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L’information a de quoi rassurer. Alors que les pays européens sont en proie à une grave crise de leur dette souveraine – certains évoquant même une probable disparition de leur monnaie unique-, le Cameroun, dont la monnaie entretient une parité fixe avec cette dernière, ne devrait pas trop en souffrir. «La zone euro demeure le plus grand marché pour les exportations camerounaises […] Un ralentissement de la croissance économique pourrait se traduire par un recul de la demande de biens utilisant des composantes provenant du Cameroun, comme les logements (bois) ou les automobiles (caoutchouc)», souligne le troisième numéro des Cahiers Economiques du Cameroun paru en janvier 2012. Plus encore, dans cette zone qui abrite la plus grande communauté des camerounais de l’étranger, «les membres de la diaspora camerounaise pourraient se retrouver avec moins de ressources à envoyer aux membres de la famille ou pourraient même rentrer chez eux si le chômage venait à augmenter sérieusement», ajoutent la publication de la Banque mondiale. Ce qui reste sans incidence majeure sur l’économie locale d’autant que, argumentent les experts «l’intégration de la Cemac au système financier mondial reste limité et le secteur bancaire est suffisamment liquide pour faire face aux besoins de crédit de l’Etat et du secteur privé». De même, le budget du Cameroun ne dépendant pas des flux d’aide au développement, «tout effet négatif résultant d’une baisse de l’aide suite à des mesures d’austérité budgétaire dans la zone euro devrait être limité». Le propos est rassurant, mais révèle surtout les bonnes dispositions d’une économie camerounaise qui se diversifie et qui regorge d’une palette variée d’autofinancement.
Croissance
Si le niveau des dépôts publics a globalement baissé depuis 2010 (il se situe à cette date à 1 mois et demi, ndlr), le faible niveau d’endettement du pays – seulement 14% du Pib - lui ouvre cependant de nombreuses possibilités d’emprunts. A ce titre, l’émission d’un nouvel emprunt obligataire est en étude pour cette année 2012. Aussi, poursuivent les analystes de Bretton Woods, « la reprise économique observée en 2010 et 2011 devrait se poursuivre en 2012 ». Quatre raisons principales fondent cet optimisme. Il y a d’abord la construction de grands projets d’infrastructure, dont certains devraient être opérationnels dès cette année, et la poursuite des efforts déployés pour améliorer la productivité agricole. Il y a ensuite l’accroissement de l’offre en énergie, consécutif à la mise en route du programme thermique d’urgence. La centrale à gaz de Kribi, qui doit apporter un supplément de 216 mégawatts d’électricité notamment. Il y a troisièmement la performance du secteur tertiaire et singulièrement des télécommunications dont l’expansion devrait rester forte.
Il y a enfin le secteur pétrolier dont la tendance baissière de la production devrait s’inverser cette année et augmenter de 15%. Ce qui, concluent alors les experts, situerait la croissance économique du pays entre 4,5 et 5,5%. Les prévisions sont conformes aux estimations fixées par le gouvernement dans la loi des finances 2012. Le budget 2012, se satisfait la Banque mondiale, «vise à contenir la détérioration du déficit budgétaire global à 2,2% du produit intérieur brut (Pib) en base caisse». Ce qui implique une expansion soutenue des investissements publics à 6,2% du Pib et reste conforme aussi aux objectifs du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce). A l’envers, le pays pourrait connaître une plus faible mobilisation des recettes non pétrolières. Les taxes douanières sur certaines importations de produits pétroliers notamment pourraient être réduites et favoriser de ce fait une hausse des importations de biens exonérés liés à l’avancée des grands projets d’infrastructure. Mais le plus gros défi réside, d’après l’institution de Bretton Woods, dans l’amélioration de la gestion de la dépense publique afin qu’elle soit plus efficace; et dans un réexamen de cette dépense. Allusion notamment aux subventions aux produits pétroliers qui engloutissent 50% des revenus pétroliers, coûtent l’équivalent de 14% des dépenses, mais dont 80% ne bénéficie qu’aux 20% les plus riches.
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