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Mieux valait s’y prendre plus tôt. Quelques heures auparavant, peut-être. Avant
que son état de santé ne se dégrade. A défaut d’entendre cette voix rauque croiser cette moustache poivre sel de réputation, sur une des hauteurs de Yaoundé, à quelques pas du palais de l’Unité, il restait à espérer qu’il répondrait d’une manière ou d’une autre, à nos questions. Peine perdue. Et, c’est vrai, Claude Marti, presque octogénaire, est reparti du Cameroun “mal en point”.
Ce publicitaire était arrivé à Yaoundé, des semaines avant que le processus électoral ne s’emballe véritablement. Il n’était pas seul. Jean-Pierre Fleury, autre communicant, qui était censé quitter Yaoundé le week-end dernier, était de ce voyage électoral, où se mêlaient conseil en image, et en communication. Les deux Français, sont venus travailler sur les messages de campagne du candidat Paul Biya. Apparemment, leur rôle n’allait pas au-delà de cette tâche. Le président sortant, avait lui-même, selon de fiables sources, opéré certains arbitrages, entre le Cabinet civil, le ministère de la Communication, entre ceux qui souhaitaient qu’il "assume son bilan” et ceux qui suggéraient qu’il se "projette vers l’avenir". Résultat, un slogan très controversé: “Avec Paul Biya, le Cameroun des grandes ambitions”...
Les deux conseillers Français sont des habitués des palais présidentiels africains. Claude Marti, avait déjà donne des coups de mains à Eyadéma, Lansana Conté, Omar Bongo, Mahamane Ousmane, puis... Ibrahim Baré Maïnassana, avant de se déporter chez le général Robert Guéi. Le publicitaire, qui a été proche de François Mitterrand, a également confessé sa proximité avec Michel Rocard, ancien Premier ministre français, qui peut être reçu au Palais de l’Unité à l’avenant, est crédité de quelque rôle dans le dossier du pipeline Tchad-Cameroun, et dont un proche, Guy Carcasonne, constitutionnaliste et chroniqueur à l’hebdomadaire Le Point, est réputé avoir au moins “relu", les projets de texte sur la décentralisation, à un moment ou à un autre du processus d’élaboration des lois devant donner sens aux dispositions de la Constitution de 1996. Jusqu’à son plus récent séjour en terre camerounaise. Claude Marti n’était pas à proprement parler, un inconnu de Paul Biya. Au lendemain du coup d’état manqué d’avril 1984, il a pour tâche de sortir le président éprouvé des limites du ”triangle national”. Il y réussit apparemment. La légende rapporte que Paul Biya, lui confia alors: ”M. Marti, vous avez sauvé mon pays”. En décembre de la même année, le publicitaire s’investit dans la rédaction d’un discours du Chef de l’Etat camerounais, resté célèbre pour la formule: ”Le Cameroun sera uni, ou ne sera pas”. On retrouve le même Claude Marti lors du Congrès de 1’Unc à Bamenda en 1985;
Congrès qui porte sur les fonts baptismaux le Rassemblement démocratique du peuple camerounais , dénomination qui n’avait pas d’emblée fait l’unanimité parmi les participants au brainstorming de circonstance.
Le conseiller en communication, qui fut un moment, un des contacts de Kadhafi à Paris, a disparu des circuits de la présidence camerounaise, tout en revendiquant la mise sur pied d’une cellule de communication qu’il disait encore en service il y a trois ans.
Celui qui affirme toujours tenir compte des intérêts de la France dans ses activités, revient toutefois au Cameroun en 1998, pour s’“occuper“ de la Fondation Chantai Biya. Entre temps, Paul Biya a pu s’attacher, dès le milieu des années 80, les services de Jean-Pierre Fleury, président de Adefi-International, et grand ami de Jean-Christophe Mitterrand, fils de son père, et habitué des présidences africaines. Il est bien connu au Togo, en Côte d’Ivoire, au Congo. Cameroun, terre de disputes et de réconciliation entre communicants: hier concurrents, Claude Marti et Jean-Pierre Fleury ont été tous deux à contribution pour la campagne électorale de Paul Biya.
Il n’y aura donc pas eu de Jacques Seguela. Le célèbre publicitaire tient sa réputation en France au slogan ”La force tranquille”, qui avait accompagné François Mitterrand dans la campagne à la faveur de laquelle il s’installait à l’Elysée en 1981. Conseiller en communication plus tard de Paul Biya, on lui doit notamment la formule ”L’homme-lion", qui rythma, dans une ambiance de relative controverse, la campagne électorale de 1992.
Toute aussi vaine aura été l’expectative de ceux qui annonçaient pour la campagne de l’élection du 11 octobre, la trace de Thierry Saussez, président de Image et Stratégies. proche de Nicolas Sarkozy, actuel ministre d’Etat chargé de l'Economie et des Finances, actuel n02 du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, futur chef de l’Union pour une majorité populaire (Ump), et déjà présidentiable, en attendant 2007.
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