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VIH-Contamination en masse: Un prof donne le Sida à 30 élèves
Le Messager
Le 4 Fevrier 2005
© Roland TSAPI | Le Messager
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Un ancien surveillant aujourd’hui malade de Sida aurait contaminé plus d’une trentaine d’élèves avant d’être viré de l’établissement.
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Le mouvement d’humeur qui a eu lieu au Collège Martin Luther King de Bafoussam le mardi 1er février, suite à l’hospitalisation de l’élève Essoka Christelle, victime de la bastonnade du principal Niseko Roland n’était en réalité que la partie visible de l’immense iceberg tapis dans la mer du Collège peuplé de près de 4 000 élèves. En effet, dans leur mouvement, les élèves ne cessaient de prononcer ces mots “ Cette histoire de Sida, on va voir ”. Ces mots prononcés de manière anodine ont à peine retenu l’attention des reporters, alors que les élèves se soulevaient plus pour “ cette histoire ” de Sida que pour l’élève hospitalisée.

Depuis le 23 janvier en effet, régnait une psychose au sein de l’établissement, suite à une rumeur selon laquelle l’ex-surveillant de secteur Ngompé Ronsard, issu de la famille royale Bafoussam aurait, pendant qu’il était encore en service, contaminé au moins une trentaine d’élèves filles qu’il violait ou obligeait à coucher avec lui sans protection dans son bureau alors qu’il connaissait très bien que son statut sérologique était positif.


La mort de madame Ngompé comme déclic

Le 23 janvier était en effet inhumée dans la concession conjugale au quartier Houka, l’épouse de Ngompé, morte dans des circonstances troubles deux jours plutôt soit le vendredi 21 janvier au petit matin. Des témoignages concordants font état de la bonne santé de cette femme la veille de son décès, quand elle a participé à une réunion qui se tient tous les jours au “ petit marché ” de Bafoussam. Ces mêmes sources affirment avec une certaine assurance que madame Ngompé s’est, en réalité suicidée, après s’être rendu compte que son mari malade de Sida avait aussi couché avec sa petite sœur que le couple hébergeait. Il se dit qu’elle n’aurait pas supporté que Ronsard Ngompé ne lui ait pas seulement donné la maladie, mais qu’il ait aussi inoculé le virus à sa petite sœur.
Selon une source anonyme qui connaît bien la famille, monsieur Ngompé, lors de l’inhumation de sa femme aurait répondu à sa belle-famille qui menaçait de “ finir avec lui ” pour avoir contaminé deux de leurs filles : “ Vous pleurez pour vos deux filles, vous voulez que la trentaine de filles que j’ai contaminées à Martin Luther fassent comment ? ”. Très rapidement, la nouvelle s’est répandue d’abord en sourdine et de plus en plus à haute voix et aujourd’hui anime toutes les conversations à Bafoussam. La psychose de la contamination est désormais installée au sein du Collège Martin Luther King où tout le monde se sent concerné : élèves, professeurs, surveillants, bref toute la population du Collège. Il faut dire que la moyenne d’âge dans ce Collège est de 22 ans et comme le dit un enseignant qui a requis l’anonymat “ entre les élèves c’est la fornication totale ”. Par transitivité, la rumeur bien entretenue fait état d’aujourd’hui de près de 200 élèves qui seraient contaminés dans la chaîne. Les responsables qui courent après les filles des Lycées et Collèges ne sont pas épargnés et par ricochet leurs femmes. Le problème est d’autant plus sérieux qu’aucun élève de ce Collège n’a jamais voulu se faire dépister malgré les séances de dépistage gratuit constamment organisées au sein du Collège. Et la dépravation serait tellement poussée au sein du Collège que tout un pavillon qui abrite les salles de classe de sections Industrie d’habillement (Ih) et Commercial (G1, G2 …) dont la population est essentiellement féminine a été baptisé “ rue de la joie ”.


