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Diaspora-Bruxelles: l'Assistance Belge pour la Santé et le Développement en Afrique fait le bilan de 5 ans de travail
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Bruxelles, le 19 Avril 2004
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"...la ville de Douala est, par exemple, une ville excessivement sale. La nappe phréatique est polluée pour les prochains 400 ans..."
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Ce vendredi 16 Avril 2004, l'Assistance Belge pour la Santé et le Développement en Afrique (ABSDA) organisait une soirée de Gala précédéé d'une conférence de Presse dans la matinée, à l'hôtel CONRAD, Avenue Louise à Bruxelles. Le thème: La problématique du SIDA et de la santé en général en Afrique subsaharienne, était animé par des conférenciers tels que: Le Docteur Kouo Epa Solange (Conseiller OMS pour l'Afrique auprès de l'Union Européenne), le professeur Dewit (médécine interne à l'Universite Libre de Bruxelles (ULB)), Dr Gaby Nsakala (ONUSIDA), Mr Emile TAGNE (pharmacien)....

L'ABSDA qui a vu le jour il y a de cela 5 ans est présidée par le pharmacien Emile TAGNE. Elle s'active à travailler pour l'instant, dans l'Est du Cameroun. Il y a quelques années, cette région connaissait un taux de contamination de l'ordre de 8%. Aujourd'hui, il est de 30%, vue l'ouverture de cette région qui était jadis la moins désservie du Cameroun. D'après la pésentation de son président, l'ABSDAserait née de l'initiative de la diaspora camerounaise scientifique (médicale et paramédicale) de Belgique, soucieuse du devenir de leur pays et de l'Afrique.

La journée de vendredi etait riche en échanges et informations. Les differents médias de la place etaient représentés. La lutte contre le SIDA étant pluridisciplinaire, L'ABSDA travaille en collaboration avec des partenaires comme des firmes pharmaceutiques, l'UNICEF, la commune d'Ixelles, l'Association Royale de la Presse Europe, Durex, Crédit Agricole etc...

Mr TAGNE: "Nous intervenons dans des écoles, prisons et autres populations. Dans la province de l'Est, nous avons créé entre autres, un centre d'information, sous forme de bibliothèque ou tous les jeunes peuvent venir chercher la documentation adéquate... Beaucoup de choses font défaut tels les moyens de locomotion, des strutures qui permettent de travailler. Le manque de formation est assez tendencieux. Exemple, à l'Est ce sont des soeurs qui distribuent la tri-thérapie. C'est inacceptable de laisser des médicaments entre les mains des non professionnels, et ceci parce que le personnel qualifié fait défaut. Néanmoins il y'a un changement au niveau comportemental depuis que la campagne existe...

La population africaine en Europe est plus touchée par ce fléau que les autres. Il y'a une partie de cette population qui arrive ici sans papiers et a du mal à se rendre à l'hôpital de peur de se faire expulser. D'où l'intervention de certaines ASBL puisqu'il faut les protéger, sachant qu'une personne malade est source de contamination pour une personne saine. les gouvernements en sont conscients".


Peut-on savoir quels sont vos projets futurs ?

Mr TAGNE: "Nous travaillons pour la création d'un centre de tri thérapie, puis de la décentralisation de cette dernière (la Tri-thérapie). Nous travaillons pour la formation de personnes qualifiées pour dispenser cette tri-thérapie, et la construction de laboratoires pour faire les bons dosages et dépistages".


A la question de savoir si les maladies sont combatues de la même manière partout en Afrique, en comparent par exemple le cas du Cameroun et celui du Sénégal, le Dr Kouo répond:

Dr KOUO EPA Solange: "Au niveau de L'OMS oui. Parce que le rôle de l'OMS est de faire des politiques de santé au niveau mondial puis africain. Ensuite chaque pays est censé appliquer ce qu'on décide au plan mondial et au plan africain. Maintenant ça dépend de chaque pays. L'OMS a un représentant dans chaque pays du tiers monde. La polique de santé du pays intervient aussi. ça dépend donc du pays, du gouvernement camerounais, et du gouvernement du Sénégal, de la volonté du pays de faire avancer les choses en matière de santé. ça dépend de l'ambiance politique et du développement général. Dans un pays ou il y'a pas de developpement général la santé sera exactement au même niveau...

Nous n'avons pas fait le choix de former des gens; ce qui est très grave. La santé coûte très cher, et nous n'y avons pas suffisament investi. L'OMS recommande que le budget de la santé des pays soit autour de 10% du budget national, la vérité c'est qu'il n'y a pas beaucoup de pays d'Afrique qui atteignent ces 10%, il doit y en avoir que deux ou trois. Les autres tournent autour de 7 à 8% . L'OMS y insiste parce que la santé c'est la base de tout, si les gens ne sont pas en bonne santé, ils ne pourront pas travailler, et sans travail, pas de production, donc pas de développement...

D'autre part, on revoit la conception de la santé. Parce que pendant très logtemps on a conçu la santé comme l'Europe l'avait faite. Il y'avait le ministère de la santé qui faisait tout. Alors que la santé dans nos pays a des déterminants qui sont tout à fait en dehors de ce qui est purement santé, maladie. Par exemple la ville de Douala est une ville excessivement sale, la nappe phréatique est polluée pour les prochains 400 ans, ce qui est choquant. Tout simplement parce qu'on a gardé l'adduction d'eau faite par les colons, qui normalement déssert une population de 500.000 habitants. Or la population est supérieure à 2 millions. Alors les gens vont forer n'importe comment, contaminant ainsi cette nappe phréatique. Les maladies viennent aussi de là. Et là c'est pas le ministère de la santé qu'il faut regarder... C'est un effort global qu'il faut. Les initiatives sont les bienvenues".

Tous les intervenants ont insisté sur la prévention, qui passe par la protection.

Etaient présentes aussi, les différentes représentations diplomatiques du Royaume de Belgique, la classe politique (Joëlle Milquet, présidente nationale du CDH et députée fédérale (Bruxelles-Hal-Vilvorde)) et sa suite. Ainsi qu'évidemment le monde médical.

La partie show de la soirée était assurée par les sketches de Dieudonné Kabongo, la mode par le styliste KOKO, le rythme par Chantal Ayissi, Fayila du Congo Démocratique, les danseuses rwandaises, et la toute nouvelle Samantha, fin produit de Petit Pays.



Chantal EBOKO N.
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