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"Guy Lobé", le nouvel album de Guy !
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Paris, le 27 Septembre 2002
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"... Avec les jumeaux, nous avons eu des accrochages, les relations ne sont plus comme avant. Il en va de même avec Charlotte Mbango... les Africains ont un pouvoir de nuisance terrible. Dieu même doit avoir peur des Africains..."
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Guy Lobé, auteur-Compositeur surdoué, nous reçoit dans les restaurants branchés du premier arrondissement de Paris (Châtelet). Impressionnant par sa carrure, il nous impressionne également par sa culture et sa sensibilité. Guy Lobè polyglotte, nous fait part de ses compositions en créole, anglais. Nous ne parlerons pas du Bassa et du Boulou, tout simplement parce que dans son dernier album, il chante en ces langues là. Il parle également le Bagangté, le Wolof, le swahili, le Mbambara, l’allemand, et bien d’autres encore. Au moment où les artistes manquent de paroles dans leurs chansons, Guy compose sans efforts, il ira même jusqu’à nous montrer un cahier de 20 ans d’âges environs, plein de chansons qu’il n’a pas encore chanté. Charlotte Mbango, Sissi Dipoko, les jumeaux Epée et Koum, Joëlle Esso, et bientôt Ruth Kotto ont bénéficié des chansons de Guy. Notre entretien se termine sur une note triste, car Lobè Guy laisse le Makossa à la nouvelle génération, il se tourne vers la «World Music». A la fin de cet entretien, il s’envolera pour New-York où il prépare cette nouvelle carrière.

Cameroon-Info.Net: Votre carrière débute en 1984 sur les chapeaux de roues avec "Dégager", c’est le succès immédiat. Avez-vous prévu un tel succès?

Guy Lobè: J’avais l’ambition de faire de la musique dès l’adolescence. Quant à savoir si ma musique allait être populaire, que j’allais faire du succès, non! Le dire c’est avoir une prétention démesurée.

Cameroon-Info.Net: Vous enchaînez avec «Mon Amie à Moi», «Solitude», «Union Libre», «Coucou», «Malinga», à chaque fois il y avait «gaga» ou «fifi» qui revenaient. Etait-ce une histoire d’amour ?

Guy Lobè: (hésitation, puis éclats de rires): Monsieur Essombe, je n'aime pas parler de ma vie privée dans les interviews. «wééééééééh !», non c’est une histoire d’amour de jeunesse, comme tout le monde a pu en avoir. Je ne voudrais plus parler de cela, tout simplement parce que ces gens ont leur vie privée, j’ai la mienne. Surtout que certaines chansons ont dû causer du tort à une certaine personne. Je ne voudrais pas remuer le couteau dans la plaie.

Cameroon-Info.Net: Vous êtes connu pour être assez pointilleux en matière de promo, mais cela n’empêche pas un léger déclin vers les années 1996, on parle moins de vous, alors que chaque année vous avez un album sur le marché.

Guy Lobè: Cela est dû au fait que, au Cameroun, il y avait une forme de racket. J’ai arrêté de faire de la promotion parce qu’on ne peut pas demander aux artistes de payer, alors qu’il y a une Radio, une Télévision, qui ont des budgets alloués par l’Etat pour la promotion. Alors je suis resté pratiquement 5 ans sans aller au Cameroun. J’ai préféré faire la promotion en Europe, question d’éviter des gens qui demandent de l’argent aux artistes. Ce n'est pas du tout sérieux de leur part.

Cameroon-Info.Net: Vous êtes l’artiste qui a essayé de relancer la carrière de ses paires (Charlotte Mbango, Epée et Koum, Sissi Dipoko, Joëlle Esso), la réalisation du premier album de Papillon (NDLR: artiste Camerounais). Quels sont vos rapports avec ces artistes?

Guy Lobè: J’ai de très bons rapports avec Papillon, c’est un très bon ami, comme Sissi Dipoko aussi. Avec les jumeaux, nous avons eu des accrochages, les relations ne sont plus comme avant. Il en va de même avec Charlotte Mbango, j’ai eu vent de certains propos tenus par elle. Il y'a eu un froid. Disons que les choses sont rentrées dans l’ordre. Je sais cependant que nous ne travaillerons plus ensemble.

