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Les "dix péchés capitaux" aux fondements de cette révolution camerounaise qui vient
Correspondance
24 FEV. 2011
© Thierry AMOUGOU | Correspondance
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Le rêve de nombreux Camerounais laissés à la touche du bien-être depuis trente ans par le Renouveau National, est de voir « Ben Ali dégage » et « Moubarak dégage » se transformer en « Paul Biya dégage » avec le même effet concret de changement à la tête de l’Etat.
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Dans une Afrique Noire où règne très souvent le calme plat des intellectuels face aux dictatures, dans une Afrique Noire où le pauvre passe de vie à trépas uniquement parce que le destin le veut et jamais parce que le pouvoir l’aura affamé et tué, dans une Afrique Noire où seul le pouvoir enterre les hommes de pouvoir et fait l’éloge funèbre de ceux qui l’exercent à vie en refusant d’être jugés par les vivants, dans une Afrique Noire où les conditions de vie sont largement moins bonnes que celles des peuples d’Afrique du Nord qui nous donnent, en ce début d’année 2011, un exemple historique de prise de conscience citoyenne, l’heure n’est pas à la politique de la bouche cousue de l’intellectuel de système.

L’heure n’est ni aux éternels concerts d’adulation, ni au silence complice et, encore moins, au poncepilatisme de ceux des nôtres dont les études et les diplômes accumulés n’ont pour unique but que leur bien-être personnel. Le monde et ses problèmes ne s’arrêtent pas aux dimensions de nos ventres ni à notre petite famille aux appétits privés et généalogiques. La souffrance des peuples est si grande que l’intellectuel subsaharien se doit d’être le premier à pointer du doigt ce qui empêche aux populations africaines du Sud du Sahara de vivre en abondance une vie décente. Le faire est un devoir citoyen et un impératif humaniste. Ce serait une démission collective et une défaite, tant de la raison que de la pensée, que de constater que les intérêts individuels et égoïstes de plusieurs de nos esprits les plus éclairés, deviennent les arguments les plus solides au service de la pérennité des régimes asservissants et handicapants qui broient des vies dans un continent qui, ayant connu la colonisation, devrait ériger la dignité et la vie humaine au rang des choses sacrées et intouchables.

La charité bien ordonnée commençant par soi-même, je pense, ainsi que je l’ai toujours fait, que la meilleure façon de parler de liberté aux populations est de l’exercer soi-même. Ce qui revient à se comporter en homme libre vis-à-vis des régimes que nombreux d’entre nous caressons dans le sens du poil, chacun attendant son tour chez le coiffeur. Sauf qu’à force de jouer à ce petit jeu égoïste et nombriliste de la chaise musicale, le peuple africain se dirige sûrement vers les abîmes de la pauvreté dans un continent qui abonde pourtant de richesses de toutes sortes. En ce qui concerne le Cameroun, centre d’intérêt de nos préoccupations, il serait hypocrite, et donc, inconséquent, de ne pas constater qu’en dehors de ceux qui émargent dans la cour du Prince, le rêve dont rêvent de nombreux Camerounais laissés à la touche du bien-être depuis trente ans par le Renouveau National, est de voir « Ben Ali dégage » et « Moubarak dégage », se transformer en « Paul Biya dégage » avec le même effet concret de changement à la tête de l’Etat. C’est aussi être réaliste et objectif, et non simplement un affreux et sombre opposant, que de constater qu’avoir un tel rêve après plus d’un quart de siècle de souffrance pour plusieurs, est un rêve à la fois légitime et beau. C’est, pour ces Camerounais-là, un rêve noble de se défaire d’un régime qui les oppresse et dans lequel ils n’ont jamais rencontré l’épanouissement que doit assurer un pouvoir juste. C’est un rêve jadis rêvé et réalisé par Toussaint Louverture, premier Président noir d’un Etat indépendant au sens occidental de ce terme. C’est un rêve caressé par les hébreux en esclavage en Egypte pendant 400 ans, par les déportés en camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale, et par des Africains sous le joug colonial pendant près d’un siècle. Bref, c’est le rêve d’un citoyen normal qui aspire à mieux que ce qu’il vit depuis près de trente ans du fait d’un des siens aux commandes de l’Etat. Au lieu de faire comme si avoir assez d’un régime vieux de trente ans n’est pas un sentiment humain, normal et compréhensible pour tous ceux qui refusent une servitude volontaire, il serait plus constructeur, pour l’avenir du pays, que les bourreaux de cette mise en perspective onirique de la vie heureuse de nombreux Camerounais, sachent qu’ils sont aux fondements du mal être et du malaise de plusieurs d’entre nous. C’est une chance et même un honneur que d’avoir des citoyens camerounais capables de dire qu’ils ont assez d’un régime qui ne fait rien d’autre que de chercher à durer et de toujours durer alors que ses résultats sont minables. Etant donné qu’ELECAM interdit à ces citoyens d’avoir confiance au scrutin et donc de prendre la voie des urnes pour que la voix du peuple sanctionne négativement le régime inique qu’ils condamnent, étant donné que la modification constitutionnelle de 2008 a montré la couleur d’un régime dont l’obsession de vie éternelle est chronique, il ne reste plus que la rue aux Camerounais : un régime qui ne laisse que la rue aux populations fait lui-même de cette rue l’agora et l’instrument qui le vomissent et le poussent à résipiscence.

