
K-TINO
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Yaoundé attendra. Au cours d'une intervention à l'émission Tam-tam week-end, l'équipe de communicateurs de la chanteuse a annoncé, a regret, l'annulation du spectacle prévu hier au palais polyvalent des sports de Yaoundé. A cet effet, l'animateur Billy Show confiait : "étant donné que la compétition de volley se terminait à 17h, il nous fallait au moins cinq heures pour les balances. Ce qui était impossible. Nous avons donc jugé nécessaire d'annuler le spectacles et le programmer pour une date ultérieure qui sera confirmée au mélomanes de Yaoundé ". Les fans de l'artiste ont dû ravaler leur déception.
Ce d'autant qu'à Douala, c'était un pur régal. Les habitués des scènes chaudes en live, qui ont quelque peu construit la notoriété de K-tino, ont fait la moue à la sortie de Douala Bercy vendredi dernier, 21 août 2009. On peut les comprendre, car la femme du peuple ne s'est pas déshabillée. Ses danseuses non plus. Aucun musicien de l'orchestre du Quartier Poto-poto ne s'est occupé du derrière d'une danseuse sous les airs frénétiques du batteur. Mais à part ces images qui sont les affaires du bas ventre, force est d'avouer que le public a eu droit à un spectacle de haute facture. Pour K-Tino, ce choix n'est pas le fait du hasard.
"Je sais que mes fans ont une idée de moi, que je ne renie pas. Mais je voulais leur montrer qu'un artiste peut se récréer et toujours procurer le même plaisir en ajoutant des ingrédients à l'efficacité certaine", affirme t-elle. Après trois ans d'absence donc, c'est au public de Douala qu'est revenu le privilège d'inaugurer le retour sur scène de l'artiste. Un privilège d'autant plus grand que la chanteuse portait dans ses bras un nouvel album baptisé "Gueguené". Le concept de présentation de cet album a été bâti sur un show de 4heures. "Mama Bonheur", autre petit nom de l'artiste qui compte 19 ans de carrière, a décidé de célébrer son retour avec Hugo Nyamè, Mballa Rogers, Richard Amougou et Valérie Medjo. Il est 23h dans la salle de Douala Bercy, ancien cinéma le Concorde quand le duo masculin qui allait présenter la soirée, Alain Dexter et Patrick Goldman, plonge la centaine de personnes présente dans le vif du spectacle. C'est Valérie Medjo qui se charge de la mise en appétit. Avec sa voix puissante et énergique, qu'il contrôle comme un champion de formule 1, il fait des reprises d'Ebogo Emérent et présente deux titres de son prochain album. Il réussit à décrisper les mains engourdies par 2h d'attente. Quelques free man se lèvent. Il faudra attendra le passage du fils spirituel de Messi Martin, Mballa Rogers et celui qui a créé l'évènement avec "Evènement" il y a quelques années, Richard Amougou, pour voir le public s'embraser. Hugo Nyamè augmente l'incandescence de la flamme.
Show
Les spectateurs deviennent des choristes et reprennent en cœur les refrains. Avec son déhanché électrique, Richard Amougou conquiert les filles qui s'accrochent à son cou comme une ragée serrée de perles. Petit Pays de retour d'une tournée aux Etats-Unis va délester ses poches d'une bonne liasse de Francs Cfa et de Dollars en coupures de 50. C'est la folie dans la salle. Sentant le public prêt à cuire, Alain Dexter et Patrick Goldman annoncent l'arrivée de la "Femme du peuple". Il est 1h40mn
Le quartier Poto-poto fait souffrir les instruments. Elle apparaît enfin ! Une longue greffe qui lui retombe à la naissance des reins avec une franche sur le front. Une jupe droite noire au dessus des genoux, une veste un bouton dont les rabats laissent voir une poitrine opulente à peine contenue par un soutien-gorge noir. La foule crie "la Femme du peuple", "Mama Bonheur", "K-Tino, enfin". Le brouhaha se calme avec les premières notes de "Gueguené" avec la danse "bankalisée". "Ne changez pas le nom, car ça vient de bancal, pas autre chose" précise K-Tino avant d'éclater de rire et le public aussi. On se comprend à demi-mots. Pendant 2h, la voix sera la même. Les textes magnifiques. L'orchestre au mieux de sa forme. Petit Pays va esquisser des pas de danse et surtout va donner la réplique en duala à K-tino sur le titre "Egalité oblige". La femme du peuple va imposer un rythme infernal à son derrière. Elle va se caresser le corps accompagné des gémissements. Mais on ne verra pas plus. La jupe bien que soulevée ne dévoilera jamais la couleur ni la coupe du dessous. Ce n'est peut-être plus le nu à gogo, sauf que la formule de spectacle proposée par K-tino a l'avantage de s'arrêter à la musique. Heureusement, la bonne !
