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Le sujet est, entre autres, au centre de l’atelier de validation des positions de négociations Ape Afrique centrale-Union européenne. La rencontre s’est ouverte hier à Yaoundé, sous les auspices du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Louis Paul Moutazé en a souligné l’importance pour dire qu’il espère “qu’à l’issue des travaux, la position officielle du gouvernement sera dégagée et que ce processus débouchera sur un Accord gagnant-gagnant pour les deux parties”.
C’est donc un rendez-vous sinon crucial, du moins déterminant pour la suite de ces négociations qui, depuis quelques années, font l’actualité économique entre les pays Afrique Caraïbe Pacifique et l’Union européenne.
L’ultime round des négociations se joue à Bruxelles dans trois semaines.
Le Cameroun et l’Afrique centrale se doivent d’arrêter définitivement une position par rapport à la signature ou non de l’Accord de partenariat économique (Ape). Cette position était déjà presque esquissée en juillet dernier, à l’issue de la concertation régionale qui avait réuni, à Yaoundé, les négociateurs de l’Union européenne et ceux de la zone Cemac. Mais, entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. L’Union européenne semble ne plus être disposée à accepter le principe d’inclure dans le texte de l’Accord la création du Fonds régional Ape.
C’est une sorte d’instrument que la partie Afrique Caraïbe Pacifique, inquiète des risques que peut engendrer le démantèlement des barrières douanières, avait exigé comme préalable pour financer les pertes de recettes douanières et le renforcement des capacités des pays Acp. Le principe semblait acquis. Un document d’orientation générale de cette dimension développement avait même déjà été élaboré. Mais au cours d’une concertation tenue le 28 septembre, à Kinshassa, en Rdc, les négociateurs de l’Union européenne ont présenté un autre projet de texte qui, faisant fi de la version précédemment conçue, ne prend pas en compte la partie consacrée au renforcement des capacités et à la mise à niveau des économies pauvres d’Afrique et d’ailleurs.
Autrement dit, l’Union européenne refuse de s’engager juridiquement sur ces aspects délicats. Et, par conséquent, souhaiterait que les Ape, qui entrent en principe en vigueur dès janvier, restent des accords purement commerciaux qui engagent les partenaires africains - ils ne sont manifestement pas prêts - dans une logique libérale où chacun se la joue à qui mieux-mieux. Les négociateurs de l’Afrique de l’Ouest dénoncent ce qu’ils considèrent comme de la mauvaise foi. Ils ont déjà clairement signifié qu’ils ne signeront pas cet accord tant que la dimension développement de leurs pays ne sera pas clarifiée. Le Cameroun et l’Afrique centrale, par rapport à cette nouvelle donne, sont face à leurs responsabilités.
David Atemkeng
Accord de partenariat économique: Les industriels africains contre la signature
Près d’une centaine d’industriels d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont déjà signé la pétition contre l’Accord de partenariat économique (Ape) lancée par l’Association industrielle africaine (Aia).
L’Association industrielle africaine est résolument engagée à boycotter la signature de l’Accord de partenariat économique. Après plusieurs sonnettes d’alarme tirées au sujet de la nocivité de cet accord pour les économies émergentes, mais restées inopérantes jusqu’ici, l’Aia a décidé de passer à la vitesse supérieure. Au regard des délais qui se rétrécissent davantage. C’est ce qui explique cette pétition lancée depuis le 4 octobre et qui, en peu de temps, a reçu un avis favorable d’une centaine de signatures d’industriels africains issus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du centre. Entre autres, la Côte d’Ivoire, la Rdc, le Burkina Faso, le Sénégal, Madagascar, le Mali, le Cameroun, etc.
Concernant le Cameroun, en effet, les sociétés déjà signataires de ce pamphlet sont La Pasta, Golden Flour Factory, Panzani, Sitrabcam, Smasa, Plasticam. “ Nous sommes surpris d’avoir recueilli aussi rapidement autant de signatures d’industriels africains d’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Ceci montre bien l’énorme inquiétude des acteurs locaux face à la perspective d’un libre échange entre l’Europe et nos régions. Ce sentiment est partagé par d’autres organisations d’industriels africains sur d’autres parties du continent et ne doit plus être ignoré par les négociateurs ”, déclare Pierre Magne, le président de l’Aia.
Les signataires rejettent l’Ape tel que proposé par l’Union européenne (Ue), notamment le principe d’une ouverture réciproque des marchés entre celle-ci et les différentes régions africaines. Pour eux, la conclusion des Ape, prévue fin 2007, dans les termes envisagés, aurait pour conséquence la disparition des industries africaines. Ces industries sont souvent naissantes et fragiles, mais elles sont aussi un facteur essentiel de création de richesses et d’emplois sur le continent. Les industriels africains signataires de la pétition exigent “ que les négociations globales et les approches sectorielles tiennent compte du déséquilibre entre l’Ue et l’Afrique ”. Ils demandent le maintien de l’asymétrie des relations commerciales, une aide pour la mise à niveau des économies africaines et un appui pour favoriser le fonctionnement effectif de l’intégration régionale et l’investissement, notamment privé.
Par ailleurs, ils souhaitent que les négociations débouchent sur un partenariat entre l’Afrique et l’Ue qui contribue au développement du fort potentiel de l’industrie africaine en gestation, à travers la mise en œuvre d’un “ traitement spécial et différencié ”. “ Les termes actuels de ces accords ne laissent présager rien de positif pour le développement des industries africaines et la création de l’emploi dans nos pays. S’ils ne sont pas profondément modifiés, nous allons voir disparaître les secteurs industriels en Afrique les uns après les autres. Les décideurs politiques africains et européens savent que nous ne pouvons pas réellement faire face à la concurrence et à la puissance des industriels européens. Nous les supplions de négocier un accord crédible, basé sur une stratégie ‘’gagnant/gagnant’’ qui offre de véritables perspectives à l’Afrique ”, conclut Pierre Magne. Dans l’ensemble, les industriels sont fermement opposés à l’Ape en sa forme actuelle et promettent de tout faire pour faire entendre leur voix.
Hervé B.ENDONG
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