Ceci étant dit, j’estime qu’il est de mon devoir de citoyen, non d’appeler à la révolution de montrer qu’il serait tout à fait normal et de l’ordre logique des choses que cette révolution survienne. Il est important de montrer que ceux qui appellent à l’insurrection populaire au Cameroun sont à la fois une production et une conséquence du régime en place et de ses effets. C’est ce régime la cause principale de l’apparition d’un Cameroun et d’une frange de citoyens transformés en « sans culotes » au propre comme au figuré. Remplir un tel devoir citoyen exige que je donne les fondements objectifs de cette révolution camerounaise qui vient. Révolution qui, je le pense, est inévitable dans l’état actuel de la société camerounaise. J’ai décidé d’apporter du grain à moudre au moulin de ceux qui veulent que le Renouveau National soit de l’histoire ancienne afin que naissent un Cameroun nouveau capable de nouveaux espoirs et de nouveaux rêves. Les arguments que j’avance sont baptisés « les 10 péchés capitaux qui fondent cette révolution camerounaise qui vient ». Pourquoi dix péchés capitaux ? Pour deux raisons : a) Le Renouveau National avait été présenté dès ses débuts comme un régime vertueux du seul fait que son leader était fils de catéchiste et ancien séminariste. b) la symbolique du péché est donc indiquée pour parler de ses fourvoiements réels. Ces péchés donnent, d’après moi, les conditions objectives d’un pays dont l’état sociopolitique autorise le droit de contester le régime en place, non par tous les moyens, mais par le seul et unique moyen qui reste aux populations, c'est-à-dire la rue.

L’intellectuel se doit de moins écouter son ventre lorsque la cohésion et la continuité paisible d’une société sont à ce niveau menacées par un régime atteint d’ivresse du pouvoir. Il se doit de soutenir les velléités de liberté car tout peuple, ainsi que le dit le philosophe, est déjà toujours prêt et mûr pour la liberté. Il se doit d’œuvrer pour transformer en flamme ardente la moindre étincèle de revendication au profit des libertés. C’est pourquoi je soutiens, avec enthousiasme, ce qui se passe en Tunisie et en Egypte. Les inquiétudes des conservateurs de tout bord ne m’inquiètent pas le moins du monde vu que c’est d’abord le sort des peuples qui prime. Les Tunisiens et les Egyptiens sont en train de combattre, avec succès, la seconde génération de la colonisation africaine inaugurée, après les années soixante, par les élites africaines au pouvoir. L’œuvre des peuples égyptien et tunisien sert ainsi, non seulement le parachèvement du processus d’indépendance du continent africain, mais aussi, à éduquer les pouvoirs africains par le biais d’une expression populaire qui sonne comme un rappel à l’ordre normal des choses : celui des pouvoirs au service d’un surplus de vie et non d’un surcroît de mort. Ce sont des révolutions saines parce que non estampillées libéralisme, socialisme ou communisme, mais tout simplement d’un droit naturel, la liberté. L’Afrique Noire mérite plus que Jamais des Présidents démocratiquement élus, des Présidents qui respectent la Constitution en ce sens qu’ils la changent, non pour une fin médiocre comme rester au pouvoir, mais uniquement lorsque ce changement est nécessaire au développement du pays et à l’épanouissement des populations. Les arguments avancés par de nombreux Africains pour accuser la main mise occidentale en Afrique Noire n’ont aucun poids réformateur si nos cerveaux et nos esprits évitent soigneusement de voir ce que nos propres élites, et ce, depuis la période coloniale, font de nos pays, atteintes qu’elles le sont d’une névrose du pouvoir à vie en lieu et place d’une névrose du développement du continent.


