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Commission de l'Union africaine : M. Jean Ping candidat de l’Afrique centrale
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YAOUNDE - 19 DECEMBRE 2007
© Innocent Ebodé | Repères
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Un lobbying destiné à faire élire le 2 février 2008 à Addis-Abeba (Ethiopie) M. Jean Ping, vice-premier ministre gabonais chargé des Affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, prend progressivement corps dans la sous -région. C'est le sens de la rencontre que l'ambassade du Gabon au Cameroun a organisée avec la presse le 7 décembre 2007.
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L'Afrique centrale met les bouchées doubles pour hisser un de ses ressortissants à la présidence de la Commission de l'Union africaine. Le groupe des ambassadeurs de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), à l'occasion des entretiens avec les hommes de médias, entendaient faire la démonstration d'une union sacrée autour du candidat Ping. La démarche des diplomates s'inscrivait en droite ligne des recommandations de la 13e Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEEAC le 30 octobre 2007 à Brazzaville (Congo) : le soutien à l'unanimité de la candidature de M. Jean Ping. Même s'il y a une voix discordante, celle du Burundi qui présente un candidat.

A en croire les diplomates de la CEEAC accrédités à Yaoundé, les atouts et les chances du candidat Ping sont considérables : 16 pays de la CEEAC ont confirmé leur soutien. Ce ne serait pas négligeable. Sa grande expérience accumulée depuis des décennies dans les hautes sphères de l'Etat gabonais pourraient influer en sa faveur, le cours des choses. Sa connaissance intime des relations internationales est un atout non négligeable. Il a par exemple été le président de la 59e Assemblée générale des Nations unies.

Autre argument potentiellement décisif, c'est le président Bongo. Son aura, son charisme, son influence auprès des chancelleries africaines sont susceptibles de doper les chances d'élection de M. Ping. 40 ans de pouvoir ont permis à M. Bongo d'asseoir une audience certaine dans l'ensemble du continent. L'ambassadeur du Gabon semble persuadé de l'efficacité de l'entregent reconnu du président gabonais. M. Michel Madoungou rappelle que " M. Ping est l'un des plus proches collaborateurs de M. Bongo. Le président en le choisissant était bien conscient qu'il mettait à la disposition de l'Afrique un homme de qualité capable d'aider à relever les nombreux défis de notre continent ".

Mais, si les observateurs reconnaissent en M. Ping un homme de valeur, reste que des infidélités de dernière minute peuvent fragiliser sa candidature. L'Afrique centrale est connue pour ses incohérences et ses sons de cloche dissonants. Elle affiche à certaines occasions une unité de façade qui se fissure quelquefois pour des raisons égoïstes chargées de préférence nationale. Cette fois-ci, les plénipotentiaires de la CEEAC croient dur comme fer que les chefs d'Etat vont faire bloc derrière M. Ping, que les antagonismes habituels vont être exorcisés.
Pour ce qui est du Cameroun, aucune indication officielle ne permet de garantir dans l'absolu le soutien de son gouvernement. M. Madoungou se contente de se nourrir d'espoir en s'accrochant sur le communiqué final du sommet de Brazzaville : " Le Cameroun, par la voix du Premier ministre Ephraim Inoni, est solidaire comme l'ensemble des pays de la CEEAC, de la candidature de M. Ping. Il est signataire du communiqué final du sommet d'octobre 2007 à Brazzaville, qui allait dans ce sens. "

Le candidat de la CEEAC peut également buter sur le débat qui a eu cours il y a quelques années sur la nécessité pour le président de la Commission de l'Union africaine d'être un ancien chef d'Etat afin de ne pas faire profil bas devant ses interlocuteurs chefs d'Etat. Cette considération avait prévalu pour disqualifier M. Amara Essy, ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères au profit de M. Alpha Omar Konaré, ancien président du Mali, et actuel président sortant de la Commission de l'Union africaine. Si ce principe s'appliquait dans le cas de figure en cours, M. Cassam Uteem, ancien président de l'Ile Maurice, aurait plus de chance de l'emporter face au vice-premier ministre Ping. Le groupe des ambassadeurs de la CEEAC accrédité à Yaoundé, estime qu'il ne s'agit pas d'un principe immuable. D'autant que, au temps de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), les secrétaires généraux étaient presque tous d'anciens ministres. L'Afrique centrale espère un retour à la tradition. Depuis environ 31 ans, un ressortissant de l'Afrique centrale n'a plus dirigé l'institution panafricaine. D'ailleurs, seuls des Camerounais ont eu cet honneur : M. Joseph Nzo Ekangaki (1973-1974) et M. Aurélien Etéki Mboumoua (1974-1978).

Les six candidats

Antoinette Batumubwira
ministre des Relations extérieures (Burundi, 51ans)

Abdulai Osman Conteh
ancien vice-président de la République (Sierra Leone)

Barnabas Sibusiso Dlamini
ancien premier ministre (Swaziland, 65 ans)

Inonge M.-Lewanika
ambassadeur aux Etats-Unis (Zambie)

Jean Ping
ministre de Affaires étrangères (Gabon, 65 ans)

Cassam Uteem
ancien président de la République (Ile Maurice,64 ans)

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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