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Sciences: Arthur Zang, 24 ans, concoit la première tablette tactile africaine à usage médical
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YAOUNDE - 16 NOV. 2011
© Beaugas-Orain Djoyum | Le Jour
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Le jeune ingénieur camerounais de 24 ans a conçu la première tablette tactile africaine à usage médical. Son utilité, consulter les malades à distance et transférer, via le Gsm, les fréquences cardiaques des patients.
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Arthur ZANG et la tablette tactile
Photo: © Le Jour


Génial Arthur Zang !

Le jeune ingénieur camerounais de 24 ans a conçu la première tablette tactile africaine à usage médical. Son utilité, consulter les malades à distance et transférer, via le Gsm, les fréquences cardiaques des patients.

Au Cameroun, il existe environ 30 cardiologues pour 20 millions d’habitants. La situation dans les zones rurales est encore plus inquiétante, où ces cardiologues ne s’y rendent pas toujours, préférant s’installer dans les grandes métropoles.

D’autres sont nommés dans des ministères où ils officient comme cadres d’administration. Dans les rares hôpitaux qui ont un cardiologue, les files d’attente sont interminables et il n’y a pas toujours le matériel adéquat pour le diagnostic. « Je connais un directeur général qui, pendant trois jours, a cherché en vain à rencontrer un cardiologue à Yaoundé. Imaginez-vous si c’était un pauvre», observe Arthur Zang, le concepteur de Cardiopad. Conséquence, des milliers de Camerounais meurent chaque année d’accidents cardio-vasculaires ou de toute autre maladie liée au cœur, faute de soins.

Face à ce constat, Arthur Zang, 24 ans, ingénieur en Génie informatique et diplômé de l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, a décidé de mettre un terme aux distances à parcourir par les patients pour rencontrer un cardiologue. Son stage académique à l’hôpital général de Yaoundé en 2010 y a été pour beaucoup. Il a donc conçu une tablette tactile : Cardiopad. Un terminal semblable aux tablettes tactiles occidentales, mais doté d’un système embarqué, qui permet de capter les fréquences cardiaques d’un malade et de transférer ces données, via le réseau GSm, à un cardiologue distant disposant aussi d’un Cardiopad. Le cardiologue analyse les résultats et prescrit la médication appropriée. Ainsi, un patient du village Gado à l’Est du pays, à de centaines de kilomètres de Yaoundé et Douala, n’aura pas à se déplacer vers la ville pour consulter. « Cela fait gagner en temps et en dépenses, sans compter les accidents de la route qu’on observe très souvent», explique Arthur Zang.


Mobil Cardio OCG

Etant donné que dans ce domaine l’erreur n’est pas permise et la qualité de la fréquence cardiaque devant donc être exacte, Arthur Zang a conçu un système d’acquisition, de traitement et de transmission via le réseau Gsm du signal cardiaque, mais aussi un logiciel (Mobil Cardio OCG). Il permet d’acquérir, d’amplifier, de filtrer les fréquences cardiaques d’un malade. Pour éviter les effets secondaires de l’appareil sur le patient, ce n’est pas Cardiopad qui est connecté au cœur du patient, mais un terminal doté d’un bluetooth : Cardiopad Acquisition Mobile (Cam). C’est ce Cam qui détient les câbles électrodes posés sur le cœur du patient et qui collecte les données et les transfère au Cardiopad via le bluetooth.

Le logiciel Mobil Cardio OCG a d’ailleurs été la réalisation professionnelle du mémoire d’Arthur Zang soutenu en 2010 au terme de sa formation avec mention Très bien. « En cinquième année à l’Ensp, je soutiens un mémoire d’ingénieur de conception et le thème de la soutenance est : ’’Conception et réalisation d’un système d’acquisition, de traitement et de transmission via le réseau Gsm du signal cardiaque’’. Je réalise donc le logiciel Mobil Cardio OCG qui permet, à partir d’un ordinateur, de faire des examens cardiaques à un patient et de les transmettre à un ordinateur via un modem. Après ma sortie de l’école, bien que le logiciel soit déjà fonctionnel, j’étais convaincu je n’avais pas réalisé mon travail à 100%. C’est ainsi que je rentre à nouveau au laboratoire de l’Ecole pour un an afin de continuer mes recherches pour améliorer mon logiciel. C’est là que j’ai eu l’idée de la tablette tactile, qui aura plus de mobilité et qui sera dotée de son système d’exploitation et de ses propres programmes afin qu’on n’ait plus besoin de se déplacer avec les ordinateurs », raconte Arthur Zang. N’étant pas doté de connaissances en électronique, il s’inscrit dans une université indienne et suit à distance des cours d’électronique numérique et de systèmes embarqués. C’est au terme de cette formation qu’il conçoit la tablette tactile Cardiopad sur le plan électronique. Il commande les composants en Chine pour le prototype à hauteur de 600 000 F Cfa. Il assemble ce matériel, y installe son système d’exploitation et ses programmes logiciels. Il crée ainsi la première tablette tactile camerounaise à usage médical. Le prototype est un écran tactile Lvds Lcd de 10 pouces. Toutefois, l’ingénieur indique qu’il peut avoir plusieurs tailles. « Nous prévoyons une version de 10 pouces pour infirmiers et une autre de sept pouces pour les cardiologues », affirme-t-il.

