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Francis MBELLA face à Cameroon-Info.Net
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Paris, le 26 Février 2003
© Cameroon-Info.Net
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" Je ne peux etre que rebelle, parce que, le métier d'artiste, je ne l'ai pas choisi au hasard, c'est un metier très difficile, c'est tellement difficile que, quand on a pas une vision dans ce métier, on ne peut vraiment pas aller loin."
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Après avoir fréquenté l’Ecole Nationale Supérieure des beaux-arts de Paris, Francis MBELLA acquiert sa notoriété en 1987 comme peintre de relief grâce à sa technique du tapioca ; prophète d’un art nouveau, il est installé à Paris depuis dix-sept ans.

Mérite culturel de la ville de Paris en 1990 et Mérite culturel de l’Etat de Californie en 1994, cet esthète ne cesse de multiplier les interventions artistiques. Mbella n'impose pas, mais suggère. Dans les scènes extérieures ou intérieures, il ne cherche pas comme les impressionnistes, à capter les vibrations de la couleur ; il préfère une peinture subjective où les couleurs sont assourdies et les formes accentuées.

Cameroon-Info.Net: Je pensais rencontrer un monsieur d’une cinquantaine d’années, vu le nombre impressionnant d’expositions internationales à votre actif. Surprenant non ?

Francis Mbella : Pas vraiment ; on travaille, et quand on travaille, on n’est pas surpris d’avoir ce genre de résultat. C’est vrai que le jugement est toujours en rapport avec l’ensemble de l’oeuvre. Il faut aussi savoir que j’ai commencé très jeune dans ce métier. En général, les artistes, on les apprécie quand ils sont vieux (rires).

Cameroon-Info.Net : Vous êtes aussi auteur de plusieurs conférences et publications ; Parlez-nous d’une journée de travail de Francis Mbella.

Francis Mbella : C’est simple ; en dehors de ma famille, je passe le reste de mon temps dans mon atelier. On s’organise, même comme j’ai une équipe très restreinte, ce qui est dommage d’ailleurs. On vit la vie d’artiste d’une manière hasardeuse. Quelque soit le talent qu’on peut avoir, un grand artiste a toujours une ambition, celle d’arriver à quelque chose. Cela suppose donc une certaine organisation, et un encadrement minimum, ce qui n’est pas souvent le cas.

Cameroon-Info.Net : Vous êtes à l’origine de deux techniques dans la peinture :
- la première se définit par l’association du tapioca (farine de Manioc),
- La seconde par les encres, la gouache, à l’huile ou l’acrylique.

Avant de nous expliquer ces deux techniques, comment êtes-vous venu l’idée d’utiliser le tapioca, quand on sait que c’est le sable qui est généralement utilisé dans la peinture ?

Francis Mbella : Avec les encres de couleurs, je mise sur la superposition des surfaces. Vous savez, la recherche a généralement aboutit sur ce que l’on n’espérait pas. Vous savez aussi que quand on est créateur, on est toujours animé d’une grande curiosité, on cherche, on fouille, et on finit par trouver ; c’est ce qui m’est arrivé.
Pour traduire la lumière, j’avais besoin de volume. J’ai constaté que, quand on trempait le tapioca dans l’eau, il gonflait, il absorbait tout, selon la dose ; et quand on le noyait, il n’avait plus de véritable existence, sauf qu’il se confondait avec l’eau et donnait une certaine épaisseur.


Son avantage c’est qu’il est plus fiable que le sable, parce-que ce dernier peut dominer les matières comme l’huile, alors que le tapioca se confond, il devient autre chose, il peut même devenir de la colle, il n’influence pas comme le sable.

Il ne me restait plus qu’à travailler la maîtrise de cette technique, ce qui est le cas aujourd’hui.


Cameroon-Info.Net : Si je vous dit : « Reflets de la couleur », vous répondez quoi ?

Francis Mbella : C’est l’esprit que j’avais donné à mon oeuvre au début, en fait c’était plusieurs choses à la fois.
Dans un premier temps, mes tableaux reflétaient quelque chose, l’autre reflet, c’était ce qui y avait derrière la couleur, parce-que les gens se limitaient sur la beauté de la couleur. Pour moi, le reflet de la couleur était plus loin, dans ce qui nous apparaît beau, il faut aller lire ce qu’il y a derrière aussi.


Cameroon-Info.Net : La peinture en elle-même nous communique quoi, elle ne nous est pas toujours accessible, qu’elle est sa place dans le changement des mentalités ?

