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Fenac 2008 : Six ans qu'on l'attendait !
Mutations
MAROUA - 19 DECEMBRE 2008
© Mutations
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Maroua a fait sa toilette. Tout le décor est planté. La fête de la culture commence ce matin.
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L'ambiance qui s'est emparée de la ville de Maroua au cours de ces dernières heures, est à nulle autre pareille. Des agences de voyages qui ne désemplissent pas, des hôtels qui grouillent de monde, un stade municipal rénové affiche ses attraits culturels… Maroua tient finalement son Festival national des arts et de la culture. Un rendez-vous plusieurs fois programmé et autant de fois reporté pour des raisons diverses (politiques et financières…). C'est donc visiblement la marque du retour en scelle de la politique culturelle au Cameroun ainsi que le confie la ministre Ama Tutu Muna. Parce que, le décret du 08 avril 1991 qui consacre l'organisation du Festival national des arts et de la culture a une ambition noble : redynamiser l'activité culturelle afin de promouvoir l'unité et l'intégration nationale.

Mais depuis Bafoussam en 2002, le Festival national des arts et de la culture a le plomb dans l'aile. Programmé respectivement en 2004 et en 2006, le Fenac n'a pu se tenir faute de moyens, mais aussi en raison du calendrier chargé de celui qui était alors ministre de la culture, Ferdinand Léopold Oyono. Les années sont passées, des éditions manquées ont été enregistrées et c'est au demeurant la nomination d'Ama Tutu Muna a permis de faire bouger les lignes. C'est ainsi que le Fenac 2008 qui commence ce matin a pris corps et forme avec, affirme-t-elle, " la volonté du Chef de l'Etat qui a accepté de Patronner l'édition 2008 du Fenac que la ville de Maroua accueille".

Des sélections d'artistes ont ainsi eu lieu dans les différents recoins du Cameroun. 50 artistes par région ont été retenus pour présenter aux convives, les attraits culturels du Cameroun. L'Extrême nord en sa qualité de région hôte aura 380 artistes environ. La danse Voulma de Boukoula, le Houdok et Dza de Mokolo, le Gourna des toupouris…ont été retenues pour agrémenter le Festival en raison de leur particularité. Ces danses permettront affirme Sani Babani, membre du comité national d'organisation de présenter la diversité de cette région du pays qui présente des architectures différentes. Cette multiplicité des architectures est dévoilée par les cases qui ont été élevées au village du Fenac. Les cases en obus des musgums, en pierre des montagnards, à étage des kotokos, en paille des peulhs…ainsi que celles des Guiziga ont été édifiées. Elles viendront se greffer aux richesses culturelles apportées par les différentes délégations qui appartiennent à des aires culturelles différentes.

Rencontres

Bien plus, des ateliers de musiques, de théâtre, d'arts plastiques sont programmés. Avec les rencontres interprofessionnelles et les colloques scientifiques, de nombreuses résolutions pourraient être prises pour permettre à l'industrie culturelle camerounaise de décoller. Un appel en direction des pays qui ont une aura incontestable a été fait. Des cinéastes nigérians sont venus pour exposer les secrets de la réussite des films nigérians. La diaspora camerounaise apportera pour sa part son onction à cet évènement de grande portée. Des responsables du marché de Santa Fe au nouveau Mexique sont aussi là pour encourager et apporter un appui aux artisans qui ont été gratifiées de stands d'exposition pour vendre leurs produits.

Une ville qui voit défiler depuis deux mois, les équipes du ministère de la Culture impliquées dans l'organisation du 7e festival national des arts et de la culture, dans un contexte de frictions avec les membres du comité opérationnel de suivi mis sur pied au plan local par la ministre de la Culture. Des frictions somme toute contenues depuis que, des passerelles ont été établies avec les responsables locaux de l'organisation du Fenac Maroua 2008. L'objectif étant a affirmé Ahmadou Tidjani, "de voir tout le monde concourir pour la réussite du Fenac". Même si les élites dans leur entièreté se sont plaintes de ce qu'un village approprié et durable n'ait pu être construit dans la ville de Maroua pour permettre d'abriter de manière permanente le flambeau de l'activité culturelle.