Actuellement, le travail est terminé et Arthur pense uniquement à la forme que va avoir le boîtier de l’appareil, dont le prototype définitif sera disponible dès le 26 novembre 2011. Combien coûtera-t-il ? « Il ne sera pas trop cher. En général, les appareils médicaux coûtent très cher. L’électrocardiographe, par exemple, ne permet pas le transfert des résultats cardiaques ni la sauvegarde de ces résultats. Il permet juste d’analyser et d’imprimer les résultats et coûte au minimum deux millions de F Cfa. Cardiopad sera beaucoup moins cher », explique le concepteur.

Cardiopad fait donc transiter les fréquences cardiaques du malade dans un premier temps vers les serveurs où elles sont stockées, traitées avant d’être transmises au cardiologue à partir du réseau Gsm. Celui-ci détient aussi un Cardiopad, où il reçoit les résultats, les interprète et prescrit une médication. Une encyclopédie de maladies cardiovasculaires est intégrée dans l’appareil pour aider le cardiologue à faire son diagnostic. « L’acquisition se fait par bluetooh et il n’y a pas de perte dans le signal envoyé », rassure Arthur Zang, qui a déjà testé Cardiopad plus d’une fois.


Reconnaissance

Le directeur technique de Microsoft Afrique centrale, Alain Sosso, a rendu visite à ce jeune inventeur à l’Ensp il y a quelques mois. Il confie que c’est un projet intéressant pour le Cameroun et l’Afrique. Il lui a prodigué quelques conseils pour améliorer son projet. « Il faut intégrer à Cardiopad une intelligence d’acquisition. Qu’elle soit analogique ou numérique. On doit pouvoir à terme se libérer de la contrainte d’un cardiologue », a-t-il conseillé. En clair, le système doit enregistrer systématiquement le diagnostic et les prescriptions faites par le cardiologue pour un type de fréquence X. De telle sorte que lorsque le Cardiopad détecte à nouveau les mêmes fréquences cardiaques X chez un autre patient, il puisse être à mesure de dire que pour ce type de données, le cardiologue Y avait fait tel diagnostic et prescrit tel médicament. Ce que Arthur Zang a noté. « Ce n’est pas impossible, rassure-t-il, nous avons les capacités de le faire et nous allons le faire. Pour l’instant, l’objectif c’est de résoudre le problème de distance et nous allons évoluer graduellement vers cela.»

Présenté à la compétition internationale Imagine Cup 2011 aux Etats-Unis, ce projet, explique Fatimatou Sow, responsable des relations publiques de Microsoft Afrique, a été retenu premier dans la catégorie Développement embarqué. La compétition réunissait les meilleures écoles des pays avancés en matière de technologie tels que la Corée du Nord, le Japon, l’Inde, la Chine ou encore les Etats-Unis. Mais, parce qu’il n’a pas eu de challengers dans cette catégorie en Afrique, il n’a pas été choisi pour la finale. Car il faut absolument un concours régional pour être sélectionné, explique Arthur Zang. En effet, les Africains engagés dans cette compétition avaient tous choisi la catégorie conception logicielle, moins compliquée que sa catégorie. 100 000 dollars étaient en jeu.

