Pour la seconde fois en moins de sept jours, Moussa Dadis Camara était l’invité de Radio France international (Rfi). Seul face à Madeleine Mukamabano et Rachid Ndiaye, le président du Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd) a rappelé que l’armée guinéenne était incontrôlable et qu’il fallait s’en «remettre à Dieu».La présentatrice vedette de l’émission «Le débat africain» a eu de la peine à placer un mot face à un militaire qui rejette la responsabilité des massacres de lundi dernier sur «les leaders politiques» qui n’ont pas respecté «le code de conduite en démocratie.»
Pendant l’échange qui a duré plus de quarante minutes, le chef de la junte militaire guinéenne a maintenu une ligne de défense qu’il a présenté le lendemain de l’assassinat de près de 200 manifestants à Conakry. D’une part ce sont des opposants qui ont conduit «la marrée humaine à attaquer des commissariats et à prendre des armes contre le pouvoir». Ils ont manipulé la foule selon lui parce que certains sont des politologues qui savent ce qu’ils font. Le capitaine Dadis Camara regrette néanmoins ce qui s’est passé, c’est pourquoi il reconnaît être responsable de tout ce qui arriverait à un Guinéen parce qu’il est «le père de la nation». D’autre part, M. Camara avoue que son armée n’a jamais été structurée.
Aucune hiérarchie n’est observée avec des caporaux qui désobéissent aux ordres des généraux. Le sergent ou le caporal ne connaît son droit. Résultat «Le président Dadis était dans son bureau quand ils ont tiré» se défend-il. Il nie en bloc avoir eu recours à des miliciens en provenance des pays voisins comme le prétendent certains observateurs. Quand il a fallu évoquer les solutions pour réformer son armée, «le président Dadis», comme il se nomme tout au long de l’interview, pense que la solution est de se remettre à Dieu.au nom de sa «probité morale» il dénonce tous ceux qui veulent ternir son image à travers les médias. Le but de la manœuvre étant de l’empêcher de se présenter à la présidentielle de janvier prochain. Et à ce sujet, Moussa Dadis Camara «le père de la nation guinéenne» estime que s’est inhumain d’y répondre. En huit mois de pouvoir, il continue de penser que son peuple a confiance en lui il se bat pour le servir.