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Gouvernement: La répartition du gâteau national déséquilibre le Centre
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13-DEC-2004
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Le Littoral se réjouit - SUD: Zoétélé ou la part du Lion...
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Tous les départements de la province n’ont pas eu droit à un traitement de faveur. La Mefou et Afamba lésée par Paul Biya

Le gouvernement des grandes ambitions est finalement tombé. Et dans le casting opéré par le chef de l’Etat sur proposition du Premier ministre chef du gouvernement”, la province du Centre, siège des institutions, ne s’en sort pas particulièrement bien.

Dans le Mfoundi, Martin Aristide Okouda (ministre des Travaux publics), Philippe Mbarga Mboa (ministre des Sports et de l'Education physique) restent aux affaires.
La Mefou et Afamba est désormais représentée par Luc Magloire Mbarga Atangana, nouveau ministre du Commerce et Lucie Abéna, secrétaire d’Etat. Mais, les départs croisés de Roger Melingui et de Dieudonné Ambassa Zang ressemblent à des purges. De fait, les ci-devant ex ministres des Travaux publics et délégué à l'Economie et des Finances chargés du Budget doivent leur limogeage aux querelles Intestines qu’ils ont, selon des Indiscrétions dignes de foi, si souvent entretenues dans leur fief respectif. Dans la Mefou et Afamba Nord (Esse, Awae...), dont Il est originaire, Il était reproché à Roger Melingui, ses dérives égotistes qui ne favorisaient pas toujours le consensus dans la région. Région qui, depuis le revirement spectaculaire de Valère Abanda Metogo (le leader naturel des Mvele), dont le départ de l’Undp, avec ses nombreux partisans pour le Rdpc, ne constituait vraiment plus une menace pour le Renouveau. Le Renouveau qui n’a pas hésité à priver les Mvele de l’unique ministre qu’ils n’aient jamais eu. L’arrondissement de Mfou, chef-lieu du département de la Mefou et Afamba qui est resté jusqu’au dernier gouvernement unique, pourvoyeur de ministres, n’a plus aucun de ses fils au gouvernement. Dieudonné Ambassa Zang (un Mvog Owona Ndzouli) n’ayant pas su faire l’affaire aux plans politique et managérial avait eu la maladresse de concentrer ses actions de développement sur la ville de Mfou et environs, le président de la République a jeté son dévolu sur Luc Magloire Mbarga Atangana. Aux Mvog Mane de Nsazomo, petit village sis près de Nkoabang dans le district de Nkolafamba, il incombe, désormais, la lourde tâche de réconcilier les éléphants de la section Rdpc de la Mefou et Afamba Sud à Zambo Ntoumba, Sylvestre Naah Ondoa, Dieudonné Ambassa Zang... qui n’hésitaient jamais, une seconde àse faire la guerre. Une tâche à laquelle sa très longue expatriation le prédispose, son séjour en France l’ayant mis à l’abri des intrigues.
Dans le département de la Haute Sanaga, des arguments de même nature semblent avoir présidé au choix de Bernard Messengue Avom comme ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l'Economie sociale et de l’Artisanat, en lieu et place d'Antoine Zanga. Car, dans le département d’origine de la Première dame camerounaise, toutes les chroniques n’étalent plus désormais alimentées que par les querelles politiques que se livraient l’éphémère ministre des Postes et, Télécommunications et Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, tous deux originaires de l’arrondissement de Nanga Eboko. Querelles dont n’avalent plus besoin un département parmi les plus déshérités de la République. Et c’est désormais, à un ressortissant Bamvele de Minta, que revient la charge d’apaiser les tensions politiques que ses deux prédécesseurs au gouvernement n’ont fait que surchauffer.
A l’abri des querelles intestines d’envergure, le département de la Mefou et Akono a été très peu affecté par le dernier remaniement. Pour conduire ses grandes ambitions, Paul Biya a refait confiance à Jean Marie Atangana Mebara maintenu ministre d’Etat secrétaire général à la Présidence de la République. Et a confié à Suzanne Mbomback, la place laissée vacante par Cécile Bomba Nkollo, originaire comme elle, du département de la Mefou et Akono. Problème : tout comme Cécile Bomba Nkollo, épouse d’un originaire du département du Mfoundi, comme Mbomback est la veuve d’un Maka de la province de l'Est. Petit détail que beaucoup’ à Ngoumou et alentours ne négligent pas.

Dans les autres départements de la province du Centre (Nyong et Kelle, Mbam et Inoubou, Nyong et So’o, Nyong et Mfoumou, Lekié), ce n’est pas le grand chamboulement.

