Javascript Tabs Menu by Deluxe-Tabs.com
Dernière mise à jour: 10-Mar-2010 - 23h29
Recherche:    Web CIN      By
205 visiteurs en ligne
Qui paye sort: Le gouvernement s’explique sur l’Opération Epervier
Click to jump to 'Le Jour'
YAOUNDE, 03 Jan. 2010
© Jules Romuald Nkonlak | Le Jour
 27 Réactions
Le ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary a précisé hier la position du gouvernement sur la lutte contre la corruption.
 E-Mail  Imprimer  Réagir Bookmark and Share
Il n’y a pas deux poids deux mesures dans la lutte contre la corruption». C’est ainsi que le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a réagi hier au cours d’un point de presse qu’il a initié à l’intention de la presse, à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé hier. Selon lui, il s’agissait de réagir à une publication de l’agence de presse France presse (Afp), relayée par l’édition Internet de l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Ces médias avaient prétendu que «l’opération épervier est à tête chercheuse». Le porte-parole du gouvernement camerounais a précisé, à cette occasion, que «la justice n’est pas aux ordres. La justice est la même pour tous.»

Le ministre a aussi été appelé à réagir à propos des actes de brutalité qu’auraient subies des personnalités interpellées. Pour lui, «le gouvernement ne veut humilier personnes. Nous devons plutôt protéger la dignité des personnalités interpellées».

Il reste que Issa Tchiroma a remarqué que «les Camerounais préfèrent la restitution de la richesse nationale mise à mal par la corruption et les prévaricateurs». De toutes les façons, pour le ministre, la liberté est possible si les biens détournés sont restitués. «Le code pénal autorise la transaction entre l’inculpé et le juge. Si ceux qui sont accusés sont prêts à rembourser, ils sont les bienvenus. Cela entraînera l’arrêt des poursuites intentées à leur encontre».

Des cas de fuites, de personnalités suspectées dans le cadre de cette lutte, contre la corruption ont été évoqués. Le porte parole du gouvernement a souligné que des procédures étaient intentée s avec l’aval de pays frères et amis du Cameroun.

Aziz Salatou

Issa Tchiroma: « La lutte corruption au Cameroun participe exclusivement su souci de protection de la fortune publique»

Le propos liminaire du ministre de la Communication.

Mesdames et messieurs, l’Agence France Presse a publié le 25 janvier 2010 un article sur la lutte contre la corruption au Cameroun, article repris le même jour par la rédaction web de Jeune Afrique. Afin d’éviter toute désinformation sur la lutte contre la corruption, je tiens à porter à votre connaissance les précisions ci-après:

La lutte corruption au Cameroun est une exigence légale et éthique qui participe exclusivement su souci de protection de la fortune publique, de la moralisation et de l’assainissement du comportement. La corruption au Cameroun, ainsi que l’attestent les procès ayant déjà eu lieu, ou en cours, se déroulent dans le cadre du respect du principe de l’Etat de droit, notamment l’indépendance de la justice, le principe d’égalité devant la loi pénale, le principe de la présomption d’innocence, le principe du débat contradictoire, et le droit à un procès équitable. La lutte corruption au Cameroun procède de la constance d’une volonté politique. En 1982, lors de l’accession la Magistrature suprême de son excellence Paul Biya réitérée en 2004 d’abord comme promesse à l’occasion de la campagne électorale, ensuite comme engagement par le biais du discours de prestation de serment devant les élus du peuple et devant le peuple

La lutte contre la corruption, au-delà de la qualité et de l’identité des personnes interpellées, jugées et condamnées ou libérées, participe de la consolidation de la justice et de la soumission de tous à la loi dans distinction fondée sur le rang ou le titre. En da qualité de garant du fonctionnement des institutions républicaines et de l’exécution des lois, le président de la République, dans ses différentes allocutions, exhorte à la lutte contre le corruption et prescrit la rigueur comme norme de comportement. Les procédures d’inscription, d’inculpation et der jugement relèvent au Cameroun comme dans tout Etat de droit du seul ressort et de l’initiative exclusive de la justice en vertu du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Interprétée autrement la lutte contre la corruption procède de la mauvaise fois et du dénigrement systématique parce que cette action relève simplement de l’application ferme et résolue de la loi. Je vous invite donc, mes chers amis journalistes, en vos qualités respectives, à prendre au sérieux la dynamique de l’Etat de droit telle qu’elle s’exprime dans notre pays.

