
Pius NJAWE, Le Messager
Photo: © Archives
Elle est bien lourde, l’atmosphère au siège du quotidien Le Messager a Akwa, un quartier des affaires de Douala. Le personnel n’est quasiment pas visible dans les locaux de l’immeuble verdatre. Les scellés sont toujours apposés sur des portes de cette structure. « la redaction s’est deportée ailleurs, dans un lieu que je ne peux pas vous indiquer, mais nous allons continuer a travailler comme mercredi dès la pose des scellés, il faut bien que le journal paraisse », explique
Jacques Dooh-Bell, le secrétaire général de la rédaction aux confrères venus s’enquérir de la situation.
Les services régionaux du littoral des impôts ont débarqué dans la structure ce mercredi pour réclamer le paiement de 1 million 400 mille francs CFA. Une créance qui court depuis quelque temps. Ces inspecteurs ont catégoriquement refusé la somme de 100 mille francs que les responsables du Messager leur ont proposé « en attendant de faire mieux ». « Ca veut dire qu’il y a un acharnement quelque part » soutient
Pius Njawé, le patron du quotidien trentenaire cette année. Il espère que ce n’est pas le début d’une campagne de dénigrements pour les mettre a mal a la veille de l’anniversaire du journal. Il est certain que Le Messager n’est pas la seule entreprise de presse qui n’est pas en règle vis-à-vis du fisc, d’où la question « pourquoi le messager, pourquoi pas les autres ? ».
Pius Njawé affirme d’ailleurs que ce problème aurait pu être résolu autrement. « Le ministère des finances doit au Messager 12 millions de francs. En faisant la différence entre cette somme et le million 400 pour lequel il scelle nos locaux, on aurait pu retenir ca de notre créance, tout simplement » subodore Pius Njawé. Il compte bien récupérer son argent avant de payer ses impôts. Pour y arriver, Pius Njamé projette de faire un sit in dès la semaine prochaine devant le Ministère des Finances jusqu'à ce qu’il soit payé, il compte aussi utiliser tous les moyens de droit en sa possession, en passant par l’organisation des manifestations diverses.
La pose de ses scellés a donné lieu à plusieurs réactions. Parmi lesquelles la déclaration de Jean Michel Nintcheu du SDF. Il demande entre autre au gouvernement d’accompagner a compter de l’exercice 2010, tous les médias privés « dans leur délicate mission de service public en procédant à une redistribution harmonieuse de la redevance audiovisuelle suivant la clé de répartition lisible et acceptée par tous les protagonistes de ce secteur d’activité, et surtout en consacrant au minimum 1% du budget national à la subvention, et non l’aide à la communication privée ».