Frédéric Augustin Kodock, Catherine Bakang Mbock, Justin Ndioro, Louis Marie Abogo Nkono, Grégoire Owona, Urbain Olanguena Awono, Robert Nkili, restent dans le sérail. Mieux, le département de la Lekié, pour son soutien actif au parti au pouvoir, enregistre, pour Compenser le départ d’un secrétaire d’Etat, André Tsala Messi, l'arrivée de deux ministres délégués: Henri Engoulou et Jean Claude Etogo. Le Mbam et Kim, longtemps oublié par le Renouveau, voit enfin un de ses fils (c’est certes le même) accéder à une haute fonction. René Sadi, un Babouté du très enclavé arrondissement de Yoko, est, en effet, depuis le 08 décembre dernier, l’un des deux secrétaires généraux adjoints de la présidence de la République. C’est déjà ça dit-on à Ntui.

FRANCK BERTRAND BÉNÉ


Le Littoral se réjouit

A la distribution des bonbons électoraux, les observateurs se plient à l’exercice, désormais traditionnel, de décryptage tribal des postes attribués. Tout dans la tribu, et rien au fond, dans l’orientation politique. Alors, il faut s’essayer à ce sport peu démocratique devenu incontournable dans “l’analyse” de la vie politique nationale.

Dans le Littoral quatre départements et quatre ministres. On ne fait pas mieux, semble-t-il, au royaume du Renouveau, devenu celui des grandes ambitions. Ainsi, le Wouri aura-t-il son ministre en la personne du fidèle des fidèles de Paul Biya, le ministre, Laurent Esso, qui quitte la Défense pour les Relations extérieures. Confirmant ainsi qu’il aura fait le tour des grands ministères (Santé, Défense, Justice). Le voici chargé de mener la diplomatie, un ministère où le président de la République garde une haute main comme pour le ministère délégué de la Défense. Son ami et compagnon de route, Léopold Ferdinand Oyono, ancien diplomate, y garde une haute main et fait partie de toutes les missions présidentielles d’envergure. Laurent Esso a toujours été chargé de la gestion de grands départements ministériels, sans avoir jamais été ministre d’Etat. il a succédé à Maître Moutomé dans la gestion juridique du dossier Bakassi à la Cour internationale de La Haye, il va devoir, aujourd'hui, concrétiser le verdict rendu en faveur du Cameroun par une bataille diplomatique, pour parvenir à la rétrocession de ce territoire camerounais. S’il a une présomption de compétence qui le suit, depuis le temps où il était jeune magistrat réputé incorruptible, il va devoir se muer en diplomate chevronné pour ajouter à son expérience une capacité de lobbying sur la scène internationale, indispensable pour assurer une victoire définitive sur le dossier de Bakassi.

Dans le Nkam, se confirme la position de Pierre Moukoko Mbonjo devenu ministre de la Communication, il se voit confié la gestion d’un département
ministériel sensible celui de la Communication, qui a la lourde responsabilité de préserver l’image du Cameroun, en toutes circonstances et en tous lieux. Sa nomination le conforte dans la position de baron politique du Nkam, où les contestations de ces rivaux sur sa position, n’ont pas réussi à lui ôter la confiance du chef de l’Etat. On attendait beaucoup de la composition du nouveau gouvernement pour vérifier si ce tout jeune quinquagénaire allait quitter les arcanes du pouvoir avec le départ de Peter Mafany Musongè. Il sera resté longtemps à la Primature où il a servi, tour à tour, Sadou Hayatou et Peter Mafany Musongè. Cette longévité le crédite d’une grande expérience de grand commis de l’Etat, après avoir fait ses classes à l’Igéra, puis au service du courrier de la présidence de la République.

La Sanaga maritime voit son ministre renforcé en héritant du ministère de l’Education nationale dans son aspect le plus large.

Du petit strapontin de ministre en charge de l’Enseignement technique, voici Louis Bapès Bapès propulsé au rang de successeur de Joseph Owona.

L’homme qui a commencé à redresser le niveau des examens officiels dans l’enseignement secondaire. Louis Bapès Bapès, militant du Rdpc et membre du comité central, affectueusement appelé “Tonton Bapès”, voit, lui aussi, sa confirmation dans la Sanaga maritime comme un baobab politique à la tète d’un gros ministère, successeur lointain de son parrain, Joseph Mboui.