Laquelle ville est parée de ses plus beaux atours. Bakari Robert Yaouaré, le délégué du gouvernement auprès de l'ex-commune urbaine de Maroua explique, "nous avons mis nos énergies ensemble pour que le Fenac soit une réussite. Nous nous sommes attelés pour ce qui nous concerne à badigeonner les arbres de la ville. Nous avons repeint tous les ponts de la ville qui avaient perdu de leur éclat. Les nids de poule qui sont sur les principaux axes ont été comblés. Il faut que tout le monde se sente à l'aise à l'occasion de ce Fenac." Ceci, même si la demande en terme de lits est forte. Le Délégué provincial du tourisme Madame Soungui indiquait au cours d'une réunion préparatoire que, "la ville dispose de 684 lits. On parle de 1500 invités. Mais nous avons pris des dispositions pour faire loger les invités dans les hôtels périphériques de la ville (Mokolo, Mora, Kaélé). Des résidences privées sont aussi mises à contribution" pour que la fête soit belle.

Dieudonné Gaïbaï

Ambiance : En attendant les stars



Quelques artistes locaux et étrangers étant déjà là, les populations espèrent l'arrivée des grosses pointures de la culture camerounaise.

Massées à l'entrée du stade municipal de Maroua qui connaît une affluence très peu habituelle depuis quelques jours, les populations de la ville espèrent voir, enfin, ces idoles qu'elles ne connaissent que par le canal de la télévision. Ahmed, jeune élève rencontré à l'entrée du stade confie avec un sourire: "Je suis ici parce que j'attends de voir les grandes stars de la musique camerounaise. Vous savez que chez nous, ce n'est pas tous les jours qu'on voit tout ce monde là et pendant toute cette période, je vais essayer de rencontrer le maximum de stars". Dans l'enceinte dudit stade où la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna et ses collaborateurs ont rencontré hier midi les artistes venus des différentes régions du pays pour faire un dernier briefing avant le début de la manifestation tant attendue ce jour, c'est la même affluence, la même attente et la même impatience.

" On m'a dit que Manu Dibango et Yannick Noah seront de la fête. J'aimerais bien les rencontrer ", confie Josiane, jeune danseuse venue de la région du Sud-Ouest. En attendant, Donny Elwood, Annie Anzouer, André Manga, et Kayser, entre autres, entretiennent les foules. Chez les organisateurs quoiqu'on observe une certaine cacophonie, et que l'on ne veuille pas trop s'avancer, on affirme tout de même que les artistes étrangers invités par le ministre de la culture sont bel et bien à Maroua. Parmi ces derniers, une délégation venue de Hollywood dont Richard Delzer, Kyron Dale et la réalisatrice suédoise de la série " Survival ", M. Joan. Pas vraiment connus des populations de la ville, c'est sur scène où au travers de leurs prestations que ces derniers seront jugés.

Alors qu'à l'aéroport de Maroua Salak et dans les agences on n'arrête d'annoncer de nouvelles arrivées, c'est les yeux fascinés que la foule scrute les nouveaux visages histoires de reconnaître ces idoles qu'ils attendent depuis trop longtemps déjà. Jay Lou Ava, Henri Dikonguè, Grace Decca, Sally Nyolo, Tala André Marie, Coco Mbassi, Richard Bona, Prince Eyango, Seidou Abatcha, Felicité Wassi, Were Were Liking sont, entres autres, ceux qui feront vibrer les populations de Maroua et celles venues des quatre coins du pays pour célébrer cette symbiose culturelle.