Actuellement, Arthur Zang est en quête de financement pour concrétiser son projet. Son rêve, doter toutes les régions du Cameroun en centres de « télécardiologie ». « Avec 25 000 ou 30 000 euros (16 250 000 F Cfa), je peux produire 20 ou 25 tablettes Cardiopad. Certains Cardiopad seront destinés aux cardiologues et d’autres dans les centres de « télécardiologie » de chaque région. Donc, avec 25 000 ou 30 000 euros, je peux couvrir la totalité du territoire camerounais avec au minimum deux centres de télémédecine par région », explique-t-il. Contrairement aux tablettes tactiles occidentales qui servent à communiquer avec des proches, à travailler ou encore à frimer, Cardiopad, première tablette tactile camerounaise et africaine à usage médical, est destiné à sauver des vies humaines. Le bijou ne sera pas seulement utile au Cameroun, mais au monde entier.


“Que les autorités locales soient sensibles !”
Aïssatou Djiba Diallo, responsable des programmes de Microsoft en Afrique centrale et de l’Ouest.


Lorsque nous évoquons le cas du projet Cardiopad, le mot qui vient à mon esprit est « ténacité ». Le fait que cette tablette a été créée par de jeunes Africains est une fierté, car ils participeront à changer la vision qu’a le monde du continent, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies et de la santé. Grâce à ce projet, nos jeunes talents ne seront plus perçus comme de simples utilisateurs consommateurs, mais comme des créateurs de solutions technologiques indispensables en Afrique en particulier et dans le monde entier en général. En effet, la fréquence actuelle des accidents cardiovasculaires est une problématique majeure pour notre société, et elle nécessite d’être prise au sérieux pour sauver de nombreuses vies à travers la planète.

Pour moi, ce projet est déjà une réussite, étant donné que la tablette Cardiopad est passée de la fiction à la réalité. Il est vrai cependant qu’il faut qu’elle soit également une réussite commerciale pour encourager d’autres jeunes Africains à aller dans le même sens. Pour cela, nous espérons que les autorités locales, les organismes de santé, les Ong et les organismes internationaux seront sensibles à cette cause et qu’ils prendront conscience de l’importance de ce projet pour les jeunes, pour le Cameroun, pour l’Afrique et pour le Monde. Au niveau de Microsoft, nous encourageons des jeunes comme ceux de l’équipe du Cardiopad à soumettre leurs projets dans le cadre des concours comme Imagine Cup ou « Innovation Prize for Africa ». En effet, les acteurs de ce projet l’avaient initialement créé dans le cadre de notre concours Imagine Cup (le plus grand concours ouvert aux étudiants à travers le monde et organisé par Microsoft). Malheureusement, pour des raisons diverses, les membres de l’équipe n’ont pas pu présenter leur projet lors de la finale mondiale qui avait eu lieu en juillet dernier à New York.

Propos recueillis par B-O.D.


“Un jeune très brillant”:
Pr Samuel Kingué. Cardiologue et directeur des ressources humaines au Minsanté.


Le jeune ingénieur Arthur Zang est un jeune très brillant avec qui j’ai travaillé, parce que son projet cadrait avec le champ de mes recherches concernant l’électronique et l’informatique biomédicale. Son application concernait les maladies cardiovasculaires. Les maladies cardiovasculaires représentent un ensemble de pathologies qui sont la première cause de mortalité dans les pays occidentaux. Il est bien connu de nos jours à travers les déclarations de l’Oms que les maladies cardio-vasculaires vont devenir une grande préoccupation en Afrique.

Pour l’instant, nous avons peu de cardiologues au Cameroun. Nous en avons une trentaine, bientôt quarante. 40 cardiologues pour 20 millions d’habitants, c’est insuffisant. C’est un peu le cas pour la plupart des pays africains en dehors de l’Afrique du Sud.

C’est un projet assez nouveau chez nous. Nous avons déjà eu à expérimenter d’autres équipements ailleurs, mais c’est la première fois qu’un Camerounais développe ce genre d’équipement. J’ai vu le Cardiopad fonctionner, il fonctionne très bien. Il apporte beaucoup d’avantages. Comme la maîtrise technologique est camerounaise, la maintenance et la production seront camerounaises. Il y a donc, possibilité de création d’emplois. Cela relève aussi le niveau des soins qui deviennent des soins de qualité. Plus encore, en situation d’urgence le Cardiopad prend encore plus d’importance. Un médecin peut être appelé en urgence au chevet d’un malade à domicile. S’il possède cet appareil, il peut transmettre instantanément les données à la centrale d’urgence de l’hôpital. (…)Les ingénieurs comme Arthur Zang peuvent adapter le Cardiopad très facilement pour la prise en charge d’autres maladies.

Propos recueillis par B-O.D.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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