Cameroun: L’érection de la statue d’une artiste française à Douala fâche

Par Iris BITJOKA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Dec-2017   9378
La statue Iris B.
Des internautes remontés au sujet de cette actualité réagissent sur la toile.

«Ce monument peu au pire des cas être posé à l'aéroport pour sensibiliser les nouveaux impérialistes arrivant. Mais il n'a pas sa place au cœur de notre capital économique, où les citoyens doivent avoir un esprit dynamique et non un esprit dans la complaisance de l'oppresseur qui continue son oppression. Et s’il y a des excuses à présenter c'est aux hommes politiques impérialistes de les présenter et de mener sur le terrain des actions concrètes dans ce sens. Comme de cesser le pillage de nos réserves pétrolières, financer les groupes terroristes tel Boko haram »s’insurge un internaute sur la toile, réagissan au message que brandie la statue.

C'est l'arrestation de l'activiste André Blaise Essama qui va mettre le feu aux poudre. Celui qui mène depuis plusieurs années une lutte pour la préservation de la mémoire des héros nationaux et grandes figures de l’histoire du Cameroun, s’est vivement opposé hier mardi 05 décembre 2017 à l’érection de cette statue de l’artiste française Sylvie Blocher au carrefour mobile Bonakouamouang à Akwa dans la ville Douala. Ce même carrefour où il y a un an il a tenté en vain d’ériger lui-même une statue de John Ngu Foncha (ancien vice-président du Cameroun fédéral) empêché par les forces de police. Il séjourne à la Brigade de Gendarmerie d'Akwa Sud.

La statue (c) Iris B.

« Imaginez le monument de Boko Haram ou des fils de boko haram érigé devant la place publique des victimes des crimes d'aboubakar shekau...!!! Ou bien imaginez un peu un monument de Hitler érigé devant la place publique française devant les victimes de la période violente des guerres allemandes contre les peuples aspirants à la Dignité... ! Les places publiques au Cameroun ou en Afrique deviennent la cible des tentatives d'appropriation des escrocs artistiques et des agents de l'aliénation de nos peuples souvent amorphes et complaisants »écrit l’activiste sur sa page facebook. André Blaise Essama a été cueilli dit-il sur ordre du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, le temps pour les pouvois publics de procéder à l'inauguration de la statue de Blocher prévue ce mercredi après-midi 06 Décembre 2017.

La statue (c) Iris B.

Selon un article du journal Le parisien paru le 16 septembre 2016, Sylvie Blocher est une artiste plasticienne encore mal connue en France mais plébiscitée à l'étranger. « Sylvie Blocher est une artiste qui revendique un art impur, qui se "coltine le monde" et sa barbarie » écrit le journal. Ce dernier révèle que même si elle n'était "pas la bienvenue" en France, les vidéos décalées de cette Alsacienne, née en 1953 dans une famille où l'on n'osait pas entrer dans les musées, ont été montrées aux quatre coins du monde, de Sydney à San Francisco en passant par Buenos Aires ou le Luxembourg ».

L'activiste

Celui qui se dit incompris dans ses actions qu’il qualifie de nationalistes n’en est pas à sa première expérience dans une cellule. Il est devenu un habitué du milieu carcéral. Plusieurs fois jeté derrière les barreaux, notamment à la prison centrale de New-bell à Douala, ou gardé a vu dans les brigades de gendarmerie de la cité économique, André Blaise Essama ne perd rien de sa détermination, même qu’il semble plutôt s’être accommodé à cet exercice.

Andre Blaise Essama a la Brigade de la Gendarmerie d'Akwa Sud (c) Facebook

Son crime dit-il, est de revendiquer un hommage à la mémoire des héros nationaux et grandes figures de l’histoire du Cameroun, à travers soit le baptême d’une rue de la métropole économique soit l’érection d’un monument ou d’une statue sur la place publique. « André Blaise Essama souhaite voir à la place d’une figure française, la statue d’un héros camerounais comme le Lieutenant Ndonkeng, l’un des premiers officiers de l’armée camerounaise tombé sur le front de la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-nord »avait alors laissé entendre son avocat, durant le procès engagé contre lui en 2015 après qu’il a démoli le monument du général Leclerc à la place du gouvernement à Bonanjo à Douala, et emporté la tête.

Iris Bitjoka

 

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Iris BITJOKA
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