Francis Mbella : Elle est toujours accessible ; toutes les sociétés ont besoin de l’art. Mais comment le savoir. Je vais vous dire : L’art c’est une manière inconsciente d’éclairer les gens. Remarquez-que, quand les gens ont un certain niveau social, ils s’intéressent à l’art en général. En fait, l’art est déjà là, c’est eux qui viennent vers l’art. Donc c’est un besoin naturel, on est en manque, mais on a pas encore senti l’intérêt. Faut aussi dire que cela dépend de l’encadrement. Tenez, nous vivons en France, où vous avez une bonne partie des français qui ne connaissent rien de l’art, pourtant ils ont l’art qui leur est accessible, avec des musées etc.
Le développement artistique est une chose, la compréhension de l’art en est une autre. Je fais quelque chose qui me plait, qui vous plait, je dois être convaincu que je fais quelque chose qui plait à un grand nombre de personne, et que cette chose à sa place dans la société.


Cameroon-Info.Net : Les initiés de la peinture que j’ai rencontré m’ont dit ceci : « Mbella est un rebelle », que vos oeuvres sont chaudes et envoûtantes. Pour nous qui voyons un « simple » tableau, une « simple » voile, qu’elle réponse apportez-vous ?

Francis Mbella : Vous savez, quand on veut porter les gens vers la lumière, on est toujours considéré comme un rebelle ; quelque part( éclats de rires) quand on éclaire un ensemble, automatiquement on en fait une force. Et comme, on vit dans une société de consommation, qui vous encourage plus à consommer qu’à réfléchir, on a l’impression qu’on est entrain de dire aux gens tout a déjà été fait, on a plus que besoin de vivre ; à ce moment là, pourquoi rencontrons nous autant de problèmes, tout simplement parce-que la vie se renouvelle chaque jour, c’est chaque jour qu’il faut remettre les choses en cause. S’il y en a qui n’ont pas encore compris cela il n’est pas tard. Quand vous avez du talent, concrétisez-le par le travail.
Je ne peux être que « rebelle », parce-que, le métier d’artiste, je ne l’ai pas choisi au hasard, c’est un métier très difficile, c’est tellement difficile que, quand on a pas une vision dans ce métier, on ne peut vraiment pas aller loin.


Cameroon-Info.Net : Il me semble que ce sont les cantiques qui vous accompagnent dans vos peintures ; pourquoi les cantiques ?

Francis Mbella : Oui, je ressens quelque chose de profond quand je les écoute. Elles se marient avec mon métier. C’est un peu dommage, car chez nous, on écoute cette musique que quand il y a un deuil. En Europe, les musiques qui accompagnent les deuils, en général, elles accompagnent aussi les mariages. Le bonheur et le malheur font partis de la même famille. Alors que chez nous, on les oriente vers les deuils. Les cantiques, c’est une musique qui appelle à réfléchir, à prendre du recul etc. Elle m’inspire, et je voudrais lui donner, de la valeur, un peu comme le tapioca, qui est à la base un aliment. Chez nous on a pas encore l’habitude d’exploiter tout ce qui est exploitable dans un élément. Je dis tout simplement, c’est une question de temps, de besoin, et de vision.

Cameroon-Info.Net : Il est dit ceci dans votre dernier ouvrage : « Le traité de l’Esthétique ». Il se dégage que les fondements de l’enseignement et de l’approche des différents techniques de peinture, ont pour but, la recherche des valeurs intérieures. Quelles sont ces valeurs ?


Francis Mbella : C’est un peu ce que je viens de dire en ce qui concerne les cantiques. C’est une valeur intérieure, qui rassemble que ce soit dans un deuil ou à un mariage. C’est aussi la solidarité, celle d’échanger, d’informer, de partager, de communiquer, je n’ai pas beaucoup ressenti cela dans ma communauté. J’ai plus besoin de rassembler pour construire.

Cameroon-info.Net : Vous faites également une approche de l’enseignement théorique de l’œuvre. Est-ce une initiation, si oui, donne-t’elle à quelqu’un les bases pour devenir peintre plutard ?

Francis Mbella : Oui j’estime que tout créateur doit vivre sur des bases saintes ; la création c’est de la recherche ; à partir du moment où on a découvert, on se doit d’expliquer aux autres. La peinture c’est la culture, le commerce vient après ; on a besoin d’être compris. C’est le but de la démarche, donner la possibilité aux gens de comprendre. Il y a aussi le coté culturel. J’ai du mal à comprendre les artistes qui disent " j’ai une technique à moi, je ne voudrais pas la montrer sinon je suis foutu ". Les esprits ne sont jamais pareils même si une autre personne travaille avec cette technique, il n’aura pas les mêmes résultats et s’il travaille mieux, cela voudrait dire qu’elle est efficace et meilleure. Je pense que tout çà c’est de la bêtise.

