La presse camerounaise met en avant jeudi les déboires de la coalition anglo-américaine et le caractère insaisissable de l'Irak et de son leader Saddam Hussein.
"Guerre du Golfe II : L'Amérique dans le piège irakien", titre La Nouvelle Expression qui écrit: "le rêve d'une guerre rapide et victorieuse des marines américains n'a duré que le temps d'un débarquement spectaculaire sur le sol irakien".
"Depuis le début de cette guerre, l'aventure des forces de coalition tourne au cauchemar et bien qu'omniprésent, Saddam Hussein demeure insaisissable", poursuit La Nouvelle Expression.
Ce caractère insaisissable du leader irakien est très présent dans les commentaires de la radio-télévision nationale. Un éditorialiste s'appesantit particulièrement sur les multiples sosies qu'auraient Saddam Hussein pour conclure que rien n'est joué pour l'instant dans cette guerre.
Dans un dossier de quatre pages, L'Anecdote analyse les causes profondes de cette guerre et estime que "L'Amérique veut la peau de Saddam Hussein et le pétrole irakien".
Le journal satirique Messager Popoli constate avec une pointe d'ironie que "la guerre préventive du président américain George W. Bush qui ne devait durer que quelques jours prend une toute autre tournure".
Selon ce journal, ce nouveau schéma "risque d'être fatal pour le président Bush". A côté de ce commentaire, une caricature d'Oussama ben Laden tenant un missile en main et qui déclare : "Je n'ai pas encore parlé dans cette guerre".
Aurore Plus estime que tout en se retrouvant désormais dans une guerre "longue et difficile", "Bush perd la bataille médiatique". Les légendes d'une photo du président Bush et du Premier ministre britannique Tony Blair en témoignent: "l'enlisement inattendu leur vaudra cher"; et sous celle de Saddam Hussein, "serein".
The Post titre à la Une : "Les troupes alliées souffrent en Irak" tandis que le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune constate : "Les forces de coalition se heurtent à la résistance".
Cependant le quotidien privé Mutations et La Nouvelle Expression s'arrêtent sur la polémique autour de la violation de la convention de Genève. Il s'agit pour Mutations d'une "vaine polémique". Selon La Nouvelle Expression, les Etats-Unis n'ont dû se souvenir des conventions internationales que "suite à la diffusion, par des chaînes de télévision à travers le monde, des images de prisonniers de guerre américains".
Le Messager pour sa part s'interroge encore sur les rapports entre Paul Biya et le président Bush, "Indépendance ou prostitution ?", et estime que le voyage aux Etats-Unis du chef de l'Etat camerounais n'a pas encore dévoilé tous ses mystères.