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Depuis quelques jours, au siège de l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) à Yaoundé, on procède au décompte. Il est question pour Bernard Njonga et les autres membres de savoir, au moment où la campagne électorale bat son plein, qui a signé le Pacte pour le développement rural, la charte de développement de nos campagnes et de notre agriculture, mise en route par un ensemble d'associations paysannes camerounaises, à l'occasion de l'élection présidentielle du 9 octobre prochain.
Le Pacte dont Le Messager a longuement fait état dans ses colonnes depuis sa genèse, vise à faire prendre aux candidats à l'élection présidentielle un engagement pour sa mise en œuvre effective au moment où l'un des signataires sera au pouvoir au Cameroun. Pour rappel, avec un coût d'un investissement financier estimé à 105 milliards Fcfa, pendant tout le septennat du mandat présidentiel, soit 15 milliards par an, le Pacte pour le développement rural devrait, selon une étude irréfutable de ses initiateurs, permettre au Cameroun, non seulement de développer le monde rural et d'en faire un atout majeur de notre économie, mais aussi d'introduire notre pays dans la catégorie des pays émergents à la fin du dit septennat.
Depuis que le Pacte a été lancé, il semble avoir connu une adhésion populaire débordante. Déjà, la «Déclaration de Yaoundé» qui dit «Oui pour le développement rural», a enregistré plus de 25 000 signatures. La coalition de la société civile qui a initié ce projet a attendu que Elecam, l'organe en charge de la gestion du processus électoral au Cameroun, rende public la liste des candidats et que le contentieux électoral soit entièrement vidé au niveau de la Cour suprême siégeant en Conseil constitutionnel, pour le mettre en évidence. C'est à-dire mettre en œuvre le processus de signature du Pacte par les candidats définitivement retenus.
Cinq catégories de signataires
C'est ainsi que, jusqu'au moment où nous mettions sous presse, 19 candidats sur 23 à cette élection présidentielle avaient signé le Pacte. Il y a ainsi cinq principales catégories. La première catégorie est celle des candidats qui sont spontanément venus vers l’Acdic, le mandataire du Pacte. Il s'agit de Kabang Walla Edith dit Kah Walla, du Cameroon People's Party, Momo Jean de Dieu, des Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun, et de Ekané Anicet Georges, candidat du Manidem. Ceux là ont signé immédiatement et ont ouvert le bal.
La deuxième catégorie des signataires est celle des candidats qui ont appelé au téléphone l’Acdic, pour savoir de quoi il s'agissait exactement, et une fois que des explications leur ont été données, ils ont tout de suite aussi signé. Il s'agit entre autres du Dr Olivier Bilé, de l’Union pour la fraternité et la prospérité, de Victorin Hameni Bieleu, de l’Union des forces démocratiques du Cameroun.
La catégorie suivante est celle des candidats vers qui l'Acdic est allée, et qui ont signé sans se faire prier outre mesure. On retrouve ainsi dans cette catégorie, Bernard Muna de l'Alliance des forces progressistes, Ayah Paul Abine du People's Action party, Albert Dzongang de la Dynamique, Simon Pierre Atangana Nsoe de Le Grand Cameroun, Ngo Fritz Pierre du Mouvement des Ecologistes camerounais, Hubert Kamgang de l’Union de populations africaines, Georges Gobgina Nyamndi du social Libéral congress, et Marcus Lontouo, du Congrès national camerounais.
Font partie de la quatrième catégorie des signataires, les candidats qui ont demandé à recevoir le document, de l’étudier avec leurs équipes, pour après le signer. Parmi eux, il y a Ni John Fru Ndi du Social democratic front, Garga Haman Adji de l’Alliance pour la démocratie et le développement, et du Dr Adamou Ndam Njoya de l’Union démocratique camerounaise.
Enfin, il y a les signataires de la «dernière minute», dont font partie Isaac Feuzeu du Mouvement pour l'émergence et le réveil du citoyen, Daniel Soh Fone, du Parti socialiste unifié. Il a fallu en fait à l’Acdic de retrouver assez âprement leur contact.
Il reste trois candidats de l'opposition qui n’ont pas encore signé le Pacte pour le développement rural. Il y a d'abord ceux qui ont effectivement été contactés. Parmi eux, il y a Dang Bayibidio Esther, candidate du Bloc pour la reconstruction et l'indépendance. Approchée par l’Acdic, l’économiste qui voudrait une fois élue, redresser efficacement l'économie camerounaise, aurait répondu qu'elle ne signera que si Paul Biya signe. Ensuite, il y a Njeunga Jean, du Front Uni du Cameroun, qui, après avoir invité le président de l'Acdic Bernard Njonga à le retrouver dans sa boutique du marché central de Douala, a dit qu'il signera après la présidentielle. L'ingénieur agronome Joachim Tabi Owono, qui aurait dû se montrer intéressé par le Pacte, jusque là, selon les indications de l'Acdic, donne continuellement des faux rendez-vous.
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