Cameroon-Info.Net: Pour ceux qui ne le savent pas Jean-Claude Mbimbè, artiste comme vous est votre oncle. Pourquoi n’avez-vous jamais chanté en duo?

Guy Lobè: (Il ne me laisse pas finir la question) Il était mon oncle. Il ne l’est plus. C’est très bien comme cela. D’ailleurs, je m’en serai voulu d’avoir quelque chose qui soit dans la prospérité avec J.C. Mbimbé.

Cameroon-Info.Net: Toto Guillaume, l’une des figures emblématiques de la musique camerounaise est passé à la réalisation, on parle de moins en moins de lui. Pour avoir travaillé avec lui, que pensez-vous du personnage?

Guy Lobè: Il a fait deux ou trois séances de guitare dans mes disques des années 80, invité par Aladji Touré, jamais par moi. Et qui plus est, il a joué malgré moi. C’était le choix du producteur que j’avais à l’époque. Je ne pense rien de lui.

Cameroon-Info.Net: Vous avez longtemps travaillé avec Aladji Touré, des rumeurs circulent que vous n’êtes pas en bons termes. Un mot?

Guy Lobè: Je ne sais pas si ce monsieur à 10 personnes avec lesquelles il est en bons termes, sinon des lâches qui n’ont pas osé le lui dire, mais je le lui ai dit.

Cameroon-Info.Net: Quand vous dites que: "le Makossa est pauvre comme musique" vous crachez dans la soupe là.

Guy Lobè: Non, je ne crache pas dans la soupe, je dis tout simplement que pendant très longtemps, les artistes se sont contentés de jouer sur 3 notes, ils font très peu d’efforts. Je me souviens, quand j’ai fait mon premier Zouk, ce n’était pas les accords qu’on trouvait dans le makossa classique. Evidemment, j’ai entendu des gens dire: «qu’est-ce qu’il nous fait Guy Lobè». A la fin, tous les musiciens se sont mis au Zouk. Le constat c’est que, quand vous apportez une idée nouvelle pour innover, il y en a qui ont à redire. Un autre constat c’est que la plupart des d’artistes qui ont essayé de faire une musique riche, poussée, le public n’a pas accroché. Richard Bona est une exception. Récemment au Cameroun, j’ai écouté le disque de mon amie Coco Mbassi Manga, c’est extraordinaire! C’est bien d’oser faire ce genre de musique. Maintenant j’entends dire que cette musique est réservée à une élite, les intellos. Je précise que les intellos font partie de la population.

Cameroon-Info.Net: Les artistes camerounais ont la chance d’avoir à Paris une bonne maison de production, J.P.S. Productions. Ils disent tout bas que la production et la promotion sont mal faites, qu’ils n’ont pas les moyens que la maison accorde aux Zaïrois par exemple. Qu’en dites-vous?

Guy Lobè: C’est la vérité. Il ne faut pas se voiler la face. J’ai eu ce genre de conversation avec J.P.S, il me dit: «c’est parce que les Zaïrois vendent plus de disques que les Camerounais, c’est ce que lui dit sa comptabilité».


Cameroon-Info.Net: Le dernier album intitulé "Guy Lobè" est tout simplement une réussite, car l’artiste affirme sa réelle dimension. Le premier morceau Moundj’am parle de la plus belle manière de l’histoire d’une femme calculatrice, prête à tout pour ruiner son mari. Boby Nguimé nous fait une ballade acoustique extraordinaire. Waka Waka le second est taillé à la ‘Lapiro’. L’artiste nous offre dans Andolo un fabuleux zouk avec Bilong Conti, Aubin Sandjo et Mouasso Elamè à la programmation. Son quatrième morceau est un chef d’œuvre, on retrouve un Guy Lobè des années 1985, un excellent Guy Nsangué à la basse. Des saccades acoustiques, de percussions, de cuivres, font de A’te (cri de détresse chez les Douala) une chanson très dansante. Dans Capitaine Song, il rend hommage à Rigobert Song, sur un rythme d’assiko. Dans Sessé (la douleur) on reconnaît le véritable chanteur de makossa qu’est Guy, avec une superbe Nicole Mara aux chœurs, avec une touche nouvelle de Eric Sefou à la guitare. Il enchaîne avec A Sou Dje qui nous rappelle les têtes brûlées, démonstration de son immense talent. Il termine avec Ma’Bani un slow à la Sting, un album qui en vaut la peine.

