Cameroun: le Sud-Ouest sous tension, un commissaire tué

Par Agence France Presse | AFP
Yaoundé - 10-Jul-2018   3081
Des soldats camerounais patrouillent dans les rues de Buea, ville en proie aux troubles de la région anglophone du Sud- AFP/Archives/ALEXIS HUGUET
Un commissaire de police a été tué dimanche à Kumba, dans la région camerounaise du Sud-Ouest, dans la zone anglophone en proie à un conflit depuis fin 2017 entre l'armée et des séparatiste

Un commissaire de police a été tué dimanche à Kumba, dans la région camerounaise du Sud-Ouest, dans la zone anglophone en proie à un conflit depuis fin 2017 entre l'armée et des séparatistes armés, a appris mardi l'AFP de concordantes.

"Un commissaire de police a été froidement abattu dimanche à Kumba par des hommes armés suspectés d'être des sécessionnistes anglophones. Il prenait un verre près de chez lui lorsqu'ils l'ont tué", a indiqué à l'AFP une source de sécurité dans le Sud-Ouest. L'information a été confirmée par un habitant de Kumba.

Cette localité est située sur l'axe Buea-Mamfe, épicentre des violences ces derniers mois.

Par ailleurs, les échanges de tirs ont repris mardi matin à Buea, capitale de la région du Sud-Ouest, selon des témoins contactés par l'AFP.

Lundi matin, des séparatistes armés avaient ouvert le feu sur les forces de sécurité à Buea, qui avaient riposté. Les combats avaient duré plusieurs heures, selon des sources sur place.

C'est la première fois que des combats ont lieu dans des quartiers de la capitale du Sud-Ouest, quadrillée par un grand nombre de militaires depuis le début de la crise anglophone fin 2016 qui s'est muée fin 2017 en conflit armé.

Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de "forces de restauration" d'un Etat anglophone qui avait vu le jour sous mandat britannique entre 1922 et 1961.

Buea, qui était la capitale de cet Etat indépendant, a été depuis désignée par les séparatistes armés comme la future capitale de leur Etat anglophone revendiqué, l'"Ambazonie".

Selon le gouvernement, plus de 80 membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début du conflit armé. Aucun bilan du côté séparatiste n'est disponible.

Quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement à la suite des violences, selon l'ONU, et 34.000 se sont réfugiées au Nigeria, selon l'agence nigériane de gestion des urgences (Sema).

En dépit de ces violences en zone anglophone, une élection présidentielle est prévue le 7 octobre au Cameroun.



| AFP

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Agence France Presse
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