Cameroun: L’Université de Maroua s’arme d’une batterie de mesures pour éviter les cas de plagiats

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Apr-2018   2101
Des étudiants en cours Archives
Le phénomène de plagiats dans les universités d’Etat camerounais est sur toutes les lèvres depuis la révélation de 17 cas de plagiats sur 20 thèses de doctorat à l’Université de Yaoundé II à Soa, il y a quelques semaines.

Au moment où les dénonciations de plagiat deviennent répétitives et amplifiées par les médias locaux, l’Université de Maroua a mis sur pied une batterie de mesures pour limiter le phénomène. Ainsi, apprend-on, au sein de cette institution, plusieurs niveaux d'intervention sont opérationnalisés.

Phase pédagogique ou formative

Le premier cadre d’intervention concerne la consécration des enseignements axés sur la rédaction des travaux scientifiques et pour faire simple: la systématisation des cours de méthodologie générale de la recherche. «C’est dans les arcanes et techniques de ce champ épistémologique et axiologique que les fondamentaux sont rappelés, par exemple le sens, les formes et la pertinence des citations et autres références bibliographiques et historiographiques», affirme le Pr Idrissou Alioum,  Recteur de l’Université de Maroua.

Le second cadre d’intervention réside dans l'encadrement des étudiants par leurs directeurs et autres superviseurs dont l’une des tâches consiste également à outiller sur le plan théorique voire pratique les étudiants placés sous leur responsabilité en matière de maîtrise des règles scientifiques. Cette phase apparaît comme le prolongement de la précédente.

Phase préventive

Le troisième cadre est l’encadrement des doctorants, qui consiste en l’organisation de deux séminaires par an et pour lesquels, l’état d’avancement des travaux est apprécié devant des jurys composés des experts de l'Université de Maroua mais aussi de ceux venant d'autres institutions universitaires. Cette phase d'encadrement pourrait être qualifiée selon une formule usitée en santé publique de «phase préventive» car elle permet de recadrer les étudiants et éventuellement de traquer des tentatives de plagiat.

Logiciels anti-plagiat

En plus de ces mesures pédagogiques, l’Université de Maroua a également opté pour des logiciels anti-plagiat installés dans toutes les grandes écoles et les facultés. Par exemple, le Centre de Ressources en Technologies Educatives (CRTE) de l'Ecole Normale Supérieure est un centre d'excellence où les thèses de doctorat, les mémoires de master et de DIPES II sont passés au crible pour éviter la contrefaçon ou l'achat des travaux universitaires, apprend-on.

Il s'agit ici de la «phase curative». «Nous sommes certes conscients des limites de ces logiciels mais ils apparaissent comme des lanceurs d’alerte. Nos logiciels de détection de plagiat nous indiquent le taux de plagiat et le taux d'originalité dans les travaux de Master et de Doctorat. Sous un certain seuil d'originalité, le logiciel anti-plagiat propose le rejet pur et simple du travail proposé par le candidat», affirme le Pr Idrissou Alioum.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez