|
Même si Alexandre Song, Jean II Makoun et Eto’o fils ont rempli leurs mandats, même si d’autres jeunes ont montré qu’ils étaient dignes de confiance à un haut niveau, ceux qui aiment les Lions Indomptables et sont logiques envers eux savent aussi que cette équipe ne méritait même pas un quart de finale dans cette CAN 2010. Elle a atteint ce stade de la compétition grâce à une bonne fortune et à de nombreuses circonstances favorables. Peut-être que le football c’est aussi parfois la chance mais nous n’allions quand même pas l’avoir de notre côté à tous les coups. Autre paradoxe, c’est même, lorsqu’on se prend un 3-1, c’est à dire contre les pharaons d’Égypte, que les Lions Indomptables ont fait leur meilleur match. Force est cependant de constater que toute notre CAN s’est joué entre les dossards 1, 9, 8 et 4 du fameux 1984. Un peu d’humour au lendemain d’une défaite peut nous permettre de dire des vérités en souriant.
Le premier match contre le Gabon fut un récital d’occasions manquées. Un éventail d’un manque d’inspiration et le signe d’une équipe qui peut avoir le ballon sans pouvoir accélérer le jeu, ni trouver ce qu’il faut en faire pour dérouter l’adversaire. La sanction fut celle que nous connaissons tous : Cameroun 0, Gabon 1. Déjà ce jour-là, notre défense, notamment l’emblématique numéro 4 du fameux 1984, laissait filer un ballon facile que Daniel Cousin n’espérait même pas avoir. Les filets des Lions peuvent vous raconter la suite de l’histoire.
Le deuxième match contre la Zambie a encore mis en vedette américaine le fameux 1984. Le numéro 8 de celui-ci, c’est à dire Gérémi, s’est rendu compte qu’il n’était pas normal que l’on ait débuté un match sans encaisser un but dès les premières minutes. Il s’est donc chargé de jouer au passeur décisif en offrant gracieusement un ballon à un zambien. Il allait ensuite être incapable de courir quand Song Bahanag, le numéro 4 et figure de proue du fameux 1984, confondait nos buts avec ceux de l’équipe adverse. Sa tête plongeante dans nos buts fut si violente qu’on se demanda s’il avait, en fin de carrière, touché à la même écorce qu’Omam Biyick mais à l’envers. Par un réflexe extraordinaire, le numéro 1 du 1984 a tout fait pour empêcher à ce missile d’atteindre sa cible mais la volonté de marquer du bao numéro 4 était si forte que le ballon retomba entre les jambes d’un zambien qui ne se fit pas prié pour marquer. Nos filets s’en souviennent encore sûrement. Pour ne pas être du reste, le numéro 8 du 1984 allait nous marquer un but que même les plus grands sorciers du monde ne pouvaient prédire. Un ballon dégagé pour sauver une touche nous remit en scelle dans un match où les Lions étaient encore une fois mal embarqués. Samuel Eto’o fils, le numéro 9 du 1984 allait ensuite nous donner l’avantage grâce à une belle frappe croisée après un contrôle orientée suite à un beau débordement ponctué d’un centre dans notre flanc droit. Mais l’emblématique numéro 4 des Lions n’était pas content que le numéro 8 et le numéro 9 annulent ainsi tout son travail de nouvel avant centre de nos adversaires. Il consulta le numéro 1 du 1984 et se mit d’accord avec lui pour causer un penalty qui devait remettre les deux équipes dans un score de parité. Il fallut un Idrissou, outsider du fameux 1984 pour que ces jeux d’échec entre les membres du 1984 cesse et que les Lions gagnent enfin ce match de façon poussive.
