Conseil constitutionnel - Maitre Célestin Kemgoum sur Radio Equinoxe : « Les responsables nommés par le Chef de l’Etat sont assez âgés et à cet âge, leurs premières préoccupations, ce sont des soucis de santé »

Par Wiliam TCHANGO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 08-Feb-2018   2831
Avocat au Barreau du Cameroun et acteur de la société civile, Maitre Célestin Kemgom se demande bien comme les membres du Conseil constitutionnel nommés par décret du Président de la République hier, mercredi 7 février 2018 pourront travailler efficacement, eu égard de leurs âges pour la plupart avancés.

 

 

Avec le Conseil constitutionnel, peut-on dire que la machine électorale du Cameroun est désormais complète ?

Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. La nomination des membres du Conseil constitutionnel constitue de mon point de vue le dernier maillon de la construction de cette charpente juridique qui devrait permettre à notre pays de s’inscrire définitivement sur la liste des Etats démocratiques. Mais là, c’est sur le strict point des institutions.

En tant qu’arbitre Maitre Célestin Kemgoum, quel est le poids juridique de ce Conseil constitutionnel ?

L’arbitrage, c’est le rôle premier de ce Conseil constitutionnel. Et on peut, lorsqu’on voit ses  attributions le considérer  comme le véritable gendarme, en même temps, le surveillant,  le censeur, et justement l’arbitre du jeu politique dans le triangle national. Lorsqu’on lit ses attributions dans la loi du 21 avril 2004, qui a été modifié hier, on se rend compte que c’est un organe de contrôle de la constitutionnalité de toutes les lois, des traités et accords internationaux, des règlements intérieurs au niveau du Sénat et de l’Assemblée nationale et le règlement des conflits d’attribution par exemple entre des institutions, applicabilité des lois… D’une manière générale, c’est un régulateur de l’activité politique et de la vie institutionnelle dans notre pays.

C’est clair qu’avec sa mise en place, la Cour suprême ne se mettra plus en scène en ce qui concerne les conflits électoraux…

Oui. La Cour suprême ne s’en mêle plus. Mais il faudra quand même dire quelque chose à l’attention de vos auditeurs. Sur le terrain de la pratique, on sera quand même un peu déçu parce que ce ne sont pas les membres du Conseil constitutionnel qui vont animer cette institution.  C’est le secrétariat général qui a de très larges pouvoirs et c’est son équipe dirigée par le secrétaire général qui sera le véritable patron de cette institution. C’est son équipe   qui va recevoir les dossiers, c’est le personnel du secrétariat général qui va les traiter et les soumettre à l’attention de ces membres nouvellement nommés. Maintenant, quand vous considérez leurs âges respectifs, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils modifient substantiellement les projets qui pourront leur être présentés par cette équipe du secrétariat général. Vous-mêmes, vous avez constaté qu’ils sont assez âgés et en ce moment pour moi, la première de leurs préoccupations, à cet âge, ce sont des soucis de santé. A cet âge, je le dis par rapport à ceux qui nous sont plus âgés que nous. Il ne faut pas non plus négliger cet autre aspect, c’est peut-être pour faire rigoler mais, ça ne me fait pas du tout rire, c’est le suivi de leurs différents investissements. Ils sont propriétaires des immeubles en location, des hôtels, ils ont des engins lourds qu’ils exploitent. Ils sont devenus plus des hommes d’affaires que des hommes qui vont s’intéresser aux réflexions pour la bonne marche de ce pays. Ils ont aussi l’avenir de leurs nombreuses progénitures sans compter qu’ils ont des largesses à faire à ceux qu’ils ont oubliés quand ils étaient aux affaires et accorder des récompenses à ceux qui les ont accompagnés pendant leur traversée du désert.

Auteur:
Wiliam TCHANGO
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