Cameroun - Présidentielle 2018: Selon l'ONG International Crisis Group, des groupes d’activistes francophones envisageraient le recours à la violence armée à Douala et a Yaoundé après l’élection du 7 octobre 2018

Par Peter KUM | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 04-Oct-2018   11061
Des jeunes font face aux forces de maintien de l'ordre Peter Kum
D’après une analyse de l’Organisation Non-gouvernementale, ces groupes encore en formation collaborent avec les séparatistes anglophones.

International Crisis Group a publié le mercredi 3 octobre 2018 un rapport sur la situation sécuritaire du Cameroun. Selon ce rapport, le Cameroun s’achemine le 7 octobre 2018 vers une élection présidentielle à risque.

« Le contexte sécuritaire est volatile, le climat politique tendu et la situation économique précaire. Le pays est tiraillé entre Boko Haram à l’Extrême-Nord et le conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest anglophones », relève le rapport.

L’Organisation estime que le risque de violences pré- et postélectorales est élevé dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, « mais existe aussi dans d’autres parties du pays ». A l’approche de l’élection présidentielle du 7 octobre, « la tension s’accentue et le pouvoir se radicalise, en privilégiant la répression et en évoquant un complot international face aux revendications sociales et politiques ».

Dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest et certaines localités de l’Extrême-Nord, l’insécurité pourrait faire obstacle au bon déroulement du scrutin présidentiel, prévient International Crisis Group. L’Organisation pense que l’absence de système électoral et de système judiciaire « fiables » constitue le principal frein au bon déroulement du scrutin de dimanche.

L’organisation belge trouve que depuis 2017, les tensions intercommunautaires se développent à travers le Cameroun. « Sur les réseaux sociaux et dans les médias, des journalistes, hommes politiques, universitaires, activistes et autres acteurs de la société civile propagent des discours stigmatisant certaines ethnies ».

Dans son rapport, International Crisis Group annonce que d’autres groupes d’activistes « francophones » envisagent le recours à la violence armée à Douala et Yaoundé au cours de la période électorale, mais surtout après l’élection du 7 octobre. « Ils disposent déjà de combattants dans ces deux villes, ainsi que dans la région de l’Ouest. Ces groupes encore en formation collaborent avec les séparatistes anglophones. Un groupe constitué d’anglophones et de francophones dispose aussi d’unités de combattants dans l’Ouest et à Douala, et compte y perturber le scrutin », révèle International Crisis Group.

Pour conclure, International Crisis Group indique que l’organisation d’un dialogue national pour résoudre la crise dite anglophone devrait constituer la priorité du prochain Gouvernement après l’échéance du 7 octobre.

Auteur:
Peter KUM
 @mafanypet
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