Le faux-fuyant des responsables

Le fondateur du Collège qui n’est autre que Maître Nanfack que nous avons rencontré au sein de l’établissement feint de ne rien savoir de tout cela. Pourtant quand nous lui posons la question de savoir ce qu’il en est de cette rumeur de contamination massive, il marque un temps d’arrêt, soupire et fait appel à un responsable qui l’accompagnait dans une tournée dans les salles de classe pour “ une prise de contact. ” “ Nous ne sommes au courant de rien, il y a un monsieur (le surveillant Ngompé ndlr) de qui nous nous sommes séparés il y a trois ans, à cause des dossiers d’examen d’un élève qu’il a mal diligenté. Il n’y a jamais eu de cas de viol, ce n’est d’ailleurs pas possible parce que tous les surveillants sont dans un hall (baptisé Pentagone par les élèves ndlr) si ce monsieur est malade aujourd’hui nous n’en savons rien ”, nous a confié Maître Nanfack entouré de deux responsables du Collège. Tout porte pourtant à croire que Maître Nanfack est parfaitement au courant de l’histoire depuis le début. A preuve, il se dit que le surveillant Ngompé qui a été mis à la porte à cause d’un “ dossier mal diligenté ” avait en réalité fait l’objet de plusieurs conseils de discipline suite à ses ébats amoureux dans le bureau, ébruité par les élèves. Et comme aucune preuve palpable ne pouvait être apportée, son appartenance à la famille royale aidant aussi, il n’était pas aisé de le mettre à la porte.

Le “ dossier mal diligenté ” n’a donc été que le prétexte tant rêvé par le maître des lieux pour se débarrasser du “ charmant Ronsard. ” De même, c’est à la suite de ses frasques dans les bureaux que la décision de sortir les surveillants de secteur des bureaux pour les mettre dans un hall a été prise du temps du principal Djouaka Paul affecté depuis 2004 à l’Institut Nanfack de Douala. Plus grave, lors du mouvement d’humeur du mardi 1er février, quand les élèves ont commencé à dire qu’il faut voir cette affaire de Sida, le fondateur aurait coopté les meneurs du mouvement à qui il aurait offert 40 000 f chacun pour les faire taire. Et sa tournée hier dans les classes participait de son action pour rassurer les élèves et apaiser la psychose de la contamination qui pèse sur le collège.


On m’a fait ça au village

Ainsi pourrait-on résumer la réaction de l’ex-surveillant Ngompé Ronsard que nous avons réussi à lever de son lit de malade à son domicile au quartier Houka. “ Il y a un moment où tout vous tombe sur la tête. Je peux dire sans me glorifier que j’ai quand même réussi des exploits dans ma vie, j’ai même acheté des voitures. Si je suis aujourd’hui dans cet état (de maladie ndlr) vous qui êtes des hommes vous comprenez que ça arrive ”, nous dit-il en substance pour justifier tous les malheurs qui lui tombent sur la tête. Il avoue que comme tout homme, il a eu à entretenir des relations avec “ quelques ” élèves mais nie l’avoir jamais fait dans son bureau. Il affirme également avoir été ignorant de son statut sérologique jusqu’il y a 6 mois quand il a commencé à faire la maladie.

Affirmation contredite par une source bien informée selon laquelle Ronsard Ngompé était bien au courant de son statut après une hospitalisation en 2002. Sorti de l’hôpital d’où il avait été mis au courant qu’il était séropositif, il a encore passé 6 mois à Martin Luther, temps pendant lequel il aurait multiplié ses relations sexuelles non protégées cette fois par pure méchanceté. Il nie aussi avoir violé sa belle sœur et dit que sa femme est morte ensorcelée.

A l’en croire, il y a un mauvais sort qui lui a été jeté qui entraîne tous ces malheurs : perte de travail, séjour en prison, maladie, perte de sa femme, fausse accusation. “ Un deuil est même annoncé dans ma famille ” ajoute-t-il, avant de nous informer que demain samedi, il y a un grand sacrifice au cours duquel trois chèvres vont être tuées. “ Sinon je vais aussi perdre ces enfants que ma femme m’a laissés. ” Malgré la perte considérable de poids, Ronsard (Les Amours) reste tout de même optimiste eu égard non seulement aux multiples sacrifices mais aussi dit-il aux “ progrès de la science. Ne soyez pas surpris qu’en revenant ici un jour je vous donne un résultat (de test ndlr) négatif. Il faut rassurer les élèves de Martin Luther que rien de tout ce qu’on raconte n’est vrai ” dit-il pour finir. Il se raconte pourtant que sentant la mort venir, Ronsard a écrit son testament dans lequel il avoue non seulement son forfait au collège mais aussi avoir contaminé 8 femmes mariées au quartier.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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