Cameroun - Pr Jean-Marie Kasia parle de la sexagénaire qui a donné naissance à des jumelles: «On gardera ce cas dans nos mémoires»

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 29-Apr-2017   15708 1
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District_attorney   12017-04-29 18:23
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Nous avons actuellement une dame de 57 ans, enceinte par FIV, qui séjourne dans le service. Elle a fait un unique enfant qui est décédé à 34 ans
La mater de 60 ans quel est son cas ?
a) c etait une enjoyeuse durant toute sa jeunesse ?
b) elle avait un seul enfant qui est mort ? quand on vous dit de ne pas copier les blancs en Afrique on a 3-4 enfants voir plus....pourquoi se tracasser a 50 ans ( avec tous les risques, a cet âge là la mere peut même mourir, car le corps de la femme est de moins en moins predisposé a supporter une grossesse)
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Pr Jean-Marie Kasia, Administrateur directeur général du Chracerh Capture d'écran
L’Administrateur directeur général du Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine Paul et Chantal Biya (Chracerh) explique que ce n’est pas tous les jours qu’on a des patientes de 60 ans qui conçoivent après fécondation in vitro.

Dans une interview accordée au quotidien national Cameroon Tribune vendredi, il revient sur les contours de ce cas atypique.

Professeur, l’hôpital dont vous avez la charge vient d’enregistrer une grossesse tardive à 60 ans. Ce n’est pas habituel…

Effectivement ce n’est pas très ordinaire. Ce n’est pas tous les jours qu’on a des patientes de 60 ans qui conçoivent après fécondation in vitro. Dans le monde entier, on compte vraiment très peu de cas. Je sais qu’en Espagne, il y en a eu. Je crois que c’est quelque chose d’extraordinaire pour nous d’avoir réussi ce coup-là.

Pendant neuf mois, nous avons stressé et heureusement nous étions accompagnés par toute une équipe avec des cardiologues notamment, car la patiente développait une hypertension artérielle: c’est souvent le cas. C’est une joie immense qui nous anime d’avoir fait aboutir ce projet. C’est quelque chose de fabuleux. À 60 ans, ce n’était pas donné.

Vous parlez de stress. Il était dû à quoi: à l’âge de la patiente ou à la grossesse ?

Il y a tout ça. Vous savez que les femmes d’un certain âge ne supportent même pas une grossesse d’un seul bébé. Et là, il y en avait deux. Plus les femmes avancent en âge, plus elles développent aussi des pathologies telles que l’hypertension artérielle, le diabète. Donc, c’était un mélange de beaucoup de choses qui ont fait que nous étions obligés d’être très regardants. Elle était surveillée de façon multidisciplinaire.

L’intervention chirurgicale s’est bien passée. Étant donné qu’elle avait eu d’autres interventions auparavant pour des fibromes, ça a tout de même un peu compliqué l’entrée dans la cavité abdominale. Nous étions donc très précautionneux pour éviter de blesser des organes tels que la vessie qui était remontée, les intestins qui collaient de partout.

Peut-on dire qu’avec cette patiente âgée, le Chracerh passe à un autre cap dans la lutte contre l’infertilité ?

Je dois dire que ce n’était pas volontaire d’avoir une femme de 60 ans. Mais, il se trouve qu’il y a toute une population qui avait ce problème d’infertilité depuis des années, tant qu’on n’avait pas la fécondation in vitro, et qui se retrouve dans nos consultations parce que c’est déjà possible au Cameroun.

J’avoue qu’on gardera ce cas de 60 ans dans nos mémoires. Mais, il ne faut pas se gaudir en disant «60 ans, on a réussi, on peut faire accoucher toutes les femmes de 60 ans». Il faut plutôt rentrer dans une phase d’information, d’éducation de la population pour que les gens viennent beaucoup plus tôt s’il y a indication de FIV, si des problèmes d’infertilité se posent.

On l’a fait aussi parce qu’il y avait un vide juridique. Mais, bientôt la loi va tout régir et je crois qu’elle ne nous autorisera pas à aller à plus de 55 ans. Ce n’est pas certain qu’on va continuer ce genre de chose, parce que c’est assez délicat pour les patientes et les bébés. Il y a juste que lorsque ces gens dans le besoin viennent à nous, on ne peut pas rester insensible à leur souffrance.

Nous avons actuellement une dame de 57 ans, enceinte par FIV, qui séjourne dans le service. Elle a fait un unique enfant qui est décédé à 34 ans. C’est difficile de dire non à un tel cas. Mais nous n’allons pas copier cela, parce que les parents doivent avoir le temps de vivre pour élever leurs enfants et en faire des hommes. Les populations doivent vraiment être éduquées sur ce point.

Auteur:
Otric NGON
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