Contre la Tunisie, le coach des Lions constata sûrement que seuls les numéros 9 et 1 du 1984 méritaient encore sa confiance. Le 4 et le 8 débutèrent au banc de touche. Ce fut un match pourtant entamé comme les autres. Les Lions prirent un but d’enter de jeu. But dans lequel le 1 du 1984 n’est pas tout blanc. Bref, les jeunes montrèrent qu’en compagnie du 1 et du 9 débarrassés du 4 et du 8, l’équipe pouvait avoir fière allure. Le 9 marqua encore mais la maladie contagieuse des têtes dans nos buts avait contaminé Chedjou qui loba encore une fois le 1 bizarrement assez éloigné de sa ligne de but alors que sa défense était sur le ballon. Ce fut un 2 partout laborieux. Il fut obtenu grâce à deux passes décisives de Webo et une belle frappe sèche de Nguémo. Comme quoi être jeune ça permet en effet de frapper fort et bien. Mais c’est aussi trembler au stade comme Chedjou.
Contre l’Égypte, le Cameroun a, à mon humble avis, livré sa meilleure rencontre. Alexandre Song fut exceptionnel comme d’habitude. Les jeunes comme Enoh et bien d’autres ont montré qu’ils avaient le niveau, le talent, la hargne, l’énergie et la fougue qui caractérisent souvent nos footballeurs. Mais, après une entame de match idéale, le fameux 1984 a encore frappé. Encore une fois, le numéro 8, désormais passeur décisif pour les attaquants adverses, n’était pas content que les Lions ne soient pas menés. Il a encore délivré une passe décisive à un adversaire. Il semble que le 4 et le 8 du 1984 soient atteints de schizophrénie en fin de carrière. Ils confondent en effet non seulement nos buts avec ceux de l’adversaire, mais aussi leurs coéquipiers avec leurs adversaires au point de délivrer des passes décisives aux attaquants adverses. Il serait aussi important, au cas où on voudrait les garder, d’examiner leurs yeux car ils ne doivent plus très bien voir à leur âge. Le numéro 1 du 1984 s’est chargé du reste du travail de liquidation des Lions lors de ce dernier match. Il a encaissé des buts qu’aucun gardien professionnel ou amateur camerounais n’a jamais encaissés à cette distance. Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Jacques Songo’o, Andem William et Même Alioum Boukar se sont certainement mordus les doigts en voyant comment Carlos Kaméni prends un but des 30-40 mètres. Quand on sait que ce numéro 1 du 1984 était trop jeune il y a quelques années pour signer un contrat, il normal de se poser la question de savoir son âge exact car il ne semble plus capable de plonger pour arrêter un ballon tiré de si loin et pas si violent que ça !
Exit donc le Cameroun de la CAN 2010. Notre sort s’est joué entre les pieds du fameux 1984. Le 9 a rempli son contrat en marquant 2 buts en quatre maths. C’est très bon pour un avant centre. Le 8 et le 4 ont trouvé ce qu’ils cherchaient depuis quelques temps. C’est à dire une humiliation planétaire qui efface et fait oublier tout ce qu’ils ont fait dans le passé avec les Lions. Le cas du 1 est sur la table car ce n’est plus le Kameni qu’on connaissait il y a quelques années. L’aspect positif de cette CAN c’est que des jeunes peuvent jouer et ne peuvent faire pire que le 8 et le 4 voire le 1. Je suis persuadé qu’un bon travail de prospection dans toutes les équipes du championnat local peut permettre de trouver de jeunes Camerounais capables de remplacer valablement le 8 et le 4 voire le 1 qui pour moi ne doit plus être titulaire à ce poste. En son temps, Claude le Roy dénicha bien Ndjanka Béaka en deuxième division dans Olympique de Mvolyé. On peut trouver d’autres joueurs de ce type. Les Lions ont souvent gagné des CAN grâce à leur défense de fer. Celle-ci doit être le principal chantier du Coach. Il y a Bassong et Assou Ekotto qui peuvent faire l’affaire.
« Un vieux peut se casser les dents dans du Couscous » dit un proverbe du Sud Cameroun. Pour le moment le 8 et le 4 du 1984 ne nous font encore seulement que perdre des matchs. Il faut même avoir peur qu’ils ne s’écroulent au mondial dans le stade et nous remémorent un mauvais souvenir : qu’ils arrêtent tant qu’il est temps !
Thierry AMOUGOU, Belgique
|