Les fondements objectifs de cette révolution camerounaise qui vient

Le tableau de bord politique et social du Cameroun est plus alarmant que ceux de la Tunisie et de l’Egypte, pays qui ont le même revenu par tête que la Chine actuelle. S’il faut parler comme l’économiste que je suis, je dirai que les fondamentaux à partir desquels on peut juger de la stabilité et de la cohésion d’une société sont tous au rouge. En conséquence, la question que devrait se poser ceux qui nous gouvernent et répriment dans le sang toute velléité de liberté, la question qu’ils devraient se poser face à la fronde populaire qu’ils provoquent, est celle de savoir quels sont les paramètres explicatifs de cet écho populaire qui les maudit et les vomit. Etant donné que les intéressés font semblant qu’il n’existe aucun argument objectif au fondement d’une révolution populaire au Cameroun, et préfèrent la politique de l’autruche aux avantages d’une réflexivité critique, je me sens le devoir et le droit de dire à haute et intelligible voix ce qui ne va pas au sein du triangle national.

Péché capital n°1 : Trente ans sous la coupe d’un seul et unique régime est une situation qui irrite et révolte d’autant plus que ce maintien s’est fait par des moyens en dehors des règles de l’art démocratique

Dans un premier temps, il est humain et même normal pour un citoyen, d’étouffer s’il passe trente ans sous la direction d’un régime quel qu’il soit. Le General De Gaulle qui avait libéré la France de l’occupation nazie avait une légitimité éternelle, mais les populations françaises en avaient déjà assez en mai 1968. Ceci dit, tous les peuples du monde ont besoin de respiration et de changement. Ce besoin de changement et de renouvellement est d’autant plus grand dans le cas camerounais que le Renouveau National se maintient au pouvoir par des tricheries politiques basées sur les truquages électoraux et les manipulations constitutionnelles. En pareilles situations, le peuple ne se sent plus maître et responsable de son destin. Son avenir devient défini par une espèce de force suprême qui régule la société en dehors et au-delà d’elle-même. C’est ce qu’est devenu le Renouveau National en 2011. Donc, non seulement il a trop duré, mais aussi, il l’a fait par des moyens illicites démocratiquement parlant. Un homme qui fait trois décennies à la tête d’un Etat sans être un roi est un dictateur à l’état pur car aucune démocratie au monde ne tolère et n’autorise une telle possibilité. Voici un Président qui disait aux Camerounais que la retraite n’était pas une sanction alors que tout ce qu’il fait pour garder le pouvoir prouve qu’il considère sa propre retraite comme une sanction.

Péché capital n°2 : La promesse fondatrice de la substance politique du Renouveau National n’a pas été tenue

Le Cameroun dont de nombreux compatriotes contestent la légitimité en tant que continuité politique et pratique encore aux affaires, est celui d’une grosse escroquerie politique. Celle-ci consiste à dire aux Camerounais que le fait qu’un régime promette rigueur et moralisation en 1982, mais récolte l’opération épervier trente ans après, est une promesse tenue. Cela s’appelle ne pas assumer ses échecs politiques en faisant de sa longévité au pouvoir une variable indépendante de ses résultats concrets. Cette pratique et cet exercice du pouvoir ont ainsi donné naissance à un peuple camerounais frustré parce que sans cesse « entubé » et infantilisé par un exercice du pouvoir basé sur la tricherie et le contre-pied permanents des aspirations populaires. Cela transforme le peuple en moutons de panurge, ce qu’il déteste plus que tout.