Dorine Ekwè

Alioum Moussa : Donner vie au stade



Artiste peintre, il coordonne le village du festival et contribue à donner à ce dernier un air du terroir.

L'allure nonchalante et la mine visiblement altérée par la tonne de travail qu'il doit abattre, Alioum Moussa, répond néanmoins à toutes les attentes et sollicitations dont il est l'objet. Ses collaborateurs sont à son écoute en ce qui concerne la déco des stands. Son intarissable énergie lui a valu ces multiples casquettes qu'il arbore en toute modestie. Directeur artistique du festival, designer, maquettiste, peintre, Alioum Moussa jongme avec dextérité dans tous ces domaines. Au village du festival, il est l'homme à tout faire et celui sur qui repose toutes les attentes de Mal Jam, chef de ce village. Dessiner et peaufiner la mascotte du festival, décorer les stands en y ajoutant sa touche personnelle. Il est tout heureux de retrouver les siens en y apportant sa part de contribution dans le développement de la culture à Maroua.

Ses dix-sept années passées dans son terroir n'auront pas été faciles. C'est presque avec la mine fière qu'il travaille avec beaucoup d'amour sur le village du festival en tant qu'organisateur et exposant pendant ce festival. Ses expositions viendront tout simplement confirmer les espoirs placés en lui par son confrère et amis Michel Ndoh avec qui, il partage le même stand. En dehors de ses peintures, leurs stand est le repère des instruments musicaux africains tels le Kalangou (tambours d'aisselle) et bien d'autres encore. La mascotte qui s'érige fièrement au centre de ce village en dit long sur son talent et sur la finesse de son travail. Elle représente le Cameroun illustré par un homme tenant dans son aisselle un tambour. "L'original de cette mascotte n'est pas de moi, je l'ai juste représenté" relève-t-il.

Né à Maroua dans l'extrême Nord, Alioum Moussa, quitte sa terre natale à l'âge de 17 ans. L'Art, il avait déjà dans les veines, mais cette région ne pouvait pas lui permettre d'éclore son génie. Il décide de partir pour la capitale, Yaoundé, dans l'unique optique de parfaire son talent car dit-il "j'étais rongé par le désir d'apprendre, de perfectionner mon Art." Emérites Design sera son premier refuge. Il y passera deux ans. Nanti de cette formation, il travaillera en free lance avant de retourner voir ses ancêtres dans l'extrême Nord ou il travaillera avec l'Ong Waza Logone. Son passage à Maroua ne lui sera pas très bénéfique.

Il aura néanmoins la bénédiction des siens et représentera sa province d'origine au Fenac d'Ebolowa, c'est en 1998. Pendant ce festival, il ne laissera pas Mal Jam indifférent. Ce dernier, convaincu de son talent l'introduisit alors dans le milieu professionnel. Il sera engagé comme graphiste à Horizons Graphics. Participera aux multiples expositions collectives notamment à Doual'Art, dans un cybersalon dénommé Squat'Art et plusieurs autres encore. De part son expression facile tant dans la mine du crayon que dans l'expression orale, il encadrera les jeunes au dernier Salon International de l'Artisanat du Cameroun.

Claudia Engoute

Mal Jam : Partager le rêve



Le chef du village du festival présente son site.

Quelles sont vos attentes en tant que chef du village de ce festival ?

Pour ce festival, nous avions un registre de trois attentes. Le premier registre c'est qu'il y ait en termes de gestion spatiale suffisamment d'espace et un espace bien délimité pour qu'il y ait une adéquation entre ce qu'on veut mettre, qui on veut mettre et comment le mettre. Cette première attente est comblée puisque le village est découpé et que les territoires sont installés et ils cohabitent très bien. Le deuxième registre est qu'il faut que le village soit beau. Là, je crois que le village n'a pas à se jeter des fleurs. Parce que tous les visiteurs de Maroua et tous ceux qui viennent reconnaître qu'il y a un effort au niveau du traitement esthétique du village. Cet effort est du à la conjugaison de beaucoup de talents. D'abord les fonctionnaires du Ministère de la culture et également l'expertise privée. Et les uns et autres donnant de leur mieux, ça donne ce qu'on voit. Quelque chose d'original qui rappelle le pays hôte. Le troisième registre c'est la vie. Un village c'est un lieu de vie intime de vie explosive, de rencontre, de joie. C'est cette vie que nous attelons à rendre la plus heureuse, la plus conviviale possible et la je ne serai comblé que le 24 au matin.

