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Un jour nouveau se lève sur la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Un nouveau capitaine est arrivé aux commandes du navire. L’Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama a pris officiellement ses fonctions de gouverneur de la BEAC, vendredi dernier au palais des Congrès de Yaoundé, au cours d’une cérémonie présidée par le président du comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC), le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Albert Besse. Après les remous sous fond de luttes d’influence et de détournements de fonds, qu’a connus la BEAC au cours des derniers mois voire années, l’installation du nouveau gouverneur est venue concrétiser les décisions prises lors de la 10e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de la CEMAC qui s’est tenue à Bangui en République centrafricaine les 16 et 17 janvier 2010. Il en ressort que Lucas Abaga Nchama prend le relais du Gabonais Philibert Andzembe. Davantage, au terme des travaux de Bangui, la Conférence des chefs d’Etat de la CEMAC a institué le principe de la rotation par ordre alphabétique des Etats membres, au niveau des institutions, organes et institutions spécialisées de la Communauté, mettant fin au consensus de Fort Lamy.
Ainsi, au-delà des aspects protocolaires, la cérémonie de vendredi a fixé le cap de l’action du nouveau patron de la BEAC. «Vous aurez la lourde charge de tout mettre en œuvre pour que renaisse durablement la confiance entre, d’une part, la BEAC et d’autre part, ses partenaires, les populations de la CEMAC et les opérateurs économiques, suite aux diverses affaires qui ont terni l’image de notre institution d’émission ». Paroles d’Albert Besse, président du comité ministériel de l’UMAC à l’endroit du gouverneur entrant.
En clair, Lucas Abaga Nchama est en mission pour redorer le blason de la banque. En outre, il lui a été clairement demandé de veiller à ce que tous ceux qui se sont rendus coupables de malversations soient poursuivis par la justice.
Le nouveau gouverneur doit insuffler un nouvel esprit au sein de cette institution qui a été sérieusement ébranlée par des affaires de détournements de fonds et de placements à risques. Renforcer la rigueur dans la gestion de la banque, garantir la bonne gouvernance. Comme le lui a rappelé Albert Besse, les chefs d’Etat lui font confiance et il faudrait qu’il trouve les solutions appropriées permettant de restaurer la crédibilité et l’image de la Banque centrale. Même son de cloche chez le ministre des Finances du Cameroun, Essimi Menye, qui a rassuré le nouveau gouverneur de tout l’appui du Cameroun, hôte du siège de la BEAC. Mais comme a rappelé le ministre des Finances camerounais, il s’agira, avant toute chose, d’appliquer à la lettre les recommandations formulées par les Chefs d’Etat de la CEMAC et par les organes de contrôle de la BEAC. Le message n’est certainement pas tombé dans les oreilles d’un sourd. Lucas Abaga Nchama en tant qu’ancien de la maison BEAC est parfaitement au courant des dossiers. A lui d’imprimer définitivement sa marque !
Lucas Abaga Nchama, un homme du sérail
S.P.E.
Le nouveau patron de la BEAC y a fait ses classes avant d’en prendre les commandes.
Si, pour les footballeurs qui changent de club, on évoque souvent la nécessaire période d’adaptation pour justifier leur timide rendement de départ, pour Lucas Abaga Nchama il n’en sera pas de même. En effet, l’Equato-guinéen ne fait pas un saut dans l’inconnu. La BEAC, il la connaît pour y avoir servi pendant plusieurs années. Du reste, avant sa nomination, il en était le directeur général des exploitations. C’est donc un homme de la maison qui arrive aux affaires, avec la lourde mission de «racheter une conduite» à la Banque centrale.
Agé de 48 ans, cet Equato-guinéen a le profil de l’emploi. Il a, par le passé, piloté le comité d’audit de la banque centrale. En tout cas, Lucas Abaga Nchama a la réputation d’un gestionnaire rigoureux et expérimenté. Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques et d’un DEA en Monnaie-finance-banque depuis 1995, il est également passé par le Centre de formation des agents d’encadrement supérieur de la BEAC avant de s’engager sur le terrain. Et depuis lors, il a roulé sa bosse comme cadre à la Direction nationale de la BEAC à Malabo puis à l’agence de Bata de 1999 à 2003. Par la suite, il a servi au sein de l’administration de son pays où son parcours a culminé avec un poste de secrétaire général du ministère des Finances et du Budget en 2006. Il a quitté ce poste en juillet 2008 pour réintégrer la BEAC en qualité de directeur général des exploitations.
Ce Fang natif d’Ebibeyin dans la province du Kié-Ntem sait qu’il est attendu au tournant. Il arrive avec le costume de « Zorro » pour redresser une situation délicate. Son état de grâce ne va donc pas durer bien longtemps. Et aussi bien ceux qui l’ont nommé que tous les observateurs de la CEMAC et au-delà sont impatients de voir ce qu’il peut proposer pour remettre la BEAC sur les bons rails. Dans ces conditions, le moindre de ses atouts n’est pas d’évoluer en, terrain connu. Mais c’est au pied du mur que le maçon sera jugé. Et ça c’est une autre affaire.
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