Sur l’initiative de l’Ambassade du Cameroun, environ trois cents responsables et représentants d’Associations camerounaises du Benelux se sont retrouvés ce samedi 12 décembre à Bruxelles pour tenir leurs premières assises. Le moins que l’on puisse dire, l’invitation de l’ambassadeur Daniel Evina Abé’e a rencontré un écho favorable chez ces Associations qui ont fonctionné jusqu’alors en quasi autarcie.
La journée avait démarré par les travaux en ateliers. Ils étaient cinq au total : Assurance et rapatriement ; Coopération décentralisée ; Vie associative et activités culturelles ; Associations et communication et, Vie consulaire. Chaque atelier comptait en son sein des membres d’Associations (selon les compétences et les centres d’intérêts) et un représentant de l’ambassade pour apporter d’éventuels éclaircissements. Ces travaux en ateliers ont duré jusqu’en début d’après-midi.

Les participants
Photo: © Cameroon-Info.Net
Une initiative louable
L’objectivité nous amène à reconnaître que la mise en place de cette journée par l’Ambassade du Cameroun à Bruxelles est une initiative louable. On s’en est perçu tout au long du déroulement de la journée en commençant par le nombre de responsables d’Associations ainsi que l’engouement remarqué tout pendant les travaux. Les Camerounais du Benelux en général et ceux de Belgique en particulier rêvaient d’un cadre pour échanger. « Depuis la mort de l’OESCB (Organisation des Etudiants et Stagiaires Camerounais de Belgique) il y a plus de dix ans aujourd’hui, les Camerounais de Belgique n’ont plus jamais retrouvé un espace ou une structure qui les fédère. L’occasion nous est donnée par l’ambassadeur et on voit qu’on a tous envie d’arriver à nous parler » nous confie Janvier Bissené, le représentant des Camerounais de la ville de Charleroi.
La plupart des participants de cette journée reconnaissent la méthode d’un homme : Daniel Evina Abé’e. Le nouvel ambassadeur y est pour quelque chose. Depuis un an qu’il est en poste à Bruxelles, il donne l’impression d’avoir une méthode de travail et cherche à remettre les problèmes des Camerounais au centre de ses préoccupations. La journée de samedi dernier n’est que la résultante de la tournée faite à toutes les grandes villes du Benelux dès sa prise de fonction.
Aller vers les Camerounais semble faire partie de sa stratégie de travail. Ajouter à cela, son langage qui n’est nullement celui de la langue de bois. « On est entre nous, disons-nous la vérité » est une phrase qu’il a prononcée mainte fois dans ses propos samedi lors des débats en séance plénière.

E. Abé'e & D. Maïngari
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Constats et recommandations
Lors de cette séance plénière, on a assisté aux retours des travaux faits dans les différents ateliers. Voici ce que l’on peut retenir :
* Atelier 1 (Assurances et rapatriement) : Le rapporteur de cet atelier, Mmaéé à Nwambeben a laissé entendre à l’assemblée que la problématique du rapatriement des Camerounais décédés au Benelux est à situer dans le contexte d’accroissement de la communauté et surtout à la rareté des ressources ; à l’absence d’organisation et d’encadrement de cette activité. Pour ceux qui ont travaillé dans cet atelier, la communauté agit sur deux manettes : la solidarité des Camerounais à trouver des collectes ponctuelles et l’intervention de l’Etat traduite par la contribution de l’Ambacam.
Les membres de cet atelier recommandent le renforcement des structures existantes dans les Associations par la souscription d’une assurance en tenant compte de la situation des uns et des autres. Cela passe par la création d’une commission d’experts afin d’explorer la fiabilité des produits proposés et qu’une structure transversale soit créée pour l’amélioration du dispositif actuel. Il est également question d’envisager à moyen terme une mutualisation des ressources de la communauté afin de prendre en charge, via une caisse de solidarité, même les Camerounais en situation irrégulière.
Les membres de l’atelier ont décidé de se revoir pour approfondir la réflexion avec des objectifs clairs.
* Atelier 2 (Coopération décentralisée) : Cet atelier qui avait à sa tête Laurent Tchandeu et Chantal Eboko comme rapporteur a commencé par identifier les projets et voir comment intervenir et avec quelles stratégies. La contribution des Associations a été soulignée ainsi que le rôle et les facilités faites ou offertes par l’Ambacam.
Les recommandations étant nombreuses, la plus pertinente a été celle de demander aux autorités camerounaises de réinstaurer le crédit d’enlèvement du matériel au port de Douala pour pouvoir véhiculer plus aisément les dons requis par les Associations. Sur ce point précis, Evina Abé’é a promis de faire les démarches nécessaires auprès du Ministère des finances.

Chantal Eboko-Rapport
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* Atelier 3 (Vie associative et activités culturelles) : La question principale de cet atelier était de voir ce que les Associations camerounaises pouvaient réaliser ensemble sur l’étendue du Benelux. Il a été retenu au sein de ce groupe de travail, l’idée de faire des manifestations culturelles rotatives dans les différentes villes lors des grandes dates comme le 11 février, le 20 mai.
L’atelier a également recommandé la création d’une Maison camerounaise en Belgique.
Il a aussi insisté sur le fait que chaque Association devrait garder son autonomie et sur la nécessité de créer une plateforme commune, un espace d’échange, de concertation et de collaboration.
* Atelier 4 (Associations et communication) : Pour le rapporteur de ce groupe, Jean Noël Eba Kané, il était question de voir quelles sont les faiblesses des Associations camerounaises en matière de communication. Quelques unes ont été mises en exergue comme le caractère tribal de ces Associations qui fait qu’elles sont souvent renfermées, peinent à s’ouvrir aux autres et communiquent peu.
Les membres de l’atelier ont également noté l’absence de stratégie et/ou de structure de communication dans les Associations.

Eba Kane-Rapporteur
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* Atelier 5 (La vie consulaire) : C’est le thème qui a suscité le plus de passion lors de cette séance plénière puisqu’il traitait des problèmes rencontrés par les Camerounais quand ils se rendent à leur ambassade pour des questions administratives : accueil, passeports, visas, cartes consulaires et tous les autres types de documents. A chaque fois, l’ambassadeur a rassuré sur sa disponibilité, celle de ses collègues diplomates ainsi que celle de ses autres collaborateurs.

Hymne national
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La séance s’est terminée peu avant 18 heures par l’hymne national chanté en cœur par les participants avant de partager le plat de l’amitié.