Péché capital n°3: Le recyclage permanent des échecs en nouveaux arguments de campagne

Non seulement le Renouveau National se maintient au pouvoir par des moyens illicites, mais aussi il compte y faire mourir son leader en projetant sa continuité au-delà de 2011. Le cycle politico-économique (la propagande politique) qui prépare ce pouvoir ad vitam aeternam est basé sur un recyclage des échecs consommés en succès : l’opération épervier qui signe l’échec cuisant de trente ans de rigueur et de la moralisation théoriques et non pratiques, devient un succès ; le comice agro-pastoral d’Ebolawa, autre échec vieux de près de 20 ans, devient l’argument du couronnement de Paul Biya en « sages des sages » d’un Sud où « le paradoxe du pays organisateur » a montré que les populations étaient frappée du syndrome du Dieu loin de ceux qui habitent proche de l’Eglise ; la rencontre avec John Fru Ndi devient synonyme de démocratie apaisée ; un cinquantenaire sans portée historique devient un exploit quand une armée camerounaise qui tue encore des Camerounais au 21ème siècle est portée aux nues à Bamenda. Ça s’appelle de l’acharnement thérapeutique sur un Renouveau National mort de sa bonne mort comme idéologie politique.


Péché capital n°4 : Le bricolage politique sur les corps en souffrance des Camerounais depuis trente ans

L’acharnement thérapeutique dont je parle débouche automatiquement sur du bricolage politique car le Renouveau National veut faire feu de tout bois pour maintenir la flamme. Le grand danger d’une telle attitude est d’oublier que plus d’un quart de siècle de pouvoir ont laissé des femmes, des enfants et des hommes à la touche et que le bricolage qui est fait des échecs consommés ne fait que détériorer leur situation et l’état du monde qu’ils vivent. En un mot, le Renouveau National bricole avec la souffrance et avec la vie en souffrance de plusieurs Camerounais. Le Président a les médecins suisses pour son corps alors que les Camerounais ont ses échecs comme agents pathogènes des leurs.

Péché capital n°5 : Une démocratie apaisée bâtie sur la souffrance sociale et le sang versé pour garder le pouvoir

Parler de démocratie apaisée dans un pays où la modification constitutionnelle devient uns stratégie d’obstruction permanente du jeu démocratique, parler de démocratie apaisée dans un pays où le régime autorise des tirs à balles réelles sur ses propres citoyens, parler de démocratie apaisée au sein d’Etat où le commandement opérationnel de Douala a fait disparaître plusieurs Camerounais sans suite, parler de démocratie apaisée dans une post-colonie africaine où les noms des héros de nos indépendances restent tabous dans la bouche du Président lors d’un cinquantenaire célébrant lesdites indépendances, parler de démocratie apaisée dans un Cameroun où le corps de son premier Président reste en errance au Sénégal comme celui d’un apatride, parler de démocratie apaisée dans un pays où les étudiants sont encore réprimées par les forces de l’ordre, est tout simplement le masque que se construit une dictature pour avancer incognito. En effet, ces réalités sont en incompatibilité dirimante avec la réalité d’une démocratie apaisée. La démocratie apaisée, version Renouveau National, est donc synonyme de paix des puissants et des vainqueurs installée par la dictature. C’est ce que révèle le binôme Paul Biya/Fru Ndi, l’un détenteur du pouvoir depuis 1982, et l’autre du titre de leader de l’opposition camerounaise. Binôme qui prépare ainsi l’enterrement définitif du Cameroun en 2011. Il va donc sans dire que Paul Biya est plus dangereux pour le Cameroun qu’Ahidjo et Fru Ndi plus dangereux pour le Cameroun que Biya. Ahidjo avait un avantage positif sur eux parce qu’il était clair sur la nature dictatoriale de son régime alors que les deux autres feignent d’être des démocrates alors qu’ils n’en sont pas du tout.


Péché capital n°6 : La rue comme seul recours des sans voix et des laissés-pour-compte

Une fois que la Constitution devient le principal instrument de maintien au pouvoir, une fois que l’armée étouffe dans l’œuf toute tentative de contestation véritable, une fois qu’ELECAM devient le point final des revendications d’une commission électorale indépendante en rendant inopérante toute révolution par les urnes, alors la rue devient le seul et unique lieu où le peuple camerounais peut s’exprimer et reprendre le pouvoir qui est le sien en mettant les points sur les i. Si, à l’exception du Bénin et du Ghana, les régimes africains en place ne s’éduquent pas eux-mêmes en intégrant l’alternance comme modalité régulatrice de la vie politique, alors les peuples ont le droit de se charger de cette éducation des pouvoirs, afin de leur inculquer ce principe démocratique. La rue peut de ce fait devenir la caisse de résonnance du peuple en lieu et place d’un parlement camerounais mis au pas par le Renouveau National.


