’étaient pas des Camerounais. Ces avocats avaient produit à la cour des documents de réfugiés en exigeant que leurs clients soient jugés au Nigeria.

Le Tribunal Militaire de Yaoundé s’est donc prononcé sur la question à l’audience de mercredi. «Le Tribunal accepte les documents produits par les parties. Ces documents attestent que les inculpés sont de nationalité camerounaise. Le Tribunal reconnait que quatre des accusés sont des réfugiés et  les autres sont des demandeurs d’asile. Toutefois, ces qualités ne leur confèrent aucune immunité. Même si les accusés avaient renoncé à la nationalité camerounaise, rien n’aurait empêché qu’ils soient jugés au Cameroun. La Cour se déclare compétente pour juger les accusés», a déclaré le juge Michel Mem.

Le ministère public a fourni des photocopies de cartes nationales d’identité et de passeports appartenant aux prévenus. C’est sur la base de ces documents que le tribunal a prononcé le jugement avant-dire-droit. En réaction, les avocats de la défense ont sollicité un appel de ladite décision, mais balayé d’un revers de la main par le juge.

Pour manifester leur mécontentement, les avocats de la défense et les prévenus ont quitté la salle avant la fin des débats. L’audience a été reportée au 7 mars 2019. Une audience que la défense n’exclut pas de boycotter.

«Les photocopies de cartes nationales d’identité et de passeports présentés par le ministère public n’étaient pas certifiées. Le tribunal aurait donc dû rejeter ces documents. En plus, le nouveau traducteur est pire que la femme qu’on avait récusée la dernière fois. Nous allons aussi le récuser», a expliqué Me John Fru Nsoh, membre du collectif de la défense de Ayuk Tabe et ses compagnons. Poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment terrorisme et sécession, ils risquent la peine de mort.

Fred BIHINA

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Fred BIHINA
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