Cameroon-Info.Net : En 1990, Jacques Chirac écrit ceci : « Une oeuvre riche en couleur dans laquelle la conception de l’art est en harmonie avec les caractères propres de l’artiste. Vos oeuvres reflètent toujours votre personnalité ?

Francis Mbella : Toujours ; mon objectif dans l’art c’est d’être sincère pour apporter aux autres. Je m’explique : je suis artiste africain. J’ai quitté le Cameroun pour vivre ici, j’ai une certaine expérience de vie ici qui n’est pas négligeable, c’est l’évolution de ma vie. Cela n’enlève rien à ce que je suis. A partir de là, il faut traduire les choses comme on les a vécu, en intégrant un certain nombre de choses utiles, intéressantes, et je crée une personnalité qui m’est propre, et c’est cette personnalité que j’apporte aux autres comme forme de construction. Quand on devient artiste, c’est pour être le plus possible soit-même. Faut aussi souligner que ce qu’on fait aujourd’hui pourrait être dans deux ou trois siècles, une tradition pour certains.

Cameroon-Info.Net : Dans votre métier on dit souvent, Francis Mbella comme Manet, comme Monet, en ce qui concerne l’esthétique. Comment définissez-vous l’esthétique, et dans quelle catégorie vous placez-vous, Impressionistes, Expressionniste, Cubistes, Post-Modernistes ?

Francis Mbella : On ne peut pas parler d’esthétique, et parler d’Impressionnisme en même temps. Ceux sont les mouvements de peinture.
L’esthétique c’est un ensemble : c’est la psychologie, la sociologie, la philosophie, c’est tout ça rassembler dans l’art.
Le second, c’est les courants des pensées. L’esthétique c’est un peu l’histoire de tous ses courants ; c’est au-dessus de tout ça. Dans mon dernier ouvrage, je parle de l’esthétique dans le sens de l’histoire et de l’art, la confrontation par rapport au vécu, dans le sens de l’évolution de l’art.


Cameroon-Info.Net : Un artiste camerounais aux Nations-Unis à Génève pour exposition. Vous êtes devenu un Ambassadeur du Cameroun dans le monde. Qui est l’initiateur de cette invitation ?

Francis Mbella : C’est la direction des Nations-Unies qui a initié le projet par le biais d’un diplomate zaïrois, ensuite la direction en a pris compte ; elle se tiendra du 7 au 17 avril 2003 ; je suis très flatté car c’est une reconnaissance au niveau mondial. Je pense aussi que, pour le Cameroun et les Camerounais, c’est un évènement, pour quelqu’un qui vient d’un pays en « Panne de développement ».
C’est quand même assez extraordinaire, parce-que regarder au moment ou tout va mal, c’est en même temps qu’un voit des initiatives, des artistes se confirmer comme on a jamais vu ; je pense que cela interpelle. C’est le moment pour nos pays d’avoir des structures ; je suis quelqu’un qui contribue, et quand on contribue, on a besoin de structures.


Cameroon-Info.Net : J’ai été très surpris par le rapport et la proximité que vous avez avec le Cameroun. Cependant, vous n'êtes pas assez connu de public camerounais...

Francis Mbella : Je ne demande qu’à être proche du public ; vous savez qu’on ne peut pas tout faire. Je l’ai dit tout à l’heure que c’est un problème d’organisation. C'est bien beau d’apprécier un artiste mais quand il n’y a pas de structure, les choses ne se concrétisent pas d’elles-mêmes. Personnellement, j’ai toujours voulu être actif au Cameroun, la preuve est que, j’ai une galerie permanente au Cameroun ; des expositions organisées là-bas.

Cameroon-Info.Net : Un artiste de votre classe ne peut être indifférent à ce qui se passe dans le monde. Un mot sur le conflit de Bakassi, la question anglophone, la Côte-d’ivoire, une possible guerre en Irak ?

Francis Mbella : C’est une bêtise de plonger les gens dans des choses qu’ils ne comprennent pas. L’Afrique a assez payer pour ça. Pour moi c’est un problème administratif que le Cameroun doit régler même si tout le monde le sait, Bakassi a toujours appartenu au Cameroun mais peuplé de Nigérians. Je pense que le Cameroun a bien réagit de ne pas faire la guerre car il y a d’autres intérêts derrière. Je pense que ses deux pays trouveront une solution pacifique.

En ce qui concerne la question anglophone, le Cameroun est un pays uni. Quand les gens ont l’impression de ne pas être compris, ni entendus, cela crée une frustration. Cela voudrait dire qu’on a du travail.

Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, c’est un peu dommage. Parlant de structure, voilà un pays qui en a bénéficié, voilà un pays qui était en voie de développement. Il y a des choses qu’on ne peut pas empêcher ; il y a toujours eu des mouvements migratoires c’est une question de responsabilité pour moi l’ivoirité c’est un " petit " problème qui est devenu une plaie. Quand on ne vous dit pas pourquoi les choses vous appartiennent cela crée des incompréhensions !