Je vous remercie infiniment.


L’article de l’Afp: Au Cameroun, l'ombre du pouvoir pèse sur une opération "mains propres"

YAOUNDÉ — Les détracteurs du président camerounais Paul Biya le soupçonnent de tirer les ficelles de l'opération "mains propres", lancée fin 2004 et réactivée en début d'année avec l'incarcération de trois anciens ministres, pour mener une &purge politique.
Depuis les 11 et 12 janvier les ex-ministres de l'Education de base, Haman Adama et du Budget, Henri Engoulou, l'ex-secrétaire d'Etat Catherine Abena et une trentaine d'autres personnes sont emprisonnées.

Tous sont accusés de "détournement de fonds publics", un motif d'inculpation devenu banal au Cameroun, classé par l'ONG Transparency International parmi les pays les plus corrompus. Interrogé par l'AFP en 2008, l'ingénieur financier Babissakana avait estimé que 40% des dépenses de l'Etat ne servaient pas à la nation mais étaient détournées par des fonctionnaires indélicats.

Fin 2004, les autorités ont promis, sous la pression des bailleurs de fonds, de mettre fin à la saignée et lancé l'opération de lutte contre la corruption "Epervier". Depuis, des têtes tombent.
Derrière les barreaux, ils sont désormais une centaine dont 8 ex-ministres (un 9e est mort en détention), 7 anciens patrons d'entreprises publiques, un ex-ambassadeur, un ancien député, tous victimes d'Epervier.

Ceux d'entre eux qui ont déjà été jugés ont été sévèrement condamnés. L'ex-ministre de l'Energie Alphonse Siyam Siwé a ainsi écopé de la perpétuité en appel pour avoir détourné 53 millions d'euros avec 12 complices. De quoi faire réfléchir leurs successeurs.
Toutefois, beaucoup soupçonnent M. Biya, 76 ans dont 27 passés au pouvoir, d'utiliser cette opération "mains propres" à des fins politiques. Dans sa ligne de mire, d'après eux: l'élection présidentielle de 2011 à laquelle il pourrait être candidat.

Epervier est une "opération à tête chercheuse", dénonce ainsi Joshua Osih, vice-président du principal parti d'opposition, le Social Democratic Front (SDF). Elle vise les membres du régime "qui ne sont pas d'accord avec la présidence à vie de Biya" ainsi que "les brebis galeuses qui ne pèsent pas politiquement" et dont les arrestations lui donnent un semblant de crédibilité.

On assiste à une "purge politique" sous couvert de lutte contre la corruption, estime aussi le politologue Alain Fogué.
Selon la presse, plusieurs des ministres emprisonnés, dont celui des Finances Polycarpe Abah Abah suspecté de s'être constitué un fabuleux trésor de guerre, appartiendraient au "G11" (Génération 2011), une nébuleuse informelle constituée par des caciques en vue de la présidentielle.

Faut-il voir des similitudes avec l'affaire Titus Edzoa? En 1997, cet ancien médecin de M. Biya et homme clé de son régime, avait été arrêté pour "détournement de fonds publics". Il venait, deux semaines auparavant, d'annoncer sa candidature à la présidentielle. Il purge depuis une peine de 15 ans de prison. Un nouveau procès contre lui a été ouvert en octobre.
Pendant ce temps, des personnalités ne sont pas inquiétées alors qu'elles sont elles aussi, selon des rapports d'enquête, "coupables de mauvaise gestion", déplore M. Osih.
Epervier, qui d'après des avocats souffre d'importantes irrégularités de procédure, "n'est pas du tout politique", assure le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary. La justice "n'est pas aux ordres" de l'exécutif, dit-il.

Procès et emprisonnements ne servent à rien, répond le SDF. Une lutte efficace contre la corruption devrait passer par un système permettant d'identifier l'origine des biens des fonctionnaires et aux gestionnaires indélicats de rembourser les sommes détournées, juge-t-il.


