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Déficit énergétique au Cameroun: Le paradoxe du pays producteur
L'Anecdote
YAOUNDÉ - 08 Février 2012
© Pie Bruno OMGBA | L'Anecdote
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Le Cameroun est l'un des pays les plus nantis en matière d'hydrologie. De la Sanaga à la Kienke en passant par la Bénoué, le Logone, le Chari, le Nyong, le bassin du Cameroun regorge d'un potentiel. Pourtant, l'observation évidente nous montre un pays dont le déficit énergétique constitue la principale entrave à l'expansion d'un tissu économique déjà en proie à une fiscalité étouffante.
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Les raisons avancées pour ce dysfonctionnement sont multiples. Si d'aucuns y trouvent des motifs politiques notamment le déficit en matière de gouvernance, d'autres fustigent le partenariat nord-sud qui a imposé au Cameroun et à tous les pays moins avancés des restrictions stratégiques qui ont été appelées les programmes d'ajustement structurel. Les institutions de Brettons Wood apparaissent ainsi comme une des causes directes de la très insuffisante exploitation du potentiel hydro énergétique des pays pauvres dont le Cameroun. Il leur est notamment imputé les plans «austérité qui ont privilégié l'équilibre financier a court terme au détriment de l'emploi, de l'éducation et de la santé. Plusieurs observateurs ont conclu à des mécanismes de dépossession des richesses des pays pauvres pour favoriser les économies des pays riches.

Depuis le dernier septennat de Paul Biya, la priorité est donc allée à la création des grandes infrastructures de production hydroélectrique et énergétique comme le barrage de Lom Pangar, le barrage de Memve'ele et la centrale à gaz de Kribi. Bien que tardif, cet investissement devrait pouvoir résorber la demande de plus en plus croissante en matière d'énergie. La politique nationale tendant à l'émergence, le secteur de l'énergie doit être capable de soutenir les industries qui doivent accompagner cette émergence. Le Cameroun, dont la capacité de production d'électricité actuelle est de 1337 Mégawatts (MW), dispose du deuxième potentiel hydro-électrique du continent après la RDC. Une coopération, sous régionale bien structurée et mutuellement bénéfique pourrait constituer un énorme coup de pouce au développement régional, voire continental. La capacité du Cameroun à devenir leader de ce secteur en Afrique sera mise à l'épreuve.

Actuellement, à peine 6% de ressources énergétiques sont exploitées, alors qu'une importante partie des ménages et des partenaires du secteur industriel du pays n'ont pas accès à l'électricité et que le réseau disponible, qui nécessite des investissements lourds, se caractérise par des délestages intempestifs. La production camerounaise enregistre une croissance de 81% de 1971 à 2008. Cette statistique donne une évaluation de la production des centrales électriques moins les pertes occasionnées par la transmission, la distribution et la transformation, ainsi que l'énergie utilisée par les centrales elles-mêmes. Un kilowattheure est l'équivalent du «travail accompli en une heure par un moteur d'une puissance de 1 000 watts». Par exemple, une ampoule de 60 watts utilise 60 wattheures d'énergie à chaque heure. De même, une ampoule de 100 watts utilise 50 wattheures en 30 minutes.

Le potentiel énergétique du Cameroun est ainsi mis à contribution pour secourir les économies des pays voisins dont le Tchad et le Nigeria. Des délégations officielles ont séjourné il y a quelques temps à Yaoundé en vue d'établir des contacts avec les autorités camerounaises, sur la possibilité de ravitailler en énergie, non seulement les villes frontalières du. Cameroun, mais également celles de l'intérieur. Il faut dire que ces pays souffrent périodiquement de longues interruptions de fourniture d'électricité, sans oublier des baisses de tension presque permanentes, ce qui-constitue une sérieuse entrave au fonctionnement des activités.

Les deux pays qui reconnaissent au Cameroun son énorme potentiel hydroélectrique pensent pouvoir renforcer leur offre énergétique domestique pour venir à bout de leur déficit d'électricité. C'est le cas de l'Etat nigérian de l'Adamawa, frontalier avec la région du nord (dans le nord du Cameroun), qui sollicite le raccordement au réseau électrique camerounais à partir du barrage hydroélectrique de Lagdo, situé à quelques kilomètres de la ville de Garoua, principale ville de la région. Par ailleurs, les Etats fédérés du Nigeria, situés dans la partie orientale du pays, voudraient se ravitailler à partir des installations de la Menchum (nord-ouest) pour l'alimentation de certaines localités frontalières. Le chef de la délégation nigériane, le gouverneur de l'Etat de l'Adamawa, Ali Mohammed Dandiyya, a déclaré à ce propos que Le Nigeria aura besoin dans un premier temps, au moins de 30 mégawatts (MW) pour l'alimentation domestique d'une partie de son territoire. Une demande susceptible de doubler d'ici les dix prochaines années, pour satisfaire une population estimée à plus de 120 millions d'habitants et une importante activité économique et industrielle.

Pour le Tchad, il s'agira surtout de renforcer l'offre actuelle, puisque la plupart des villes au sud du Tchad, Moundou, Doba, voire la capitale N'Djamena, s'approvisionnent déjà en électricité en grande partie à partir du Cameroun. Il est cependant évident que ce pays voisin, qui connaît depuis quelque temps une relance de son économie avec le début de l'exploitation du pétrole en 2004, aura besoin de plus d'électricité pour satisfaire ses besoins internes. En plus de ces deux pays, la République Centrafricaine s'approvisionne également partiellement en électricité à partir du Cameroun pour alimenter ses villes frontalières.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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