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La Chambre des Comptes semble sortir de la torpeur qui la caractérise depuis le lancement de l’opération d’assainissement des mœurs au pays de Paul Biya. Dans son rapport de l’année dernière rendu public cette fin d’année 2009, cette institution chargée de statuer sur les comptes des entreprises publiques et para publiques, indique que l’analyse des rapports de 5 entreprises montrent que des Présidents de Conseil d’Administration perçoivent entre un million et un million et demi de francs Cfa, d’allocations mensuelles et frais de session alors que la loi fixe le plafond entre 75 et 150 mille francs Cfa. Autre constat, les indemnités octroyées aux membres des conseils d’administrations. Elles oscillent entre 200 et 600 milles francs Cfa, alors qu’elles ne doivent pas dépasser 75 mille francs Cfa selon le législateur. Le président de la chambre des comptes a signalé tout cela et bien d’autres irrégularités encore dans une correspondance qu’il a adressé au ministre des finances, relevant au passage que l’autre difficulté réside dans la non production de toutes les pièces comptables nécessaires au contrôle.
Depuis le début de l’Opération Epervier du nom de cette campagne d’assainissement des mœurs caractérisée par l’arrestation de plusieurs directeurs généraux, Pca et ministres de la république, de nombreuses voies se sont élevés pour décrier la procédure, notamment l’absence de la Chambre des Comptes. Dans une interview publiée en Avril dernier, dans le quotidien La Nouvelle Expression, Me Réné Manfo, avocat au barreau du Cameroun, appelait au respect de cette procédure qui selon lui est contenue dans la loi N°2003/005 du 21 avril 2003 fixant les attributions , l’organisation et le fonctionnement de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême. Dans son article 37, elle stipule que « si l’instruction ou l’examen des comptes fait apparaitre des faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale, le procureur général près de la Cour Suprême informa le ministre chargé des finances et le ministres au autorités de tutelle intéressés. Le dossier est transmis au ministre de la justice par le procureur général près de la Cour Suprême. Cette transmission vaut plainte au nom de l’Etat, de la collectivité décentralisée, de l’entreprise publique ou parapublique ou de l’établissement public concerné ».
Autrement dit, ce rapport de la Chambre des Comptes, transmis au ministre des finances va bientôt donner lieu, si la procédure est respectée à de nouvelles poursuites judiciaires des dignitaires du régime. L’Epervier est donc reparti à la chasse..
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