Quant à Siegfried Etamé Massoma, qui a atterri à la Jeunesse et aux Sports il y a quelques mois, pour remplacer son prédécesseur, décrié par la presse spécialisée, Pierre Bidoung Mkpatt, n’aura pas mis bien longtemps à ce poste. il va se consacrer au Contrôle de l’Etat, un département qui a perdu de sa force, tant l’impunité qui règne ‘au sommet de l’Etat a créé des zones interdites et de non droit, qui ont enlevé au contrôle de l’Etat toute sa force. Le clientélisme politique a entretenu la corruption et mis quelques privilégiés à l’abri de poursuites judiciaires. Dans ces conditions, l’homme le plus intègre du Cameroun, placé à son poste, ne pouffait que faire sourire, tant que le système de gestion des ressources de l’Etat n’aura pas fondamentalement changé. Alors ce ministre du Moungo, sorti de sa retraite, se retrouve dans une voie de garage. La présidence de la République garde la haute main sur les suites à donner sur d’éventuelles suites de personnalités épinglées. On en a même parfois retrouvé certains qui obtenaient une promotion dans la hiérarchie de l’administration après avoir été épinglé par des contrôleurs.

Dans l’ensemble donc, et au regard de la conduite de la politique nationale, le Littoral peut se réjouir de son sort. Personne n’a été oublié. Sauf que la question fondamentale de la composition d’un gouvernement reste son efficacité pour tous les Camerounais et pour le Cameroun et non point le satisfecit des cercles ethniques. Le Ngondo s’était prononcé en faveur du candidat Paul Biya, comme étant celui qui dispose le plus d’atouts pour exprimer le refus de son soutien à ses fils dans le Moungo, le Nkam et le Wouri, qui étaient également candidats, il doit être satisfait. Nos confrères ont rapporté le moment de tristesse qui a envahi Deido lorsque l’on a omis, par erreur, de lire le nom de Laurent Esso à la radio, au moment de l’annonce du gouverneur, mercredi dernier. C’est dire si les noms ont été passés à la loupe. Aujourd’hui, on attend la suite des événements et la nomination éventuels des ressortissants du Littoral. Si les ressortissants du Littoral attendaient davantage de postes, ils seront déçus. On a maintenu ceux qui étaient là. Sans plus. C’est déjà suffisant dans un espace étroit où se disputent politiques, technocrates et personnalités diverses. Ce qui semble avoir prévalu finalement dans le cas du Littoral, c’est le maintien des technocrates connus et expérimentés, et déjà membres appréciés du sérail pour les cas de Esso et de Moukoko Mbonjo, puis une montée en puissance d’un homme de terrain du parti au pouvoir, Bapès Bapès. Rien de nouveau décidément sous le ciel encombré du Renouveau; pardon, “des grandes ambitions”.

HENRIETTE EKWE

SUD: Zoétélé ou la part du lion

Avec trois de ses fils qui, désormais, s’occupent de deux domaines de souveraineté, Cet arrondissement acquiert une visibilité certaine sur l’échiquier politique.

Il s’agit effectivement d’un événement dans l’arrondissement d’origine du groupe musical Richard Band. Deux domaines de souveraineté - la sécurité et l’économie - tombent dans l’escarcelle de Zoétélé. Administrateurs civils de formation, Rémy Ze Meka hérite de la Défense, tandis que Edgar Alain Mebe Ngo’o s’occupera désormais de la Sûreté nationale.

A Polycarpe Abah Abah revient le département de l'Economie et des Finances. Une première pour les Fong, minoritaires qu’ils sont dans ce glacis bulu qu’est le Dja et Lobo. D’autant que cela déséquilibre, probablement pour la première fois, la donne ministérielle en leur faveur.

En effet, Gervais Mendo Ze de l'ethnie bulu, qui remplace numériquement Michel Meva’a m’Eboutou qui officiait aux Finances et au Budget, ne s’en tire qu’avec un statut de ministre délégué. Situation identique sur le plan numérique dans le département de l’Océan, dans la mesure où Jules Doret Ndongo, le nouveau secrétaire général des services du Premier ministre, se substitue à Joseph Owona jusque là à la tête du ministère de l’Education nationale.

Rapporté à l’échelle provinciale, l’équilibre ethnique est rétabli. Ferdinand Léopold Oyono et Jacques Fame Ndongo - originaires de la Mvila - venant en renfort de l’ex - directeur général de la Crtv pourcontrebalancer l'hégémonie fong. Le département d’origine de Paul Biya s’en tire plutôt bien avec quatre postes. Absente de la dernière équipe Musongè, la Vallée du Ntem ne boude certainement pas son plaisir avec le retour de Emmanuel Edou (ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation). Son score lors de la récente présidentielle - 98,47%, juste derrière le Dja et Lobo (99,73%) - étant probablement pour beaucoup.

Bien qu’ayant pour l’essentiel conservé ses acquis, la Mvila a enregistré une perte considérable avec le décès de René Owona. Un départ qui n’a, pour le moment pas été compensé.

OMER NBADI OTABELA

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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