Extraits du débat

La lutte contre la corruption

L’opération Epervier, cette appellation des journalistes comme vous l’avez dit tout à l’heure, dépouille la lutte contre la corruption de son universalité et de son intemporalité. Aujourd’hui tout le monde pense que la lutte contre la corruption a démarré en 2004 parce que les journalistes l’ont appelée opération Epervier. La lutte contre la corruption a commencé avec l’accession du président de la République, Son Excellence Paul Biya, à la Magistrature suprême en 1982. Rappelez –vous, quel est son credo politique, quel est le leitmotiv que tout le monde connaît ? Dès les premiers jours, dès ses premiers pas dans l’exercice du pouvoir, il a annoncé son credo qui est «rigueur et moralisation».

Le président de la République sait que l’être humain est fragile, sait que l’être humain est corruptible. Lorsque vous avez la responsabilité de gérer les biens publics, vous avez tendance à en user et en abuser. C’est pour ça que d’entrée de jeu, quand il est venu aux affaires, il a voulu faire de la protection de la richesse nationale le leitmotiv majeur, parce que déjà, au cours des années 80, 81, 82, il s’était aperçu de ce qu’il y avait déjà des déviances de certaines personnes qui avaient tendance à s’approprier de la richesse nationale. Dès le jour où l’Eternel l’a élevé à la dignité de président de la République du Cameroun, il a fait de la lutte contre la corruption l’objectif majeur.

Tout ce qui est excessif est éphémère. La vie procède par accélérations et décélérations. A un moment donné, on avait l’impression que le chef de l’Etat avait lâché prise, que le laisser-faire et le laisser-aller étaient la règle et la rigueur et la moralisation l’exception. C’était au moment où la vie prédisposait au ralentissement. Il a donc repris, l’opération a connu son pic, c’est pour ça que vous journalistes vous l’avez baptisée Opération Epervier.
(...)
Le gouvernement est aux commandes. Rien n’est laissé au hasard. Le président de la République est le seul comptable de la nation. Tous les collaborateurs du chef de l’Etat, chacun à hauteur de sa compétence, apportent ce qu’il peut au chef de l’Etat pour la traduction concrète du projet de société qu’il a présenté à la nation. Le processus qui doit mener à l’éradication de la corruption est en marche.

La séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire me prescrit de rester strictement dans le cadre de ce qui relève de la compétence de l’exécutif dont je suis aujourd’hui un représentant. S’agissant de ce qui apparaît aux yeux du profane comme une démarche sélective, le chef de l’Etat dispose de la liberté de choisir et de faire en sorte que le remède à administrer ne soit pas pire que la maladie. Vous n’allez pas imposer au chef de l’Etat un timing et un tempo qui ne sont pas de sa convenance. Il y a des citoyens qui ont été interpellés, qui sont passés devant la police judiciaire, après l’information, on est passé à l’instruction. Il y a des citoyens effectivement, reconnus coupables de forfaiture, de malversation, qui ont eu à se présenter devant le conseil de discipline budgétaire et financière. Des sanctions ont été prononcées et les dossiers acheminés au niveau de la justice. La compétence de l’exécutif s’arrête là. La justice n’est pas aux ordres au Cameroun. La justice est un pouvoir et un pouvoir qui n’accepte pas des immixtions. Vous n’allez pas demander au ministre de la Communication que je suis de dire à la justice «pourquoi est-ce que vous procédez de telle façon, alors que vous auriez dû procéder d’une autre façon ?»

Le rythme des arrestations

Est-ce qu’il y a une accusation sans fondement? Si quelque part vous pouvez prouver que quelqu’un a été traduit à tort devant les tribunaux, je vous assure que j’adhèrerai à votre idée. Toutes les accusations aujourd’hui connues sont-elles fondées ou pas? Pourquoi pensez-vous que c’est vous qui allez rythmer le mouvement de la justice? Vous voulez dire que la justice s’acharne contre certaines personnes? Posez la question à la justice, la justice vous répondra.

Le remboursement des sommes détournées

Les Camerounais préfèrent le remboursement des biens indûment prélevés à l’emprisonnement. C’est incontestable. Ce qui est également incontestable c’est que le code pénal autorise la transaction entre le juge et les prévenus. Tous ceux qui sont arrêtés aujourd’hui, si d’aventure ils sont prêts à restituer la fortune qu’ils ont indûment soustraite du Trésor public, les juges sont là, puisque le code pénal l’autorise, c’est possible de négocier. Sauf que malheureusement, jusqu’à présent, aucun des détenus ne s’est manifesté pour dire «je suis prêt à rembourser». C’est des rumeurs. Je dis aujourd’hui que parmi les prévenus, s’il y en a qui sont prêts à rentrer en transaction, ils sont les bienvenus. Cette restitution se traduira par l’extinction des poursuites.