Pour finir avec l’Irak, je n’ai pas beaucoup d’éléments par rapport à cela. Mon avis c’est que, on ne peut pas faire la guerre sans véritable raison. On veut désarmer l’Irak ou on veut changer le régime, si c’est le second cas, pourquoi embêter les inspecteurs ? Si Saddam n’est plus là demain, le problème se posera toujours on fait la guerre contre l’Irak ou contre une seule personne ?


Cameroon-Info.Net : Un aperçu du thème de votre exposition des nations-unis à Genève qui est : « l’Intérêt de l’art dans la société.

Francis Ella : Faut dire que les Nation-Unis ont aussi pour but de rassembler, il ne faut pas l’oublier. C’est aussi l’occasion pour moi de contribuer à cette politique, à cette philosophie, de montrer que dans les pays comme les nôtres, en panne de développement, les gens connaissent et ont besoin de l’art.

Cameroon-Info.Net : Vous préparez conjointement une exposition itinérante avez pour thème le « Ngondo ».
- Que représente le « Ngondo » pour vous ?
- Parlez-nous de cette exposition, dates et lieux.

Francis Mbella : Le Ngondo, c’est une culture ancestrale, c’est mon enfance, c’est un tout. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une fête traditionnelle au Cameroun, elle concerne principalement les côtiers. Elle s’est maintenant étendue sur tout le territoire culturellement parlant, elle devenue nationale.
Il y a des choses que nous devons apporter aux occidentaux, aux étrangers, à connaitre ces choses là. Etant donné que je suis peintre, ce n’est nullement pas une mauvaise idée de m’associer à ce thème.
Au fait il y a deux choses, la première c’est de faire connaître une fois de plus mon oeuvre, le peintre, l’artiste que je suis, l’autre, faire connaître le Ngondo, sur le plan historique, culturel je suis un peu un appui. Je ne suis pas là pour dessiner tout ce qui concerne le Ngondo.
Elle est intéressante parce-qu’elle commence à Genève aussi en avril, pour le reste les dates ne sont pas encore définies. Sinon elle continuera à Lyon au mois de juin, à la mairie, elle se déplace au Cameroun à Kribi au mois de septembre, octobre, jusqu’en janvier 2004 à Douala. Pour finir à Paris dans ma galerie. Il y aura conjointement une expo photo sur l’histoire du Ngondo et de la ville de Douala, les photos de la ville des années 1940, 1950.


Cameroon-Info.Net : Vos loisirs ?

Francis Mbella : Depuis que ma famille s’est agrandi, je n’ai plus assez de temps ; sinon c’est la marche.

Cameroon-Info.Net : Vos projets ?


Francis Mbella : Mes futures expositions. J’ai un attaché de presse, un assistant ; alors j’ai besoin de plus de gens autour de moi. J’ai élaboré un projet depuis 1991, celui d’un « centre d’art contemporain », ressorti en 1995, faute de partenaires fiables, il est toujours là.

Cameroon-Info.Net : Vos qualités ?


Francis Mbella : La patience, la foi.

Cameroon-Info.Net : Vos défauts ?

Francis Mbella : On me dit souvent que : " je suis assez autoritaire ".

Cameroon-Info.Net : Ce qui vous attire chez les autres ?

Francis Mbella : La générosité, la disponibilité des gens.
Cameroon-Info.Net : Ce que vous détestez chez les autres ?

Francis Mbella : Je positive toujours, je dirai que je n’aime pas les gens qui ne sont pas « curieux ».

Cameroon-Info.Net : Les vacances de rêves pour vous c’est quoi ?

Francis Mbella : Avoir tout mon temps pour travailler.

Cameroon-Info.Net : Votre artiste préféré tout domaine confondu ?

Francis Mbella : Je dirai Toto Guillaume. C’est un monsieur qui, proportionnellement a son talent, est un immense inconnu dans son métier. Je crois qu’il a été mal exploité, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup marqué, il aurait pu toucher les sommets.

Cameroon-Info.Net : Mot de la fin ?

Francis Mbella : Je dirai que nous qui sommes valides, avec nos pieds et mains, rendons-nous à l’évidence de cette chance par rapport à d’autres qui ne peuvent pas faire un certain nombre de choses.
Je pense à ma famille, mon père, ma mère, mes amis ceux que j’ai perdu, je suis content d’avoir choisi ce métier, qui apporte quelque chose aux autres. Avec les malheurs, les conditions de l’Afrique, il faut croire en quelque chose pour tenir. Nous devons positiver pour notre continent.

Jean-Jacques ESSOMBE
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