Les deux décrets n’ont été lus qu’à la fin du journal parlé de 20 heures sur la Crtv mercredi dernier. Et depuis plus rien. Tous deux portaient sur la nomination par le président de la République d’ambassadeurs, représentants résidents du Cameroun au siège de l’Organisation des nations Unies à New York aux Etats-Unis d’Amérique et auprès de sa représentation de Genève en Suisse. Tous ces décrets avaient trait au remplacement d’un seul homme : Martin Belinga Eboutou qui cumulait ces postes, en même temps qu’il était ambassadeur du Cameroun en Jamaïque. Des fonctions qu’il occupait ainsi depuis 1997.
Sa dernière apparition officielle remonte au vendredi 14 décembre dernier, quant aux côtés de Henri Eyebe Ayissi le ministre des Relations extérieures, il a fait partie de la délégation camerounaise qui a pris part à la deuxième session de la Commission ad hoc Cameroun Guinée Equatoriale sur le tracé de la frontière maritime entre les deux pays. C’est en sa qualité d’ambassadeur, représentant permanent du Cameroun auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York que Martin Belinga Eboutou a assisté à ces travaux.
Une présence qui se justifie par le fait que les travaux de cette Commission s’appuient sur un ensemble de textes dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 et la jurisprudence internationale.
S’il est difficile pour l’instant d’évoquer les raisons du départ de l’Onu de Martin Belinga Eboutou qui apparaissait jusque-là comme proche des milieux du pouvoir à Yaoundé, on se souvient tout de même que ce diplomate de carrière qui fut du 19 septembre 1996 au 8 décembre 1997 directeur du Cabinet civil de la présidence de la République, une fonction que cet habitué des cumuls exerçait avec celle de chef du protocole d’Etat dans les mêmes services a également été membre de la Commission mixte Cameroun Nigeria, mise sur pied après le jugement rendu par la Cour internationale de Justice de La Haye le 10 octobre 2002 en faveur du Cameroun sur la péninsule de Bakassi. Son passage à New York avait coïncidé avec la présidence camerounaise du Conseil de sécurité de l’Onu en février 2003, lors des fameuses discussions qui aboutirent à la deuxième guerre d’Irak.
Martin Belinga Eboutou est remplacé dans ses fonctions à New York par Michel Tommo Monthé, un autre diplomate de formation qui a longtemps occupé les fonctions d’inspecteur général avant d’être désigné secrétaire général par intérim du ministère des Relations extérieures (Minrex) à Yaoundé. Une ville de New York et un siège de l’Organisation des Nations Unies (Onu) que ce ministre plénipotentiaire connaît bien. Michel Tommo Monthé y a en effet travaillé dès son départ des services centraux du ministère des Relations extérieures et on l’a retrouvé dans le bureau de la 59ème session générale de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2004 où il était en charge des questions des réformes. La représentation du Cameroun à Genève en Suisse où trônait également Martin Belinga Eboutou échoit désormais à Anatole Marie Nkou. Reste une interrogation, c’est la situation de l’ambassade du Cameroun en Jamaïque, un poste qu’occupe encore en principe Martin Belinga Eboutou quand on sait que son titulaire n’a jamais résidé à Kingston, la capitale du pays de Bob Marley. L’homme avait depuis quelques temps pris ses quartiers dans un hôtel sur l’une des collines de la capitale camerounaise.
Il faut par ailleurs souligner que les nominations de mercredi dernier surviennent alors que l’o attend des mouvements de prsonnels diplomatiqus depuis les décès des ambassadeurs Isabelle Bassong, André Ngongang Ouandji et Jean Hilaire Mbea Mbea.