Crise anglophone - Maitre Sikati (MRC): «Le Gouvernement camerounais doit comprendre qu’on doit être capable de négocier même avec des entités terroristes»

Par Wiliam TCHANGO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 13-Feb-2018   4270
Me Sitaki Archives
Selon ce militant de l’opposition, l’usage de la force est loin d’être la solution appropriée pour mettre fin à la crise.

Selon Maitre Désiré Sikati, avocat au barreau du Cameroun et responsable de la Communication du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), dans la région du Littoral, la gestion de la crise anglophone par le régime au pouvoir ne correspond pas à ce qui se passe sur le terrain. « Il est beaucoup plus question pour le régime de démontrer qu’il continue à avoir la mainmise sur la situation, de rassurer les populations camerounaises malgré que ce qu’on voit sur le terrain n’est pas ce qui est commenté par le régime », a-t-il regretté sur les antennes de Radio Equinoxe où il était l’invité de la matinale ce mardi 13 février 2018.

En tenant à démontrer sa toute puissance, les autorités camerounaises s’éloignent de la voie de sortie de crise, selon ce technicien du droit . Or, « il va falloir faire des concessions, il va falloir, je ne dirais pas, se rabaisser. Dialoguer même avec les entités avec lesquelles, même à l’accoutumée on ne dialogue pas », estime le cadre du MRC. « Le Gouvernement camerounais, ajoute-t-il,  doit comprendre qu’on doit être capable de négocier même avec des entités terroristes. La politique de la force n’est pas appropriée parce qu’on a constaté que cette crise est en train de virer à une véritable guérilla d’embuscade. Cela fait que les forces de défense camerounaises ne peuvent pas identifier de visu les entités contre lesquelles elles se battent ».

L’homme politique  appelle le gouvernement à s’inspirer des exemples malien,nigérien (rébellion Touareg), Sri Lankais (les Tigres Tamoul) dont les autorités  ont vite fait d’entrer  en négociations avec les mouvements rebelles qui ont émergé sur leurs territoires et ainsi limiter les dégâts. « Je ne pense pas que négocier serait faire preuve d’un aveu de faiblesse. Au fur et à mesure que le temps évolue, on constate cette crise est en train de prendre une tournure qui n’est peut-être pas celle envisagée au départ par les camerounais », constate-t-il. L’enlèvement dimanche dernier de Marcel Namata Diteng, sous-préfet de Batibo alors qu’il se rendait à la place de fête de sa localité pour présider le défilé de la fête de la jeunesse est venu démontrer que cette crise a atteint la côte d’alerte.

Maitre Sikati qui ne comprend pas comment une autorité a pu être kidnappée avec une telle facilité, rappelle qu’il ne s’agit pas du tout premier cas d’enlèvement recensé depuis le début de la crise. Avant cette autorité administrative, « Il y a 9 ingénieurs d’une société de géni civil qui ont été enlevés, qui sont portés disparus depuis voila bientôt deux mois. On n’en parle peut-être pas parce que ce ne sont pas les autorités administratives », se souvient-t-il. L’entêtement du gouvernement à mener des actions inappropriées dans le cadre de la crise anglophone « donne l’impression  qu’au sein même de notre administration, il y en a qui souhaitent que ça perdure parce qu’apparemment, d’aucuns doivent tirer des avantages de la gestion de cette crise là », conclut Sikati qui dit par ailleurs avoir remarqué un « véritable déphasage » entre ce que le Chef de l’Etat Paul Biya a allégué sur le sujet dans son discours à la Jeunesse le 10 samedi 10 février 2018 et ce qui est constaté sur le terrain.

 

Auteur:
Wiliam TCHANGO
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