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Lors du sixième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (Rdc) le 30 juin 1966, Mobutu annonçait la réhabilitation de Patrice Lumumba, l’ex-Premier ministre assassiné le 17 janvier 1961 pendant l’occupation belge. En juillet 2009, l’actuel président de la Rdc, Joseph Kabila, lançait les travaux de réhabilitation et de modernisation du boulevard Lumumba, en hommage à celui que le pays considère comme un «héros national».
L’ancien président ghanéen Nkwame Nkrumah, qui s’était autoproclamé «président à vie» et dont les dernières années de son règne furent entachées par les répressions nées de la dictature qu’il avait instaurée dans le pays, fut aussi réhabilité par les autorités en place, notamment par Jerry Rawlings.
Décédé d’un cancer à 62 ans à Bucarest en Roumanie où il s’était exilé, sa dépouille fut ramenée au Ghana et un mausolée fut érigé à Accra en 1992 à sa mémoire. Qu’en est-il du rapatriement de la dépouille de l’ancien président camerounais Ahmadou Ahidjo, qui git depuis 20 ans au cimetière musulman de Dakar au Sénégal ? Si le retour au Cameroun des restes de l’ancien chef d’Etat est de plus en plus évoqué et même envisagé, les faits tardent à prendre corps. A qui la faute ? A la famille qui doit entreprendre les démarches nécessaires, affirme le chef de l’Etat Paul Biya. Au gouvernement camerounais car c’est à lui qu’échoit la responsabilité du retour du corps d’Ahmadou Ahidjo, affirme Germaine Ahidjo dans la livraison du magazine Situations du vendredi 29 janvier dernier. «Ahidjo est un patrimoine du Cameroun. Il ne peut plus s’agir d’une affaire de famille. C’est l’affaire de tout le Cameroun. C’est une affaire que le gouvernement, l’Etat camerounais doit prendre à son compte», relaye le magazine.
Un numéro entièrement relooké et haut en couleurs qui a accordé sa grande à «l’ex-first lady camerounaise», lui consacrant quatre pages à l’intérieur du magazine, dont la dernière fait découvrir Germaine Ahidjo et quelques membres de sa famille à travers un ensemble de clichés. Cette nouvelle formule du magazine fait ainsi une incursion dans la vie de Germaine Ahidjo depuis son exil sénégalais. Peignant cette dernière comme une femme de 76 ans dont «le poids des ans, les chocs, les blessures, les humiliations subies depuis le départ du pouvoir de son homme, l’exil interminable et le blocage sur le retour du corps de son mari au pays» n’ont en rien enlevé ce «sourire radieux et son charme». C’est d’un ton «calme» - même si la «passion» semble quelque peu animer son propos quand elle évoque le probable retour du corps de son mari dans son pays natal - que Germaine Ahidjo relève le rôle de l’Etat camerounais dans cette affaire.
«Ahidjo est mort (…). Ce qui compte aujourd’hui, c’est qu’il soit réhabilité, qu’il bénéficie d’obsèques officielles, qu’on solde le contentieux de ces années de tension», affirme celle qui a été première dame du Cameroun pendant près de 22 ans. Et dont le «dernier combat» est justement la réhabilitation effective et définitive de son mari. Selon elle, la famille Ahidjo ne pourra suivre que si le gouvernement camerounais met au point «les détails du protocole de ces obsèques officielles». Comme en Rdc avec Patrice Lumumba et au Ghana avec Nkwame Nkrumah, Germaine Ahidjo pense qu’ «il faut la réhabilitation, c’est un gage de réconciliation nationale. Je ne comprends pas que l’Etat ne comprenne pas que c’est ce qu’il faut faire». Simple logique pourtant, croit-elle savoir. Pour le magazine, «belle ou hideuse», le Cameroun doit «renouer véritablement avec son histoire». Un premier pas serait franchi avec le retour de la dépouille de l’ancien président camerounais. Surtout que, déclare Germaine Ahidjo, «la seule passion d’Ahidjo, c’était le Cameroun».
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