Entre le décret du président de la République, les statuts de l’Agence nationale d’appui de développement forestier, l’arrêté n°0222 du ministre de l’environnement et des forêts, et le comité de pilotage, les personnels perdent leur latin. Ils ne savent pas dans quel environnement juridique ils évoluent. Tout le monde prend les décisions mais personne ne les applique.
L’organisme s’appelait jusqu’au 18 juin 2002 ONADEF (Office national de développement des forêts). Ce qui faisait dix agences et un effectif d’un peu plus de 700 employés. Mais avec les décrets signés ce jour-là par le président de la République, l’ONADEF a été transformé en ANAFOR. Dans l’article 3 des statuts portant sur l’objet social il est écrit : « L’ANAFOR a pour objet, directement ou indirectement, d’appuyer la mise en œuvre du programme national de développement des plantations forestières privées et communautaires par l’exécution sur financement du programme des tâches suivantes : la réalisation des études, la programmation et le suivi-évaluation du programme ainsi que la coordination, l’information, la promotion et la recherche des financements nationaux et internationaux. Il y a aussi la fourniture aux opérateurs privés et communautaires, à leur demande et sur leur financement des semences et des plants ainsi que d’un appui-conseil pour leurs projets de plantation ».
Deux jours après la signature des textes présidentiels les ministres de l’environnement et des finances ont publié un arrêté conjoint (arrêté n°1950) fixant les modalités d’exécution du plan de restructuration de l’ex-ONADEF. Cet arrêté est venu raviver les tensions perceptibles entre le ministre Sylvestre Naah Ondoa (environnement et des forêts) et le directeur général de l’ONADEF, M. Jean William Sollo. En réalité, le processus de restructuration débutait le 1er juillet 2002 et, en trois phases, il devait s’achever en décembre 2003 par la reconversion du personnel non retenu par l’ANAFOR. D’après l’article 3 de l’arrêté conjoint, ce travail est sensé se faire sous la conduite d’un comité de pilotage présidé par une personnalité désignée par les deux ministres. Le comité comprend en outre cinq membres permanents. A ce jour, la légalité du comité est contesté par le directeur général de l’ONADEF. M. Jean William Sollo estime qu’il est toujours le responsable en chef tant qu’il n’y a pas un décret présidentiel nommant quelqu’un d’autre. Du côté du comité de pilotage, on s’accroche aussi arguant que des décrets du 18 juin mettent fin à l’existence de l’ONADEF.
Dans cette bataille juridique, le personnel ne peut que payer les frais. Tous les projets confiés à l’ONADEF financés par la communauté financière internationale sont en veilleuse. L’argent n’aime pas le bruit comme on dit. Seul le projet SOLALA sur l’aménagement forestier basé à Akonolinga a pu bénéficier de l’appui de l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux). Et même jusque là, les financements accordés ne sont pas arrivés à destination parce qu’il y a un clair-obscur entre le directeur général et l’ex-ONADEF et le comité de pilotage.