K-Tino: J'ai voulu reculer pour mieux sauter
Avec "Gueguené", la femme du peuple a trouvé la force de revenir au devant de la scène.
Etes-vous satisfaite de votre spectacle de vendredi dernier à Douala ?
Je suis satisfaite. Malgré quelques petits problèmes liés à l'organisation. Il y'a notamment eu la communication qui a beaucoup péché. Je vis maintenant à Libreville. J'ai décidé de reculer pour mieux sauter et préparer le spectacle. J'ai fait confiance à des personnes qui n'ont pas bien assuré la communication. Il faut savoir que ça fait 3 ans que je n'ai pas fait la scène. Mon grand frère a été malade et ensuite il est décédé et je n'avais pas le cœur à faire la fête, car pour moi faire un spectacle c'est prendre et donner du plaisir, du bonheur. Donc, il me fallait reprendre le contact avec le public et leur apporter mon nouvel album. Je voulais également présenter au public ma nouvelle vie, pas familiale, mais professionnelle. Ma renaissance. Je suis contente car ce que Dieu te donne tu le prends avec les deux mains. Le public était là. On a chanté ensemble et sa réaction m'a permis de comprendre que ma place est restée la même dans les cœurs. C'est le plus important.
Que signifie Gueguené, titre de votre nouvel album ?
C'est un petit mot d'amour pour indiquer un changement de vie. C'est un nom que j'ai donné à la révolution qui est survenue dans la vie de K-Tino. Guéguéné c'est le leitmotiv de la tendre et douce vie de mon couple. C'est le titre qui est dédié à toutes les femmes qui peuvent donner l'amour toujours plus fort parce qu'elles en reçoivent énormément en retour de leur mari. Faut suivre les paroles que j'ai écrites pour comprendre cette toile, ce cocon que je tisse autour de mon homme. J'ai longtemps cherché l'amour. Grâce à Dieu je l'ai trouvé au Gabon. C'est avec cette force que j'ai pu travailler "Gueguené". Dans cet album, il y'a l'orchestration qui est réussie, mais je me suis surpassée dans l'écriture des textes. Ceux qui aiment mes métaphores et ma technique de conte qui peint la réalité seront satisfaits. Pour le moment, je présente Gueguené en live. Quand j'aurai fini de le timbrer à la Socam, il sera mis à la disposition du public.
En dehors de cet amour, que trouvera-t-on dans "Gueguené" ?
Dans "Gueguené" on trouvera plusieurs titres. Notamment "Houlala", qui raconte nos petites habitudes. Quand on est excédé ; heureux, ou quand on a bien joui on peut dire Houlala que c'était bien. C'est une exclamation qui peut accompagner chacun de nos sentiments face à une situation précise. Puis il y'a "Atacho", titre dédié à la mémoire de mon feu grand frère Atangana Mballa, qui m'a tellement encouragé dans la musique. On pourra également écouter Amoué et Trimobé, etc. Comme je n'aime jamais manger seule, dans cet album j'ai travaillé avec le quartier Poto-poto, Mballa Roger et Zélé le Bombardier. J'ai d'ailleurs produit leurs albums qui seront également dédicacés au Cameroun très bientôt avec ma nouvelle maison de production Atacho Sound. "Gueguené" est entièrement bikutsi.
Propos recueillis par Marion Obam