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En termes chiffrés, que représentent dans le budget de l’Etat, les hausses de salaire et la revalorisation des primes de logement des fonctionnaires consenties vendredi dernier le par le chef de l’Etat ?
Globalement je voudrais indiquer que chaque mois, nous payions jusque là 34 milliards de Fcfa au personnel de l’Etat (salaires de base, primes de non logement et avantages divers). Avec une hausse de 15% du salaire de base ainsi que le taux de l’indemnité de non logement porté de 10 à 20% pour les personnels qui y ont droit, on estime de manière générale que l’impact sur les finances publiques devraient tourner autour de huit milliards par mois. Des chiffres précis seront disponibles dans quelques jours. Mais, il faut le relever, cet effort permet de maintenir le consensus autour des réformes. Augmenter les salaires signifie que nous avons une meilleure vision sur notre capacité à gérer le budget.
Comment faut-il comprendre la revalorisation à 20% du taux de l’indemnité de non logement servie aux personnels civils et militaires?
La prime de non logement était jusqu’ici fixée à 10% du salaire de base. Maintenant elle est portée à 20%.
Le président de la république a également signé des textes pour défiscaliser certains produits de première nécessité. Ce qui va forcément entraîner une baisse des recettes de l’Etat. Que représente cette baisse et quel est son impact sur les engagements de l’Etat ?
La première préoccupation qui intéresse le Camerounais moyen aujourd’hui, ce n’est pas l’influence de la baisse des recettes sur les engagements de l’Etat. Ce qui est important, c’est la consistance du panier de la ménagère. L,’impact de la hausse des salaires sur le budget des ménages. Il faut laisser le problème de la baisse des recettes liée à la défiscalisation aux techniciens. Nous allons trouver des solutions idoines. La question primordiale est de savoir si la population va bénéficier de cette défiscalisation. Et c’est là que le partenariat public/privé devra jouer son rôle. Il faut que le panier de la ménagère soit un peu plus lourd en terme de quantité de produits achetés avec la même enveloppe. Il est normal que le gouvernement dise à toute la population quelle est sa contribution en ce qui concerne l’établissement de l’équilibre. Car, nous allons tous payer cette défiscalisation. Je peux quand même affirmer qu’en dehors du ciment, pour les produits listés, l’impact tourne autour de 30 milliards.
Comment allez-vous compenser ce manque à gagner ?
On va trouver des solutions. Nous allons nous ajuster car les recettes vont forcément baisser. Des choses seront faites pour compenser le manque à gagner. Les recettes qu’il faut transférer vers les ménages tournent autour de 120 milliards l’an. Nous allons forcément prendre cela dans le budget en cours. Comment allons nous faire ? Il faut rebalancer le budget de manière à ce que les recettes ajustées soient égales aux dépenses ajustées. Pour parvenir aux dépenses ajustées, il faudra veiller sur la qualité de la dépense. C’est par là que passe l’équilibre budgétaire recherché.
On observe que le budget est déjà en cours de consommation…
Nous sommes en début d’exercice. Il reviendra au chef de l’Etat de décider. Une nouvelle ordonnance pourrait être prise pour redéfinir la structure du budget. Soit alors il y aura un collectif budgétaire. Dans ce cas, nous allons nous représenter à l’Assemblée nationale avec un budget ajusté. L’ordonnance devrait aussi être ratifiée par le parlement pour qu’elle prenne force de loi. Vendredi dernier, le président de la République a insisté sur les efforts à faire pour améliorer la qualité de la dépense publique. IL y a des instruments de financement additionnel qu’on pourrait mettre en place, mais la première approche, c’est de limiter les dépenses de luxe : les séminaires, les cocktails, les excès de consommation de carburant. Nous allons revisiter toutes ces lignes. Nous trouverons un peu de ressources pour conforter les consommations des ménages.
Cela sera sans doute une autre bataille à gagner…
Le ministre des Finances ne fabrique pas de l’argent. Il ne fait que le gérer. Son rôle est de s’assurer que les ressources qui sont collectées sont conservées et redistribuées. On ne peut que redistribuer ce qu’il y a dans les caisses. Il faudrait que chaque ordonnateur principal, c’est-à-dire chaque ministre revisite son budget et voit ce qu’il peut faire pour préserver la qualité de la dépense.
Pour empêcher l’inflation liée à la revalorisation des salaires, les opérateurs économiques estiment qu’il faut approvisionner davantage le marché. Pour cela, il leur faut des lignes de crédit à faible coût. Le gouvernement peut-il les aider ?
Le problème des opérateurs économiques n’est pas la disponibilité de l’argent. Ils savent le trouver. Leurs problèmes se situent dans les marges bénéficiaires. Ceux qui ont besoin de l’argent, ce sont les petits opérateurs qui veulent entrer dans les affaires.
Quelles dispositions sont-elles prises pour éviter l’inflation ?
Nous sommes dans une économie libéralisée. Il n’est pas question pour l’Etat d’empêcher ceci ou cela. On pense que le civisme des uns et des autres va continuer de jouer. Le mécanisme de contrôle des prix relève du ministère du Commerce. Mais, ce qui est important c’est la présence des produits sur le marché. Il faut en importer suffisamment. La taxe ne sera plus un frein à l’importation. Il y a inflation quand il y a rareté de produits. Le gouvernement fera des efforts pour que les commerçants ne créent pas la rareté en stockant les marchandises. On veillera également à ce qu’on n’importe pas au Cameroun des produits destinés à être vendus dans les pays voisins.
Le secteur parapublic est-il concerné par les mesures de revalorisation des salaires ?
Les travaux qui ont été faits sont basés sur la fonction publique. Le parapublic est géré par des textes particuliers. S’il y a des ajustements à faire, les conseils d’administration sont souverains.
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