Le village du festival est subdivisé en territoire. Combien de stands y a-t-il et combien de territoires trouve-t-on?

Le cœur du festival est partagé en deux. Il ya un bloc qui est celui des expositions officielles, les expositions d'art contemporain, patrimoniaux, culinaires. C'est le bloc très soigné pour montrer ce qu'on voit, ce qu'on touche. Le bloc B est le plus explosif. C'est le bloc commercial ou l'on discute, challenge ou est installée aussi la musique. Le bloc C c'est le village artisanal. Le ministère de la culture a bien voulu associer sa cousine germaine qu'est l'Artisanat. Il y a un grand village artisanal pou rendre hommage au créateurs de cette région qui est riche. Le bloc D c'est le bloc des bâtiments administratifs, des tribunes, de la direction.

Et le bloc F qui est celui des expositions des architectures patrimoniales du Cameroun. Autour de ça, s'organise le déploiement des délégations régionales et puis de tous les autres ingrédients qui font un festival. Au départ il y avait 200 stands, on a rajouté avec le village commercial, donc il ya un total de 300 stands environs.

Les difficultés…

La première c'était de pouvoir partager un rêve. Le rêve a une maternité qui est le ministre de la Culture. Déjà faire partager le rêve. Associer les compétences, gérer les humeurs et les talents d'horizons très divers. La deuxième c'est l'éloignement. C'est vrai que transporter de Maroua à Yaoundé, c'est très difficile. La troisième c'est l'approvisionnement. Le dernier train de difficulté est artistique. Mais le plus gros à été fait et on garde le bilan pour la fin. Tant que le rideau n'est pas tiré le dernier coup.

Claudia Engoute


Dr Jockey : L'essentiel était d'arriver



Le directeur artistique de l'orchestre Patengue raconte comment sa troupe et lui ont parcouru 1.500 kilomètres en 24h pour rallier Maroua.

Alors que certains artistes racontent comment partis de Yaoundé mardi aux environs de 18h, c'est finalement dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 2h du matin qu'ils sont arrivés à Maroua, Dr Jockey, directeur artistique de l'orchestre Patengue se contente d'arborer un sourire en coin. Lui selon qui, "ça n'a pas été facile pour tout le monde". Faisant partie de la délégation de l'Est du pays qui a quitté Bertoua lundi le 15 décembre dernier aux environs de 20h, ce n'est que le lendemain, aux environs de 20h que ses troupes et lui se sont retrouvés à Maroua. "Nous avons parcouru 1500 kilomètres. C'est très long et épuisant mais, heureusement pour nous, nous n'avons pas eu à subir l'attaque des coupeurs de route comme cela a été le cas pour certaines délégations" lance-t-il.

C'est en effet par la route et à bord de deux cars de transport que les 56 personnes faisant partie de la délégation d'artistes devant représenter la province de l'Est à cette édition 2008 du festival national des arts et de la Culture (Fenac). Après Garoua-Boulaï, ces peintres, danseurs traditionnels et invités spéciaux ont dû opérer un transbordement à Ngaoundéré. "On nous a fait savoir que le véhicule qui nous transportait ne pouvait aller plus loin. Cela a été l'étape la plus difficile du parcours car, il fallait attendre que tout le monde remonte dans le car. Ce n'était pas facile du tout étant donné que nous étions déjà tous fatigués" poursuit l'artiste encore secoué par ce long trajet. Il avoue d'ailleurs que c'est avec soulagement que toute la délégation a vu poindre à l'horizon les sommets de montagnes qui annoncent la ville de Maroua.

