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Essimi Menye: «L’Etat a des ressources pour sauver la CBC»
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YAOUNDE, 13 Nov. 2009
© Irène Gaouda | Le Jour
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Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il n’y aura pas de miracles s’il n’y a pas d’actions et l’action commence par le ministère des Finances qui va s’engager aux côtés de l’administrateur provisoire pour trouver des solutions appropriées afin que la sérénité revienne dans cette banque dès demain matin
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Jeudi 12 novembre 2009, le ministre des Finances, Essimi Menye a effectué une visite inopinée à la Commercial Bank of Cameroon (Cbc), à son agence de Yaoundé. Après avoir dressé l’état des lieux de cette institution bancaire, il a expliqué pourquoi il était important pour l’Etat camerounais de mettre sur pied un plan de sauvetage de la Cbc. Accompagné de ses proches collaborateurs, le Minfi a tenu à rassurer tous les partenaires, mais aussi et surtout les épargnants de la Cbc sur la continuité du fonctionnement de cette institution. C’était en présence de l’administrateur provisoire, Martin Luther Njanga Njoh, des responsables de l’agence régionale de Yaoundé et de nombreux journalistes.

Je suis sûr que vous tous savez ce qu’est la Cobac. La Cobac c’est une sous structure de la Béac. La Béac étant la banque centrale des pays de l’Afrique centrale. Cette structure de la Béac s’appelle la Commission bancaire de l’Afrique centrale. Elle est chargée de superviser la gestion et le fonctionnement des établissements de crédit dans notre sous-région. La semaine dernière, la Cobac, après plusieurs études, a estimé que la Cbc avait besoin d’un lift-up, d’une remise à niveau de ses fonds propres, puisque je sais qu’il y a besoin de repréciser cela, pour que cette banque revive. Sans émotions, il faudrait qu’on lui redonne un peu de sang neuf au niveau de ses financements. Il y a certes beaucoup de dépôts mais, les fonds propres doivent être reconstitués. C’est cet exercice qui a été demandé à l’administrateur provisoire. C’est un professionnel de la banque. Il a déjà travaillé dans d’autres banques. Il a été nommé d’abord directeur adjoint, par le groupe Fotso et, la Cobac l’a trouvé crédible pour aider la banque à se reconstituer. Aujourd’hui, il est mandaté par la Cobac pour aider la banque à se reconstituer. Au cours des prochaines semaines, il va soumettre un plan de restructuration et organiser la comptabilité et toute l’information financière de la banque afin que ceux qui seraient intéressés pour participer au refinancement de la banque puissent prendre la décision en connaissance de cause. Mais, du côté du gouvernement, soucieux de voir un meilleur fonctionnement de nos banques, nous avons reçu les instructions de la haute hiérarchie que le ministère des Finances puisse participer au financement des fonds propres. C’est pour cela que je suis venu voir s’il y a encore quelque chose dans la maison avant que je mette les fonds publics. J’ai vu que ça marche. Dans les prochaines semaines, nous allons mettre à la disposition de cette institution, une enveloppe financière pour l’aider à refinancer les fonds propres moyennant un plan de restructuration qui est en préparation. Et, c’est dans cet esprit qu’il est important que les établissements publics qui ont leurs dépôts dans cette banque les maintiennent. Il n’y a pas risque dans la demeure.

La décision de la Cobac était principalement pour que la gestion de la banque soit remise à une personne neutre afin d’assurer effectivement une meilleure transparence en ce qui concerne la remise à plat des chiffres et la proposition en ce qui concerne la restructuration. Par la suite on verra avec les gens, les entreprises, les financiers, les investisseurs qui voudraient souscrire au capital de la banque que nous connaissons aujourd’hui sous le label Cbc.

L’enveloppe de l’Etat sera fonction de ce que le plan de restructuration nous aura soumis. Si le plan de restructuration a besoin de 5 milliards, nous allons donner ces 5 milliards. Il n’est pas question pour l’Etat de nationaliser la Cbc. Nous n’allons pas mettre sur la table plus d’argent qu’il ne faut pour tout simplement sécuriser et renforcer la crédibilité de la banque. Nous n’allons pas prendre plus que 20% du capital qui sera à souscrire pour permettre à la banque de reprendre ses activités normales.
Si le fondateur peut remettre les capitaux qu’on demande, il reprendrait le contrôle. On n’a pas à lui refuser cela. Ce qu’on lui a demandé depuis c’était de refinancer le capital. On lui a donné, je ne dirais pas des semaines, mais, des mois et même plus d’une année. Si le fondateur de la banque peut remettre sur la table, le capital qui est aujourd’hui demandé pour que la banque retrouve les ratios prudentiels, si on peut recapitaliser la banque et si le propriétaire peut amener sur la table le capital que l’administrateur provisoire va exiger dans le cadre du plan de restructuration, nous n’allons pas lui empêcher de reprendre le contrôle de la banque. Mais, toutefois, comme je vous l’ai dit, cette fois-ci, l’Etat sera parti prenante parce que nous voulons voir garantir un meilleur fonctionnement de cette institution.


A propos du crédit agricole

Qui était actionnaire du crédit agricole? L’Etat n’a pas pu recapitaliser, c’est pour cela qu’il est tombé. A cette époque, l’Etat avait peu de ressources. Aujourd’hui, l’Etat a des liquidités qui lui permettent de mettre sur la table la ressource permettant de sauver la Cbc. Il faudrait que vous compreniez, quand je dis «sauver la Cbc», ce n’est pas au nom d’un individu. C’est au nom de tous les épargnants qui ont déposé de l’argent dans cette banque. C’était dans le même esprit que nous avons permi la restructuration d’Amity Bank. Tous les épargnants, tous les Camerounais qui ont déposé de l’argent dans cette banque méritent que leurs dépôts soient protégés. En tant qu’autorités monétaires, nous avons la responsabilité de protéger les dépôts dans les banques. C’est dans cet esprit que l’Etat voudrait confirmer devant tout le monde que ça ne se passera pas. La Cbc devra continuer à fonctionner parce que c’est normal. C’est un outil de développement. C’est un outil d’activités. Il n’y a pas seulement de petits, il y a aussi des grandes structures internationales qui ont des dépôts dans cette banque. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il n’y aura pas de miracles s’il n’y a pas d’actions et l’action commence par le ministère des Finances qui va s’engager aux côtés de l’administrateur provisoire pour trouver des solutions appropriées afin que la sérénité revienne dans cette banque dès demain matin (Aujourd’hui, ndlr)».

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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