|
C'est dans la soirée du jeudi 3 mai 2012 que la dépouille de Noël Ekwabi en provenance de la France atterrit sur le tarmac de l'aéroport international de Douala. Un grand choc émotionnel pour certains parmi les siens qui prenaient pour farce, l'annonce de son décès aux premières heures du 18 avril 2012. Décès survenu à la suite de longues années de combat contre un virulent cancer de reins qui finalement a eu raison de «Papa noël».
Gardés à la morgue de la garnison militaire de Bonanjo où la mise en bière a eu lieu vendredi 4 mai 2012 aux environs de 9 heures, les restes de Noël Ekwabi ont pris la direction de Nkongsamba, chef-lieu du département du Moungo, région du Littoral où un culte a été dit à la Paroisse du grand Temple. A suivi, une veillée artistique où amis et artistes ont rendu un vibrant hommage en musique à leur regretté compagnon. Et samedi, Noël a pris le chemin sans retour d'Ékangte, où il repose désormais auprès dés siens.
Kinésithérapeute discret
Depuis le décès du bassiste camerounais Noël Ekwabi, de son vrai nom, Noël Emmanuel Ekwabi le 18 avril 2012, les hommages affluent de par le monde. Au Cameroun, comme en France ou aux Etats-Unis, ceux qui ont connu et aimé l'artiste, s'inclinent devant sa mémoire. Dans les cabarets ou sur la toile, amateurs comme professionnels, saluent cet homme qui a façonné la carrière de plusieurs artistes de renom, mais qui est reste curieusement très méconnu du grand public. Discret. C'est ainsi que ses proches le qualifient. Noël-Emmanuel Ekwabi est né le 25 décembre 1960 à Yaoundé. D'où ses prénoms, Noël et Emmanuel et son surnom «Papa noël». Après des études primaires et secondaires pendant lesquelles il flirte avec la guitare, percussions et batterie, le jeune bachelier s'envole pour Marseille en France où il ambitionne faire des études en médecine pour être kinésithérapeute. Un rêve qui ne se réalisera pas en médecine mais plutôt en musique où il massait plutôt bien ses mélomanes: Il entre au conservatoire de musique de Marseille et en sort 5 ans plus tard, médaillé d'or. Avec ses amis Jay Lou Ava, Didier Mvie et Yves Akoulouze, il forme un groupe de jazzmen qui côtoient déjà sur scène, les mentors comme Manu Dibango, Francis Kingué, Adala Gildo etc. Sur les plateaux, Noël use des techniques acquises au conservatoire et de sa carrure d'athlète pour s'imposer. Le père de la «soul makossa» en est séduit et lui confie la direction artistique de son orchestre pendant 10 années. Dans la foulée, il pratique hormis le jazz et la world, d'autres genres musicaux tels le gospel, la salsa, le zouk afrocarabean, le reggae, la funk, le rap, le r&b, le blues, la pop... grâce à de nombreuses collaborations avec des artistes des quatre coins du monde et de générations différentes. Noël Ekwabi aura également signé selon des informations postées sur le mur facebook de Jay Lou Ava, la bande originale de plusieurs films parmi lesquels, «Macadam tribu», 1996, «Lyndsee» est toujours en vadrouille, 1989, «Nya Fellah», 2001 et «Kirikou et les bêtes sauvages», 2005.
Ark Jammers
Entre multiples tournées, compositions, collaborations et autres, Noël-Emmanuel Ekwabi trouve le temps de faire deux enfants avec son épouse Isabelle Jeanine Gay, de qui il se sépare 8 ans après leur union. «Papa Noël» trouve refuge dans les bras d'Alvine Ava, sa compagne, avec qui il crée en 2009, l'association Ark Jammers Connection. Une Organisation non gouvernementale qui aide les Afro-Américains à retrouver leurs racines africaines. Epuisé par le travail et la maladie, Noël se recroqueville et nourrit des projets, qui, on l'espère verront le jour, grâce a la dextérité de son ami et frère de Nkongsamba, Ndedi Eyango qui porte le deuil comme nombre de fans, depuis des semaines. A noël Papa Noël!
|