Cameroon-Info.Net: Votre dernier album est tout simplement intitulé: “Guy Lobè” pourquoi?

Guy Lobè: Pour une fois je ne voulais pas de titre c’est tout. J’ai cherché sans trouver, alors je me suis dit pourquoi ne pas faire un album éponyme.

Cameroon-Info.Net: Quand les Douala disent A’TE c’est considéré comme un cri de détresse? Que vous arrive-t-il?

Guy Lobè: J’ai des problèmes de jalousie, des problèmes avec ma propre famille, des histoires bizarroïdes. Vous savez, les Africains ont un pouvoir de nuisance terrible. Dieu même doit avoir peur des Africains. Chez nous quand vous réussissez, au lieu que la famille jouisse de cela, elle s’acharne sur vous, au point de vous détruire, sans compter quelques relations de travail que je ne citerai pas. Ce n'est pas que j’aie peur des procès, je vais pas passer ma vie non plus dans les procès. Les concernés se reconnaîtront.

Cameroon-Info.Net: Vous chantez en Bassa et en Boulou pour la première fois. Est-ce un hommage ou alors un aurevoir aux mélomanes camerounais?

Guy Lobe: Non, j’ai fait une chanson en Bassa pour Rigobert Song, c’est un garçon que j’admire beaucoup. Il incarne la hargne de quelqu’un qui a envie de réussir quelque chose dans la vie. Quant à la chanson en Boulou, c’est un pari que j’ai fait avec un ami Boulou justement, je lui disais que: «le Bikutsi n’est pas de la magie pour moi. Comme je suis camerounais je l’ai fait!». Paul Simon l’a fait avec Vincent Nguini, pourtant il ne connaît pratiquement rien de la culture camerounaise.

Cameroon-Info.Net: Si vous Guy Lobè êtiez ministre de la culture, que feriez-vous pour les artistes?

Guy Lobè: Je veillerai à ce que tous les pirates soient punis, parce que le laxisme du gouvernement camerounais par rapport à la piraterie est très décourageant. Je viens de passer trois mois et demi au Cameroun, on a dû nous même aller sur le terrain combattre les pirates. Il est inconcevable que les lois contre la contrefaçon ne soient jamais appliquées.

J’aimerai qu’il y’ait des musées au Cameroun, des structures pour la culture que tous les artistes soient correctement rétribués en temps et en heure. Je ne comprends vraiment pas, la plupart de nos ministres ont fait des grandes études en Europe, ils n’appliquent même pas le 10ème de ce qu’ils ont appris, c’est dommage!

Cameroon-Info.Net: Vos passions

Guy Lobè: Le football.

Cameroon-Info.Net: Vos qualités?

Guy Lobè: J’aurai du mal à le dire c’est aux autres de le dire. Je connais plutôt mes défauts.

Cameroon-Info.Net: Vos défauts?

Guy Lobè: Je suis très impatient et très rancunier, parce que je n’envisage pas faire du mal aux autres.

Cameroon-Info.Net: Qu’est ce qui vous attire chez les autres?

Guy Lobè: J’ai eu la chance de conserver mes amis d’enfance, c’est déjà pas mal. J’ai tellement eu des déceptions que je n’espère rien des autres.

Cameroon-Info.Net: Qu’est ce que vous détestez chez les autres?

Guy Lobè: La méchanceté c’est l’un des maux les plus répandus au monde, surtout chez les Camerounais, ils ont cela de naissance. Vous rendez-vous compte, vous rencontrez quelqu’un, vous travaillez avec lui, vous arrêtez de bosser ensemble et chaque jour, il s’emploie à vous mettre les bâtons dans les roues. Cette personne se reconnaîtra dans ces lignes. C’est un diable.

Cameroon-Info.Net: Si vous n’étiez pas artiste que feriez-vous?

Guy Lobè: J’avais quelques dons de peinture mais la musique a pris le dessus sur tout.

Cameroon-Info.Net: Un dernier mot?

Guy Lobè: Longue vie à Cameroon-Info.Net. Pour autre renseignement, écrivez-moi à l’adresse suivante: guylobe@yahoo.fr

Jean-Jacques ESSOMBE
Chantal EBOKO N.
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