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Lois de finances: Les députés attendent les ministres au tournant
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DOUALA, 19 Nov. 2009
© Jean Francois Channon | Le Messager
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«Le temps où les ministres pouvaient venir à l’Assemblée nationale et présenter leur budget sans inquiétude est dépassé. De nos jours, les députés sont de plus en plus regardants. Surtout ceux du parti au pouvoir, le Rdpc. On a connu des cas où des ministres Rdpc ont été mis en difficulté par leurs camarades députés à l’Assemblée nationale. Ce qui fait que maintenant, chaque ministre prend des dispositions avec ses collaborateurs pour ne pas être embarrassé lors de son passage devant la commission des finances.»
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Autrefois, du temps du parti unique, il s’agissait d’une simple formalité. C’est-à-dire que le ministre venait lire les grandes lignes du programme de son ministère, notamment sur la manière dont il entend utiliser l’argent qui sera mis à sa disposition dans les différents axes budgétaires que sont le fonctionnement et l’investissement. Après quoi, immédiatement il avait le quitus des députés membres de la commission des finances, sans véritable interrogation sur l’opportunité des dépenses budgétaires à effectuer. Et plus tard en séance plénière par l’ensemble de la Chambre. Mais depuis quelques années, l’exercice est devenu ardu et même redouté par certains membres du gouvernement. Un haut cadre de l’Assemblée nationale approché par Le Messager explique: «Le temps où les ministres pouvaient venir à l’Assemblée nationale et présenter leur budget sans inquiétude est dépassé. De nos jours, les députés sont de plus en plus regardants. Surtout ceux du parti au pouvoir, le Rdpc. On a connu des cas où des ministres Rdpc ont été mis en difficulté par leurs camarades députés à l’Assemblée nationale. Ce qui fait que maintenant, chaque ministre prend des dispositions avec ses collaborateurs pour ne pas être embarrassé lors de son passage devant la commission des finances.»

Les députés redoutés

On sait par exemple que l’affaire Mounchipou Seidou a été déclenchée par des députés de la nation. De passage devant la commission des finances, certains députés de l’opposition à l’époque, appuyés par leurs collègues de la majorité, avaient dénoncé ce qu’ils avaient appelé «une gestion mafieuse des fonds publics» au ministère des Postes et télécommunication à la tête duquel se trouvait le ministre Mounchipou Seidou. Très vite, la Justice, sur instruction de l’Exécutif s’est emparée du dossier. Faisant ainsi naître «l’affaire Mounchipou». Plus récent encore, précisément à l’une des sessions budgétaires antérieures, des ministres ont été renvoyés à leurs copies par les députés membres de la commission des finances. C’est le cas de l’ex-ministre de l’Eau et de l’énergie, Bernard Sindeu. Le budget présenté par ce dernier il y a trois ans n’avait pas été validé par les députés en commission. Le ministre Sindeu a dû faire un deuxième passage devant la commission des finances de l’Assemblée nationale.

D’autres ont été mis en difficulté en commission. C’est le cas de Jean Pierre Biyiti Bi Essam, du temps où il était ministre de la Communication. Les députés lui avaient demandé d’expliquer l’origine des zones d’ombres de la Crtv dans certaines régions du pays. Alors que l’Assemblée nationale avait voté un budget l’année d’avant dans lequel était prévu de l’argent pour faire face à ce problème. Où encore la non-reprise sur les antennes de la radio télévision d’Etat de l’émission «Expression direct des partis politiques», pourtant budgétisée. On se souvient alors que le ministre Biyiti avait balbutié.

Cette année, dans les coulisses de la présente session parlementaire, des
Hier matin, le Premier ministre de la République du Cameroun était à l’Assemblée nationale. Yang Philémon est allé (c’est devenu une habitude pour les Pm en fonction) présenter le programme économique, social et culturel du Cameroun pour le compte de l’année 2010. Un exercice qui a une relation directe avec le budget de la République pour l’année à venir. En fait, Yang Philémon a inauguré hier en plénière, le passage des ministres devant les élus du peuple. Après son passage devant l’Auguste Chambre, les députés membres de la commission des finances se sont immédiatement retrouvés à la salle des commissions au deuxième étage de l’immeuble principal du Palais de l’Assemblée nationale. Comme de tradition pendant les sessions parlementaires, chaque ministre titulaire d’un portefeuille au gouvernement aura l’occasion de passer devant la commission des finances pour défendre l’enveloppe budgétaire attribuée à son département ministériel.

sources crédibles signalent que des députés membres de la commission des finances auraient dans leur collimateur des ministres de la République. «Il faut savoir que les députés de la commission des finances toutes formations politiques confondues ont de plus en plus en cœur le souci de la bonne gestion du pays. Ils se veulent donc très regardant sur l’ensemble du budget de la nation, et davantage sur ceux des départements ministériels. On remarque qu’en session, les députés ont d’abord en cœur et en tête le Cameroun et son développement. Ce qu’il faut savoir est que, les députés veulent voir se concrétiser la politique des grandes ambitions du président Paul Biya. C’est pour cela qu’ils veulent désormais être strict face au gouvernement. C’est ainsi qu’on remarque par exemple que certains ministres par peur d’être recalés à la commission des finances lors de leur passage, envoient des «émissaires» chez certains de nos collègues députés», commente un député du parti au pouvoir approché par Le Messager.

Depuis un moment, les élus de la nation camerounaise manifestent quelques états d’âmes dans la manière dont l’éxécutif à tendance à les traiter. C’est le cas par exemple du dépôt tardif du projet de loi de finances 2010 qui a fait grincer des dents au sein de l’Auguste Chambre. Du coup, une rumeur relative à la volonté des élus «de mettre la pression sur le gouvernement» a commencé à circuler dans les coulisses du Palais de verre de Ngoa Ekelle. Est-ce pour être ramené à des meilleurs sentiments que des députés du «Parti des flammes», membres de la commission des finances, ont été conviés par le président du groupe parlementaire à une concertation qui doit se tenir ce jour?

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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