Péché capital n°7 : Le soldat comme valeur suprême de la société camerounaise

Les Camerounais ont le droit de se rebeller contre un pouvoir qui a fait du soudard l‘individu les plus important de sa société. La crédibilité des armes ne peut en aucun cas, ainsi que l’a fait le Renouveau National, devenir la valeur suprême d’une société. Il faut un Cameroun qui restaure la vraie échelle des valeurs pouvant bâtir une société prospère. Les armées ont pour seule et unique fonction d’offrir la sécurité comme un bien public à tous les citoyens. Les armées égyptienne et tunisienne l’ont compris.

Péché capital n°8: Un peuple mis à l’écart des changements de régimes depuis les luttes d’indépendance

Le peuple camerounais est avide d’élire lui-même un Président et de poser les bases d’un nouveau contrat social. Ce privilège ne lui a jamais été offert au regard de l’histoire politique du pays. Ahmadou Ahidjo a été imposé par l’administration coloniale française au détriment des nationalistes camerounais. Par la suite, Paul Biya a été imposé aux Camerounais par Ahmadou Ahidjo. Moralité, les Camerounais ont connu deux régimes qu’ils n’ont jamais eux-mêmes inaugurés. Chaque régime s’installe et met en place une dictature qui cherche encore comment garder le pouvoir dans la même élite coloniale et néocoloniale qui se reproduit de générations en générations. Si ELECAM bloque la voie des urnes et ainsi les voix du peuple, alors elles ne peuvent s’exprimer que par la révolte populaire. Le premier doit inaliénable de son indépendance que n’a jamais eu le peuple camerounais est celui du libre choix de ses dirigeants.


Péché capital n°9 : La hausse du risque quotidien et de l’incertitude du lendemain pour les chômeurs trentenaires

Des enfants nés en 1982 lorsque le Renouveau National accédait au pouvoir sont déjà trentenaires aujourd’hui et plusieurs d’entre eux n’ont jamais connu que le chômage ou des métiers de précarité. Ils sont en âge de fonder des familles mais incapables de le faire car vivant dans la précarité. Vouloir perpétuer le Renouveau National est une façon de proposer à ceux-ci un prolongement de l’incertitude et des risques qui émaillent leur vie quotidienne. Un nouveau régime avec de nouvelles idées et de nouveaux projets peut leur être utile car le chômage cognitif entraîne une dépréciation de l’intelligence quand le chômage de masse plombe les vies de plusieurs au stade du rêve éternel.


Péché capital n°10 : Une justice camerounaise qui se discrédite par une kyrielle de procès politiques au service d’un populisme pénal

Le Renouveau National n’a pas seulement transformé la Constitution camerounaise en paillasson pour ses ambitions de pouvoir jusqu’à ce que mort s’en suive. Il a aussi détruit un édifice au sein d’un Etat, la justice camerounaise. Cette dernière est devenue un instrument du pouvoir exécutif qui la régule par le biais des procès politiques qui jettent le discrédit sur elle. Le Renouveau National est en train de bâtir une justice où la sanction pénale a pour rôle de dédouaner le politique de ses erreurs et de ses échecs depuis trente ans. Le Cameroun, ainsi que le démontre l’opération épervier, est à l’heure d’une justice au service d’un populisme pénal lui-même au service de la campagne présidentielle du Renouveau National.

Ce sont, à mon avis, ces dix péchés capitaux qui fondent objectivement cette révolution camerounaise qui vient. Le Renouveau National peut y échapper sans que cela soit une victoire car, tant que les dynamiques décrites ci-dessus sont en place, ce sera toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de tout régime qui suivra. Son temps sera connu quand l’heure sera venue. Seuls les Camerounais en décideront et la répression sanglante annoncée et appliquée le 23 février 2011 dernier n’y pourra rien.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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