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C’était une confrontation entre deux textes à l’audience correctionnelle de ce lundi 21 décembre au tribunal de première instance du Mfoundi. D’un côté le ministère public qui demande que Jean Bosco Talla, directeur de publication de l’hebdomadaire Germinal soit reconnu coupable pour outrage à chef d’Etat selon l’article 153 aliéna 3 du code pénal, et de l’autre la défense qui estime que ni le Président de la République, ni la Présidence, personne n’a porté plainte contre son client selon la loi de 90 portant sur la communication sociale au Cameroun.
D’après Maître Nouga, selon cette disposition spéciale en cas d’outrage à une autorité, soit la personne elle-même porte plainte, soit l’institution qu’elle représente porte plainte. Or dans le cas de ce procès aucune des deux entités ne l’a fait ; ce qui enlève toute compétence au procureur d’engager l’action judicaire .Pour cela, il demande que le procès soit annulé.
Cette exception de nullité a été rejetée par le tribunal qui a ordonné la poursuite des débats. Dans sa plaidoirie, le ministère public a relevé le fait que les extraits qui font problème ici étant tiré d’un livre qui circule sous cape au Cameroun, le DP de Germinal porte ainsi atteinte à une personnalité en l’occurrence le Président de la République et donc, il tombe sur le coup de la loi 153 du code pénal.
Lors de la commémoration des 20 ans de la disparition du feu Président Ahmadou Ahidjo, Germinal N° 046 du 3 décembre avait réalisé un dossier de plusieurs pages. Parmi celles-ci figurait l’extrait du livre : Sang pour Sang de Eballa Angoulou paru aux éditions Sphinx à Paris en France. Cet extrait intitulé "Le pacte", évoque les rapports secrets entre Paul Biya et Ahmadou Ahidjo. Sous le titre de ce livre il est porté à la connaissance des éventuels acheteur que : « Ceux qui acquiert ce livre devrait éviter de se rendre au Cameroun. » Pour le ministère public le fait pour le journaliste d’avoir publié une information interdite au Cameroun et portant sur des faits qui sont difficiles à prouver le condamne à l’outrage contre une autorité.
Faux rétorque la défense. Selon Maître Nouga, du point de vue factuel et légal l’infraction n’est pas constituée, puisque le journal a publié des opinions des individus et non des faits. Bien plus, Germinal a pris la peine pour des besoins de l’équilibre de l’information de publier une interview de Germaine Ahidjo, épouse de l’ancien chef de l’Etat, accordée au magazine Jeune Afrique Economique de septembre 1993, dans laquelle cette dernière a formellement démenti les propos de Eballe Angounou. Dès lors, a affirmé l’avocat, son client n’impute aucun fait au Président de la République. Il a aussi ajouté que le directeur adjoint du cabinet civil de la Présidence de la République Joseph Anderson Le, avait d’ailleurs en son temps commis un droit de réponse sur le sujet. Et par conséquent l’institution de la Présidence de la République n’a pas jugé bon d’intenter un procès, puisque le Président Biya est lui-même celui qui promeut la liberté d’opinion au Cameroun.
Pour conclure sa plaidoirie l’avocat a indiqué que ce procès est contre la liberté d’expression si chère au régime Biya. L’affaire a été mise en délibéré le 28 décembre prochain.
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