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Dernière mise à jour: 16-Mar-2010 - 10h41
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Moïse ESSOH: 2010 doit être l’année du changement effectif !
Correspondance
Bruxelles, 08 JAN 2010
© Moïse ESSOH, CODE | Correspondance
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"L’heure est venue de combattre et de vaincre !"
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2010 doit être l’année du changement effectif !


Moise Essoh
Photo: © ME
En ce début d’année, après les vacuités et les promesses électorales dont le dictateur P. Barthélemy Biya a abreuvé les Camerounais le 31 décembre dernier, dans un discours qui n’aura eu comme seul intérêt que de confirmer l’extraordinaire hypocrisie et la désormais indiscutable responsabilité du bientôt octogénaire d’Etoudi dans la situation désastreuse du pays, l’attention doit se concentrer sur les conditions de vie des Camerounais et sur l’urgence d’un changement réel et définitif.

En effet, pour la très grande majorité des Camerounais, une fois passée la joie de fin d’année pour ceux qui ont pu « fêter », l’amère réalité est revenue : les jours se suivent et empirent et ce sont des jours de pauvreté, de misère et de mort.


2010 ne doit pas se passer sans résistance, sans lutter pour que le changement arrive avec succès.

2010, c’est exactement 50 ans après les mascarades d’indépendance octroyées par la France à ses vassaux d’Afrique. Et si certains pays tels que la Côte d’Ivoire ou le Bénin, se sont peu ou prou affranchis de la tutelle de la France, le Cameroun y est encore en plein. Son chef se targue d’ailleurs d’être devenu le nouveau contremaître (pardon, le « doyen ») de la Françafrique, cette mafia politico-affairiste qui maintient notre pays sous domination française.
Quelle indépendance célèbre-t-on dans de telles conditions ?

2010, c’est exactement 20 ans après 1990, l’année qui amorça la seconde lutte pour la libération du peuple camerounais, l’année où le peuple camerounais recommença à exprimer clairement sa volonté de sortir de la parenthèse de recul politique qui durait depuis 30 ans.

2010, c’est aussi l’année où, bien que la bataille contre le tripatouillage de la constitution ait été perdue en 2008, la guerre pour le changement à la tête du pays peut encore être gagnée.

2010 doit donc être l’année où le peuple camerounais, à l’intérieur comme en diaspora, par sa détermination et sa mobilisation, doit compléter l’adage : « Les chiens aboient, la caravane passe », par « Les chiens aboient, la caravane passe, jusqu’au jour où les chiens mordent les chameaux ».

2010 doit être l’année où P. Barthélemy Biya et ses sbires doivent constater que chaque fois qu’ils attenteront à la liberté fondamentale (politique, morale ou matérielle) d’un citoyen camerounais, la diaspora patriotique, si elle en est informée, répliquera d’une manière ou d’une autre, en soutien au citoyen opprimé, et en pointant la lumière sur le véritable visage de ce régime et de son chef.

2010 doit être l’année où le peuple camerounais doit obliger, avec plus de succès qu’en 1990-1992, l’autocrate à abdiquer sur le front des conditions électorales. Et si l’autocrate résiste, 2010 doit être l’année où la réponse populaire va le faire céder réellement et pour de bon.

2010 doit être l’année où, en boycottant la cérémonie du 20 mai, le peuple camerounais doit clairement indiquer à M. P. Barthélemy Biya que ce Cameroun-là n’est pas le Cameroun pour lequel sont morts les Um Nyobe, les Félix Moumié, les Osende Afana, les Ernest Ouandié. Ce sera aussi l’occasion pour les Camerounais de rendre enfin un véritablement hommage à ces héros que M. P. Barthélemy Biya a outragés en faisant allusion à eux sans les citer explicitement, lors de sa plaidoirie électorale du 31 décembre 2009. En effet, s’ils étaient encore vivants ou s’ils pouvaient revenir, en voyant dans quelle dépendance et dans quel état est le Cameroun en 2010, je ne les vois pas s’associant à une quelconque festivité organisée par ce régime.

Participer à ces « festivités », ce sera donc proprement les tuer une seconde fois.

2010, c’est l’année où le peuple camerounais doit forcer son destin, en changeant ce régime honni de la très grande majorité, mais en veillant également à ne pas mettre ce destin entre les mains d’un autre irresponsable, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, qui viendrait lui voler sa liberté retrouvée.

C’est pour cela aussi que chaque Camerounais doit désormais exiger des opposants qu’ils soient moralement, éthiquement et politiquement à la hauteur des exigences d’un vrai changement.

2010 doit être l’année où nos gesticulations verbales, à nous autres opposants souvent forts en discours incendiaires, doivent impérativement s’accompagner d’actions concrètes, et surtout d’actions honnêtes et responsables. Autrement, ces gesticulations continueront de s’apparenter à de simples aboiements, pendant que la caravane de la gabegie, de la corruption, de la terreur et du non-droit continuera de passer sans être réellement inquiétée.

2010 doit être l’année où aucune énergie ne doit être perdue à se donner des coups entre opposants clairement identifiés comme tels. Ne sont naturellement pas considérés comme tels ceux des « opposants » qui s’acoquinent ouvertement ou sournoisement avec le régime.

Dès aujourd’hui, et sans plus tarder, tous les patriotes et démocrates camerounais doivent faire de l’année 2010 une année de résistance victorieuse contre la dictature d’Etoudi.

Ils doivent contribuer à défendre, sur tous les plans, les populations contre le tyran et ses sbires.

C’est dans le cadre de cette lutte pour le changement effectif que tous les patriotes et démocrates doivent soutenir, sans états d’âme, des actions telles que l’initiative pour la libération du journaliste Jean Bosco Talla (voir http://lecode.afrikblog.com/archives/2009/12/29/16312821.html), la signature de la pétition pour la libération de Lapiro de Mbanga, supportée par une compilation musicale de combat et soutenue par le Comité de soutien des camerounais de la diaspora pour la libération de Lapiro (voir http://freelapiro.afrikblog.com) ou les actions en faveur des journalistes récemment convoqués par le régime qui veut les intimider.

Ce ne sont certes que de petites actions, mais ce sont les petits cours d’eau qui font de grandes rivières, dit l’adage. Et il faut bien commencer quelque part.

Et comme l’année ne fait que commencer, et la lutte recommencer, alors, Mobilisons-nous tous !

L’heure est venue de combattre et de vaincre !

Nous devons y croire.


Moïse ESSOH,
Secrétaire exécutif du CODE.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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