Cameroun: L’Hôpital central de Yaoundé réagit à l’accusation de séquestration des femmes au motif de factures impayées

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Aug-2018   5087
Hôpital Central de Yaoundé Archives
Vendredi dernier, alors que la nouvelle faisait le «buzz» sur la toile et dans certains journaux, le Pr. Pierre  Joseph  Fouda, directeur de cette formation sanitaire, est monté au créneau.

«J’ai été surpris de voir cette information à la revue de presse. J’ai par ailleurs vu des photos insoutenables de femmes-mères à même le sol, d’autres sous le lit, dans une pièce exiguë.  Situation inacceptable et inhumaine», a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

En effet, vendredi 03 août 2018, des journaux camerounais annoncent que 10 mères sont séquestrées depuis plusieurs semaines à la maternité de l’hôpital central de Yaoundé avec leurs nouveau-nés, pour factures impayées. L’information fait très vite l’objet de commentaires sur les réseaux sociaux.

D’après le quotidien Le Jour du vendredi 03 août, dix mères de bébés ont été gardées dans une chambre communément appelée «Kossovo» par ce qu’elles n’ont pas pu solder leurs factures, dont les montants varient entre 200.000 et 300.000 francs CFA. Certaines parmi ces mamans y ont passé deux mois, dans des conditions inhumaines.

Appuyant que ces faux clichés de manque de respect de la dignité humaine, ne cadrent pas avec la réalité, le directeur de l’hôpital central soutient que «c’est de la pure manipulation». Jusqu’à vendredi dernier, il affirme qu’il n’y avait qu’une seule femme qui était en attente de paiement à la maternité, sans pour autant être séquestrée. Et aux dernières nouvelles, cette dernière est retournée à la maison.

Selon Cameroon Tribune du lundi 6 Août 2018, ce point de presse a également permis au Pr. Pierre  Joseph  Fouda de faire le point des actions sociales de l’Hôpital central. D’après lui, «tout est mis en œuvre au quotidien, pour qu’aucune femme ne meure en donnant la vie. La prise en charge sans condition des urgences vitales décidée par la hiérarchie est appliquée à la lettre, bien que le recouvrement ne soit pas aisé».

L’on apprend ainsi qu’en 2017, le manque à gagner de l’hôpital par rapport aux kits de césarienne était de près de 13 millions de FCFA. Ceci sans compter les frais de chirurgie, d’anesthésie, de laboratoire, d’hospitalisation et de sang servi.  Soit près de 33 millions au total.

En un an, fait savoir le Pr. Pierre  Joseph  Fouda, plus de 350 femmes ont eu leurs enfants par césarienne sur les 4000 accouchements enregistrés. Une bonne partie vient des structures périphériques et n’arrive pas à régler ses factures. Et après la délivrance, celles qui peuvent payer le font. Un service social et une Commission d’indigence sont en place pour évaluer les différents cas, permettant à la direction générale de prendre des décisions justes et équitables.

A ce propos, il ressort depuis janvier 2018 que l’hôpital a libéré des femmes pour près de sept millions de F, parce que cette commission avait conclu que ces dernières ne pouvaient pas payer. L’Hôpital ne pouvant continuellement faire du social, le Pr. Pierre Joseph Fouda appelle à l’implication de tous pour que cette formation sanitaire continue d’assurer ses missions de service public.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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