Cameroun: Plus de 750 jeunes candidats à l’Anafoot du Littoral

Par Marie Louise SIMO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-Feb-2018   3288
Anafoot Littoral M L Simo
Ces jeunes footballeurs ont participé du 10 au 12 février 2018 à Douala, aux tests de recrutement de 50 futurs pensionnaires de l'Académie nationale de football (Anafoot) pour la région du Littoral.

Les jeunes de la région du Littoral ont pris d’assaut  le stade annexe de la Réunification de Douala, pour présenter leurs talents, aux experts  de  l'Académie nationale de football (Anafoot). « J’ai appris par l’intermédiaire  de certains amis,  qu’il devait avoir une séance de détection de jeunes talents aujourd’hui et je suis venu m’inscrit », affirme Ronaldo Mbappe. Agé de 12 ans, cet élève de la classe de Cm1 dans un établissement scolaire de la capitale économique est venu, accompagné  de ses amis, eux aussi candidats, pour essayer de décrocher l’une des 50  places (25 filles et 25 garçons)  qui seront disponibles dans la région du Littoral. En attendant leur passage  sur l’aire de jeux poussiéreuse, ces jeunes s’échangent des petites astuces qui peuvent les faire glaner quelques points sur la fiche de  l’ancien Lion Indomptable, Michel Kaham, ou des autres membres du groupe des trois experts de l’Anafoot qui sillonnent  le pays à la quête des perles rares, depuis le 1er et ce jusqu’au  18 février 2018 .

De son côté, Jean Baptiste Pondy, croise les doigts pour que son fils de 10  ans, l’un des candidats,  fasse bonne impression lors de son passage. «  Je suis venu l’accompagner. Il faut qu’il compte parmi les jeunes qui vont remplacer Roger Milla, Samuel Eto’o, Patrick Mboma et autres. Je  sais qu’il a du potentiel pour y arriver, il est intéressé et engagé. Quand on aime, on peut », soutient ce parent. Comme son fils, plus de 750 jeunes, parmi lesquels une soixante  de fille, ont été enregistrés dans la région du Littoral, pour participer du 10 au 12 février 2018 au recrutement de 50  jeunes footballeurs, qui constitueront la première cuvée de l’Anafoot dans la région du Littoral. « Nous avons commencé par des regroupements depuis le 28 janvier et ce jusqu’à la veille de la sélection, pour sensibiliser les jeunes et les parents. Nous avons enregistré pendant notre périple dans la ville de Douala et ses environs, 750 enfants, et les parents continuent à venir enregistrer leurs enfants même pendant les  séances de sélection. Donc, nous avons mis sur pied un système d’enregistrement pour faciliter la tâche à tout le monde afin que personne ne puisse se plaindre », explique le chef de pôle de l’Anafoot Littoral,  Nicolas Tonye Tonye.

A en croire  Michel Kaham, les experts ont pour but, d’évaluer en 20 min, le niveau tactico-technique des joueurs, mais surtout leur ingéniosité  dans le jeu. « On va le faire le plus intelligemment et objectivement  possible, pour que ce soit les meilleurs qui soient retenus pour la suite. Tout se passe bien, il y a des enfants qui se distinguent. Ils ne sont pas dépaysés », explique-t-il.   Au bout de ces trois jours de travail à Douala, la liste des candidats retenus sera  publiée  après délibération par  le directeur général de l’Anafoot. Les jeunes retenus  débuteront leur formation au septembre 2018.

 

 Anafoot/Engelbert Mbarga: «Nous sommes cinq à prendre une décision concernant un joueur.

Engelbert Mbarga (c) M L Simo



Le chef de la division de la formation aux métiers liés au football à l’Anafoot, superviseur des  séances  de sélection dans les pôles régionaux de l’Anafoot, qui a débuté le  1er et ce jusqu’au  18 février 2018, apporte des précisions sur ces phases recrutement, dont l’étape de Douala s’est déroulée du 10 au 12 février 2017.

 

Après la sélection dans les autres régions, comment vous appréciez  l’étape de la région du Littoral ?

Tout se déroule dans de bonnes conditions. Il est question pour nous, d’apprécier dans les différents plateaux en 5 min les candidats. Dans ces plateaux de près de 300 jeunes, il faut  faire un premier écrémage pour rester avec 50 jeunes. C’est ceux qui sortent du lot qui nous intéressent.  Nous les notons pour avoir à la fin, des outils de comparaison. Nous sommes cinq superviseurs, dotés d’une certaine expérience.  En une minute, en une ou deux prises de balle, on peut savoir si c’est un bon élément ou pas. Ce qui est certain,  quelle que soit la ville ou le niveau,   nous allons arriver à un chiffre de 50.

La tâche semble plus ardue pour les experts, vue le nombre des candidats et le temps qu’ils disposent ?

C’est une routine certes, mais il faut toujours certains petits réglages. Il faut avoir l’œil vif et surtout gérer les petits problèmes  d’organisation pour qu’on ne puisse pas confondre ni de numéro, ni le  terrain  des candidats. Toutes ces organisations ont été mises en place et il faut toujours veiller à ce que tout se déroule bien.

Est-ce que des dispositions ont été prises pour éviter des cas de tricherie ?

Comme vous pouvez le constater, ces fiches que nous avons, sont anonymes. Nous notons les  numéros, sans toutefois connaître les joueurs que nous notons. Il y a toute une administration dédiée spécifiquement à cette tâche, pour attribuer les numéros avec lesquels   nous travaillons. Pour corrompre quelqu’un, il faut déjà connaître le numéro et en plus, nous sommes cinq à prendre une décision concernant un joueur. Seuls les meilleurs passeront. Maintenant, dans une évaluation c’est l’instant qui compte et il faut à cet instant montrer les qualités, et si vous ne l’avez pas fait vous attendriez la prochaine détection pour être retenu. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé des petits plateaux en terrain réduit de six personnes car nous estimons que dans ce type d’espace réduit, un enfant touche en moyenne trois à quatre fois le ballon, plus que quand  s’il s’agit  d’un terrain normal. C’est largement suffisant pour nous de voir des indices. Donc, il est presque impossible qu’un bon joueur échappe au regard de 5 superviseurs.

Marie Louise Simo

Auteur:
Marie Louise SIMO
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