Personne n’a avoué avoir soustrait la fortune quand bien même c’est établi. Tous ceux qui sont prévenus connaissent ce que dit le code pénal. Ils ont peut-être honte de reconnaître qu’ils sont des prévaricateurs ou des prédateurs. Encouragez-les et dites-leur que la liberté est possible à la seule condition, dans le cadre judiciaire, de restituer les biens qui ont été soustraits.
(...)

Lorsqu’il est établi que vous êtes un prévaricateur, il faut d’abord qu’on vous arrête. La deuxième étape consiste, devant le juge d’instruction de reconnaître qu’effectivement vous avez fait preuve de faiblesse, vous avez effectivement détourné, vous êtes prêts à rembourser ce que vous avez détourné en présentant des excuses à la nation. Si elle est indulgente et généreuse, elle va vous écouter et puis on en parle plus.

La lutte contre la corruption est aujourd’hui la bataille la plus populaire parmi les Camerounais. C’est pour ça que je suis persuadé que tous les Camerounais sont derrière le chef de l’Etat, en dépit des difficultés. Par rapport au rapatriement des fonds, il y a deux manières. Celle qu’autorise le code pénal, la négociation avec les prévenus prévaricateurs. Il y a également, lorsque le détourneur reste ferme dans sa position, la possibilité de mener des investigations de par le monde, essayer de localiser les endroits où cet argent se trouve et puis engager des procédures, des procédures extrêmement difficiles et longues afin de pouvoir récupérer la fortune soustraite.

La fuite de Dieudonné Ambassa Zang

Les frontières ne sont pas étanches. Ça a été l’exception qui confirme la règle. Aujourd’hui, tout ceux sur qui est suspendue l’épée de Damoclès de la lutte contre la corruption, rassurez-vous qu’ils font l’objet d’une attention particulière. A leur insu, de jour comme de nuit, ils sont suivis. L’honorable Ambassa a réussi à passer à travers les mailles du filet, ça arrive. (...)

La lutte est tellement immense qu’on s’occupe des cas qu’on a entre les mains. Evidemment on peut lancer un mandat d’arrêt international contre tel ou tel... Le gouvernement est en train de peaufiner une stratégie que je ne mettrai pas à votre disposition, vous risquez de la divulguer.

Le rapatriement des fonds

Ça va prendre du temps. Toutes les missions diplomatiques amies, tous les pays amis, dont prêts à voler au secours du gouvernement camerounais pour l’aider à détecter, à déceler, à localiser les comptes. Mais une fois qu’on a localisé, il faudrait une décision de justice qui permette au chef de l’Etat d’aller à la recherche de cette fortune. Une fois que cette décision de justice est prise, c’est le plus dur qui commence. Maintenant, il faut savoir où sont logés ces comptes.

L’article 66

L’article 66 est cet article qui est en train d’être implémenté par le chef de l’Etat. (...) On n’a pas imposé l’article 66 au chef de l’Etat. C’est son choix. Lorsque votre comportement ostentatoire suggère qu’il y a eu manifestation, ce mécanisme entre en branle et puis vous êtes inquiétés. On sait où habite le ministre Tchiroma, on sait si le ministre Tchiroma a des véhicules ou pas, di le ministre Tchiroma commence aujourd’hui à afficher un comportement ostentatoire, on doit s’inquiéter et le processus entre en ligne de compte. Le mythe qui entoure l’article 66 doit voler en éclat. Vous pensez que si on applique par l’article 66 on peut arrêter tous ceux qui ont été arrêtés?

Rédaction de Cameroon-Info.Net
© 2000-2010 Cameroon-Info.Net [ Hits: 3823 Réactions: 27 Transferts: 3 ]
 27 Réactions
 E-Mail  Imprimer  Réagir Bookmark and Share
Featured Stories...




P U B L I C I T E

Copyright  ©  2000 - 2009  Cameroon-Info.Net. Tous Droits Réservés.