Fatigués, affamés et à bout de souffle, c'est cependant le cœur léger qu'ils ont entamé les préparatifs de la grande fête qui doit être lancée demain après-midi. "Avec ses appareils dernier cri, le podium qui a été installé est celui sur lequel tout artiste rêve de se produire. C'est un podium que l'on retrouve au plan international. Ça montre au moins qu'au ministère de la Culture, on veut faire les choses comme des professionnels", estime Dr. Jockey pour qui, face à ces instruments, on n'a envie que d'une chose: "Monter sur scène et montrer au public ce que l'on sait et peut faire. C'est d'autant plus important pour nous que ce passage au Fenac permettra de taire les langues et confirmer notre présence".

En attendant le début effectif des festivités, il lui reste tout de même une inquiétude: celle que partagent d'ailleurs plusieurs artistes rencontrés sur le site du Fenac: "Que les artistes soient traités comme il se doit". Le Fenac étant, selon eux, la fête des artistes camerounais, il est hors de question qu'ils soient lésés au profit d'autres personnes.

Dorine Ekwè

Daniel Ndo : Il y aura trois plateaux par jour



Vice-président de la commission de la programmation il présente les points saillants de la manifestation.

Vous avez la charge de la programmation sur le site du Fenac. A quel niveau en êtes-vous ?

Je dois déjà dire que la fête s'annonce très belle. La participation s'annonce grande et populaire. Pour ce qui est des activités programmées, elles sont toutes aussi denses. Il est prévu trois plateaux par jour. De 10h-18h, il y a le plateau des animations et spectacles vivants. Dans ce registre, il y a l'humour, la poésie, le conte, le théâtre, la musique traditionnelle, les jeux traditionnels et les jeux inter actifs. En même temps, il y a un plateau uniquement danse qui commence à 16h et finit à 18h30 et sur ce plateau, vous avez des danses traditionnelles, populaires, modernes et initiatiques. Ces dernières sont prévues à une heure précise pour que, ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet puissent prendre rendez-vous chaque jour. Entre 18h et 20h, il y aura des films camerounais et étrangers qui seront projetés. La programmation sera définitive lorsque le responsable nous aura remis le programme. Le grand plateau quant à lui se termine à minuit.

En dehors du podium, comment se fera cette animation?

Elle se poursuivra dans les stands d'exposition avec des expositions simples et des expositions vente. Il y a également un espace réservé aux artisans de la localité pour que les produits culturels de l'Extrême-Nord soient visités et appréciés. Il y a aussi un espace dédié à la restauration où les produits culinaires camerounais peuvent être découverts.

Qu'en est-il des ateliers de formation ?

Ils sont prévus. Il y en a un sur la musique auquel prendra part Manu Dibango. Pour ce qui est du théâtre, j'ai commencé à encadrer de jeunes troupes de l'Extrême-Nord qui n'ont pas toujours eu la chance de travailler avec des professionnels. Je fais d'ailleurs des répétitions avec leurs membres depuis quelques jours. C'est ce qui leur permet d'acquérir les techniques du théâtre et en humour. Il y a également des espaces dédiés à la jeunesse et pour ce faire, il y a un forum de jeunes qui s'organisent dans la promotion de la culture telle qu'ils le pensent. Cet espace sera nourri et pratiqué uniquement par des jeunes.

On remarque que les différentes cases construites sur le site sont en train d'être meublées…

Ce sont les sites patrimoniaux qui ont pour but de permettre aux visiteurs de découvrir l'habitat traditionnel au Cameroun mais surtout comment la vie s'organise dans ces concessions. Pour ce faire, nous avons sélectionné l'habitat Kotoko, fulbé, du Sud, la case pygmée, la case Musgum.

Dorine Ekwè

Vues du Fenac



Le grand rendez-vous se prépare encore Logement

Le comité d'organisation de la 7e édition du Fenac qui s'ouvre ce jour à Maroua a à gérer entre 3000 et 5000 personnes qui arriveront de tous les coins du pays et du monde, selon les responsables de l'organisation de cette manifestation culturelle. Du coup, les personnes chargées de l'hébergement des différentes délégations sont vite débordées.
C'est ainsi qu'hier, jusqu'en début de soirée, des artistes, journalistes et autres invités arrivés dans la matinée ne savaient pas encore où ils seraient logés. Ceci malgré les multiples "négociations" effectuées par les uns et les autres.

Délai

Tout sera-t-il fin prêt pour le démarrage du Fenac? La question était sur toutes les lèvres hier alors qu'au stade municipal, l'on essayait encore de faire des raccords d'électricité et que les techniciens étaient à la recherche du transformateur d'électricité qui aurait servi à utiliser les appareils de sonorisation tout droit venus de Paris pour l'occasion.

Attraits : Les à côtés du Festival



Outre les prestations scéniques, d'autres pôles d'attraction ont été aménagés par le Comité national d'organisation.

Ahmadou Tidjani a eu les mots justes pour susciter l'élan de mobilisation des populations de sa circonscription administrative en déclarant que, "le 7e festival national des arts et de la culture doit pouvoir permettre à l'Extrême Nord d'être un pôle permanent d'attraction culturelle". Pour exaucer les vœux du gouverneur de la région de l'Extrême Nord, le comité national d'organisation a identifié des activités devant permettre à la ville de maintenir son attrait culturel.

Au cours du Fenac, la ministre de la Culture entend procéder lundi prochain à la pose de la première pierre de la maison de la culture. Le site qui jouxte la communauté urbaine de Maroua au quartier Djarengol a reçu les aménagements conséquents. Pour Sani Babani, point focal du comité d'organisation du Fenac 2008 "Il s'agit d'un espace qui sera réservé aux activités culturelles dans la région de l'Extrême Nord. Des gens y trouveront un cadre approprié pour la conduite de leurs activités culturelles."

Bien plus, le ministère de la Culture, a aménagé un monument historique à Ibassangué. Le chevalier qui symbolise la résistance des peuples du Nord à la pénétration occidentale sera érigé à l'entrée de la ville de Maroua. De l'avis de Sani Babani, "c'est un mémorial qui rappellera sans cesse aux populations, un important pan de leur histoire. Ce monument a été conçu par une équipe expérimentée et sa présentation constitue un moment solennel pour le Ministère de la culture qui engage ainsi, une série d'actions d'implantation des outils culturels à travers le pays."

L'autre point d'orgue du Festival, c'est assurément l'inauguration de la bibliothèque pilote de la ville de Maroua gérée par la commune urbaine d'arrondissement de Maroua 1er. L'unique espace de lecture de la ville de Maroua a reçu ces derniers jours, un coup de neuf. Pour Hamadou Hamidou, le maire de Maroua 1er, "nous nous sommes déployés pour que notre bibliothèque rayonne lundi, date retenue pour son inauguration.

Le Ministère de la culture a dans ce sens consenti de nombreux efforts pour que nos rayons soient fournis. La ministre nous a fait une dotation spéciale en ouvrages Camerounais. Et c'est un grand geste pour les jeunes de Maroua qui n'ont pas toujours les meilleurs outils pour leurs études."

Ces réalisations doivent permettre à la ville de Maroua de pouvoir disposer des infrastructures culturelles. Lesquelles devront être le fleuron de la culture dans la ville de Maroua. Un vœu qui ne pourrait être caressé que si les actions qui recevront une onction officielle sont conduites bien au-delà du Fenac qui s'ouvre ce vendredi.

Dieudonné Gaïbaï

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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